C1: Pochettino, un plantage en beauté

L’entraîneur argentin du Paris Saint-Germain, Mauricio Pochettino, au côté de son homologue italien du Real Madrid, Carlo Ancelotti, lors du 8e de finale retour de la Ligue des Champions, le 9 mars 2022 au Stade Santiago Bernabeu
Par Alexis HONTANG / © 2022 AFP

“Poche” proche de la porte ? L’entraîneur Mauricio Pochettino pourrait faire les frais de l’élimination du Paris SG dès les 8e de finale de la Ligue des champions, mercredi, qui scelle une année d’échecs en tous genres pour l’Argentin malgré un énorme recrutement.

“Ce club, il l’aime”, disait Luis Fernandez en janvier 2021, au sujet du technicien qui, comme défenseur central, a porté “dignement” le maillot du PSG entre 2001 et 2003.

Il n’a fallu qu’une poignée de mois pour que l’entraîneur Pochettino dilapide le crédit gagné par le joueur Pochettino.

L’énorme pression du PSG qatarien, transformé depuis 2011 à coups de centaines de millions d’euros, a broyé la nostalgie que générait son nom, qui rappelait aux supporters le show des années Ronaldinho (2001-2003).

Dans un club qui veut tout gagner, tout de suite, l’Argentin (50 ans) a accumulé trop d’échecs: Championnat de France perdu en mai au profit de Lille, Trophée des champions cédé en août au Losc (encore), Coupe de France 2022 abandonnée en janvier dès les 8e…

Seule la Ligue des champions aurait pu sauver le bilan de Pochettino, sous contrat jusqu’en 2023.

“Style” abandonné

Mais il n’a pas réussi non plus à sublimer l’équipe qui restait sur une finale perdue face au Bayern Munich (1-0) en août 2020 avec son prédécesseur Thomas Tuchel.

Pochettino s’est arrêté au stade des demi-finales en 2021, sèchement éliminé par Manchester City (défaites 2-1 et 2-0). Cette année, la sortie dès les 8e face au Real Madrid ressemble à un énorme pas en arrière pour le PSG, qui a recruté Lionel Messi l’été dernier pour atteindre son but.

Certes, la “Pulga” (34 ans) n’est pas à la hauteur des attentes depuis son arrivée. Mais aujourd’hui, toutes les flèches pointent en direction de Pochettino lorsqu’il s’agit de désigner un coupable.

Rarement son équipe a montré un visage conforme à ses ambitions. À part quelques fulgurances collectives, portées par une défense en béton, et plusieurs exploits de Kylian Mbappé, la saison 2021-2022 se dirige vers un flop stratosphérique. Le constat est sévère pour celui qui promettait de “gagner avec style” à son arrivée.

Pochettino, qui a souvent réclamé du temps pour développer ses idées, n’a pas été aidé non plus par les nombreuses absences qui ont déplumé son effectif à des moments clés, comme la blessure de Neymar à une cheville qui a éloigné le Brésilien deux mois et demi des terrains durant l’hiver, ou le Covid de Messi.

“La première partie de saison, tu n’avais même pas le temps de t’entraîner. Le coach, le pauvre, il ne pouvait même pas faire un entrainement tactique. Vraiment, on s’entraîne en jouant”, a concédé Marco Verratti, mi-janvier.

La rumeur Manchester United

Depuis cet automne, au fil des déceptions, des rumeurs insistantes envoient “Poche” à Manchester United, en quête d’un entraîneur pour 2022-2023 qui prendrait la suite de l’intérimaire Ralf Rangnick.

Le natif de Murphy conserve une solide cote de popularité en Angleterre, qui n’a pas oublié ses passages à Southampton (2013-2014) et à Tottenham (2014-2019), où il a atteint la finale de la C1 en 2019 (perdue contre Liverpool).

Sa réputation de technicien proche de ses joueurs, bien répandue outre-Manche, tranche avec l’image de l’entraîneur, volontiers langue de bois en conférence de presse, frileux dans ses décisions, qu’il véhicule à Paris.

Des supporters lui reprochaient aussi de ne pas avoir assez fermement repoussé la rumeur Manchester United.

“Quand tu es coach du PSG, il y a toujours des discussions sur toi, tu es toujours au centre des débats, on te remet toujours en question. Il faut savoir faire avec”, a relativisé le capitaine Marquinhos en octobre, dans un entretien avec Le Parisien.

Après Unai Emery et Thomas Tuchel, voilà qu’un troisième entraîneur serait proche de la sortie, sans avoir fait trois ans, une durée généralement admise pour un cycle d’entraîneur. “Poche” n’a pas répondu aux attentes, mais Paris use aussi ses coaches.