C1: Paris SG, un match fondateur

Lionel Messi, Neymar et Kylian Mbappé après la victoire contre Manchester City en Ligue des champions, le 28 septembre à Paris
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2021 AFP

Avec un onze équilibré, un Marco Verratti de gala et le premier but de Lionel Messi, le Paris Saint-Germain a réussi contre Manchester City (2-0) un grand match en Ligue des champions qui va bien aider son travail de construction.

Immense Verratti

Verratti, ce sont ses adversaires qui en parlent le mieux. “Je suis amoureux! a souri Pep Guardiola, l’entraîneur de City. Il sait jouer sous la pression, il a le calme nécessaire pour faire une touche de balle supplémentaire, pour trouver dans le dos de nos milieux. Il n’est pas grand, mais il sait créer des espaces, il n’a pas besoin de jouer long. Il a de la personnalité, du caractère, je suis heureux qu’il soit de retour de blessure”.

Près d’un mois sur le flanc à cause d’une blessure au genou contractée avec l’Italie, le “Petit Hibou” a été l’architecte de la victoire.

Mauricio Pochettino a tenu à englober les autres milieux, Gana Gueye, buteur mardi, et Ander Herrera, au compliment de son confrère.

A eux trois ils “ont donné de l’équilibre au milieu de terrain”, le fameux équilibre que recherche l’entraîneur argentin.

L’équilibre

Pendant l’exposition, les travaux continuent. “Poche” répète que son équipe est “en construction”, surtout face à un collectif rodé “sous la main de Pep, le meilleur entraîneur du monde selon moi, depuis des années”.

Mais mardi soir son propre chantier avait fière allure. “La victoire aide à mettre en avant les points positifs”, se félicite le technicien argentin.

Ce succès de prestige “nous donne une plateforme plus large pour poursuivre le travail et l’améliorer. Tout est plus facile à accepter, et ça améliore l’ambiance”, poursuit Pochettino.

Le quotidien sportif L’Equipe a vu “une équipe talentueuse et solidaire, courageuse et volontaire, accrochée à sa victoire comme les griffes d’un félin à sa proie”, qui a joué “comme dans un rêve”.

Messi, première

“Merci Messi!”, titre Le Parisien, saluant “un éclair de génie” sur son but.

Le génial Leo n’a pas touché autant de ballons qu’il aime, son équipe étant dominée dans la possession de balle, mais il a marqué un but bien dans son style, d’une frappe du gauche sur une action à 100 à l’heure, grâce à un délicieux appui de Kylian Mbappé, du talon.

Cette passe décisive-là va bien aider à développer la relation de l’angle du triangle “MNM” qui se connaît le moins, puisque Neymar et Mbappé (au PSG) et Neymar et Messi (au Barça) ont chacun quatre ans de vie commune.

“Petit à petit je m’adapte et je m’intègre à l’équipe”, a reconnu Messi au micro de Canal+. “Au fur et à mesure, nous commençons à mieux nous connaître et à jouer ensemble. Je suis sûr que nous allons progresser.”

“Libéré(s)” titre en Une L’Equipe sous une photo de la “Pulga” bras écartés, pensant à Messi individuellement et aux Parisiens dans leur ensemble.

“Des joueurs comme Messi ont besoin de sentir les filets trembler, je suis très heureux pour lui”, salue Pochettino, qui demande un peu de patience. “C’est la première fois qu’il déménage en 20 ans, il a passé sa vie à Barcelone, il faut s’adapter”. L’intégration prend forme.

Donnarumma impeccable

Enfin le PSG n’aurait pas réussi un si beau résultat sans un grand gardien. Gianluigi Donnarumma, pour son tout premier match de C1, n’a réussi qu’un arrêt gigantesque, sur une tête de Ruben Dias, mais il a fait preuve d’une sérénité exemplaire sur d’autres interventions moins difficiles.

La seule fois où il était battu, les Mancuniens ont trouvé deux fois la transversale en quelques secondes: la réussite était de son côté, mardi.

“Gigio” a bouché tous les angles et découragé les Citizens. “Pour gagner des matchs aussi équilibrés, il faut entre les poteaux une tête froide comme Gigio”, salue la Gazzetta dello sport. Le champion d’Europe italien “a monté un mur pour ses débuts en Ligue des champions”.

L’alternance avec Keylor Navas dans le but semble partie pour durer, Pochettino va devoir contenir les égos de ses deux grands gardiens, mais vu leurs qualités, cette partie-là du chantier aussi se présente bien.