C1: premier, le PSG écrit un dénouement heureux

La joie de l’attaquant brésilien du Paris Saint-Germain, Neymar, après son but marqué contre Basaksehir Istanbul, lors de leur match de Ligue des Champions, le 9 décembre 2020 au Parc des Princes
Par Alexis HONTANG / © 2020 AFP

Avec un triplé de Neymar, le Paris SG a surmonté l’émotion d’une rencontre devenue le symbole de la lutte contre le racisme dans le football, mercredi, pour battre le Basaksehir Istanbul (5-1) et décrocher la première place de son groupe de Ligue des champions.

Le duo, étincelant, de superstars NeymarKylian Mbappé a montré ce que le jeu avait de plus beau à offrir, en réponse au scandale de mardi qui a provoqué le report du match au lendemain.

Dans un geste inédit, les joueurs des deux camps avaient quitté la pelouse pour protester contre l’attitude de l’un des arbitres, le Roumain Sebastian Coltescu, qui avait désigné l’entraîneur assistant du club turc, Pierre Achille Webo, comme “le noir”.

Les 22 acteurs ont retrouvé le terrain avec un tee-shirt “No to racism”, et l’envie, intacte, de marquer les esprits: avant le redémarrage, ils ont tous mis un genou au sol et levé le poing dans le rond central, pendant que retentissait l’hymne de la compétition.

Alors que le chrono affichait 13 minutes et 30 secondes, a été donné le “coup d’envoi”, plutôt une simple remise en jeu dans le camp stambouliote à l’endroit où s’était arrêtée la partie mardi.

Quand l’heure du sportif est revenue, il n’y a plus eu qu’une seule équipe sur le terrain: le PSG, pas rassasié par sa qualification déjà acquise la veille grâce au succès du RB Leipzig contre Manchester United (3-2).

Mbappé + Neymar = 5

Les hommes de Thomas Tuchel sont allés chercher avec la manière la victoire qui leur permettait d’assurer la première place, et donc un adversaire plus abordable en 8es, lors du tirage au sort prévu lundi.

Dans le système prudent imaginé par l’entraîneur allemand, avec cinq défenseurs, Mbappé et Neymar étaient les deux seuls attaquants titulaires, Angel di Maria et Moise Kean étant remplaçants.

Mais les deux superstars n’avaient pas l’intention de partager la photo avec quelqu’un d’autre: ils ont monopolisé la lumière, d’une prestation qui rappelle pourquoi le club vice-champion d’Europe ambitionne de remporter enfin la C1 au printemps prochain.

Leur retour en forme coïncide avec celui d’une équipe qui était au bord de l’élimination après deux défaites lors des trois prochaines journées.

Avec l’aisance d’un dribble de Neymar, le PSG a écarté son pire cauchemar, pour regarder devant lui, à commencer par deux chocs en Ligue 1 avant Noël, contre Lyon dimanche et à Lille le week-end suivant.

Le N.10 brésilien a signé un triplé (21e, 38e, 50e), son deuxième avec le PSG dans la compétition reine après celui réalisé contre l’Etoile rouge de Belgrade en octobre 2018.

Sa première réalisation suffit à montrer que le Brésilien monte en puissance, après un début de saison gâché par le coronavirus, une suspension et une blessure. Son enchaînement petit pont puis frappe enroulée restera comme l’un de ses plus beaux buts en rouge et bleu.

Verratti brillant

Quand il ne marque pas, l’ancien Barcelonais provoque un penalty (39e) ou initie le contre décisif pour le 5-1 (62e), deux actions conclues par… Mbappé.

Le prodige français a réussi un doublé qui a fait oublier qu’il n’avait plus marqué en C1 depuis le 11 décembre 2019. Toujours disponible, enclin à combiner avec le N.10, “Kyky” s’est débarrassé d’une mauvaise série qui laissait une trace dans son bilan chiffré quasi immaculé.

Il est même devenu le plus jeune joueur à atteindre 20 buts dans la compétition, à 21 ans et 11 mois, en battant de neuf mois l’ancien recordman, Lionel Messi, selon le statisticien Opta.

Un dernier homme incarne le renouveau du vice-champion d’Europe: Marco Verratti, dont le retour a transformé tout le milieu de terrain. Absent presque deux mois en octobre et en novembre, l’Italien a brillé face aux “Hiboux” (le surnom du joueur… et du club de Basaksehir) par ses ouvertures, ses relances, ses récupérations.

Dans ce contexte, la réduction du score, par Mehmet Topal (57e), paraît anecdotique. Sûr de ses forces, regonflé après le soutien unanime du monde sportif qui a salué son geste mardi, le PSG a montré qu’il fallait compter sur lui pour les 8es.