C1: Neymar, poing levé et triplé au bout du pied

La joie de l’attaquant brésilien du Paris Saint-Germain, Neymar, après son but marqué contre Basaksehir Istanbul, lors de leur match de Ligue des Champions, le 9 décembre 2020 au Parc des Princes
Par Adrien VICENTE / © 2020 AFP

Un triplé pour une victoire 5-1 éclatante: dans une soirée où les esprits étaient encore à la polémique sur le racisme, Neymar a livré un festival de football au Parc des Princes mercredi avec un triplé face au Basaksehir Istanbul.

Une frappe enroulée de toute beauté (21e), un contre (36e) et une lourde frappe à l’entrée de la surface (50e), plus un penalty offert à Kylian Mbappé: le Brésilien a brillé pour offrir au PSG, déjà assuré d’aller en huitièmes de finale de Ligue des champions, la première place du groupe H.

Avant d’offrir une démonstration sportive, Neymar a pris part à celle contre le racisme, au lendemain de l’interruption, inédite en C1, de la rencontre, qui a soulevé un élan général contre le racisme dans le monde du football.

Mardi, après moins d’un quart d’heure de jeu, les joueurs des deux équipes avaient quitté la pelouse après que l’entraîneur adjoint du club turc, Pierre Achille Webo, a accusé de racisme un arbitre assistant qui l’avait désigné comme “le noir”.

Avant le coup d’envoi des 76 minutes restantes du match, “Ney” s’est agenouillé avec tous les joueurs des deux équipes et les nouveaux arbitres, reprenant le geste né au Etats-Unis et devenu un symbole du mouvement “Black Lives Matter” contre le racisme et les violences policières.

Le Brésilien a également levé le poing et baissé la tête, lui qui avait déjà été au coeur d’une affaire de racisme en septembre, quand il avait accusé le défenseur marseillais Alvaro Gonzalez de l’avoir traité de singe dans un match de championnat à l’ambiance délétère.

Confiance absolue

Mais sur le terrain, entouré de banderoles contre le racisme, “Ney” n’a pas tardé à rappeler qu’il y avait un match de football à jouer. Sept minutes exactement.

Lui qui avait déjà subi des fautes en série lors du début du match la veille a montré pourquoi les défenseurs du Basaksehir devaient le craindre.

Servi par Marco Verratti, Neymar inflige un petit pont à Carlos Ponck, déborde le défenseur cap-verdien et décoche une magnifique frappe enroulée du droit en pleine lucarne pour l’ouverture du score parisienne (21e). Pour cette oeuvre d’art, le Brésilien est congratulé par tous ses coéquipiers sans exception.

Il s’offre ensuite un doublé sur un contre (36e), profitant d’un trou dans la défense des champions de Turquie. Avec Rafinha à la baguette et une passe de Mbappé, il marque à la conclusion d’un 3 contre 2.

Il ne tarde pas à rendre la politesse à “Kyky”, qui n’a plus marqué depuis un an en C1. Victime d’une faute du gardien Mert Günok, Neymar offre à l’international français le penalty, transformé sans problème (41e).

Magie

L’association avec Mbappé n’en finit pas de faire des merveilles. Au retour des vestiaires, “Ney” reçoit une passe en retrait de Mbappé à l’entrée de la surface et envoie une lourde frappe au fond des filets (50e).

Avec ce triplé, le troisième de sa carrière en Ligue des champions, il rejoint accessoirement Marcus Rashford, Alvaro Morata et Erling Haaland dans le peloton des meilleurs buteurs de cette édition de la C1, 6 réalisations chacun. Et porte à 41 son nombre de réalisations dans la grande coupe d’Europe toutes saisons confondues.

La magie n’est pas finie, puisque c’est encore lui qui décale Angel Di Maria dans la surface, lequel a offert un but tout fait à Mbappé pour le 5-1 définitif (62e).

Signe de la confiance absolue qu’il avait en lui, Neymar a tenté encore de battre les défenseurs adverses en multipliant gestes techniques et passements de jambes dans la surface (23e, 47e, 71e).

Barcelone, Séville, Porto ou la Lazio Rome, possibles adversaires du PSG en huitièmes, sont prévenus: Neymar a très envie de faire briller le football.