C1: Marco Rose, le magicien de Mönchengladbach devenu apprenti sorcier

L’entraîneur du Borussia Mönchengladbach Marco Rose, lors de la réception du Bayer Leverkusen en Bundesliga, le 6 mars 2021
Par Christophe BEAUDUFE / © 2021 AFP

Depuis depuis l’annonce mi-février du départ de son coach Marco Rose à Dortmund la saison prochaine, Mönchengladbach a concédé six défaites consécutives. Une “remontada” mardi à Budapest contre Manchester City, après la défaite 2-0 à l’aller, relèverait du miracle.

Un changement d’entraîneur provoque parfois chez une équipe qui va mal un “choc psychologique” salutaire.

Au Borussia Mönchengladbach, c’est le phénomène inverse qui vient de se produire: l’équipe s’est totalement effondrée depuis que la nouvelle du départ de Rose a été rendue publique. Et l’entraîneur à succès, porté aux nues par le monde du foot allemand depuis deux ans, semble totalement impuissant, tel l’apprenti sorcier, à réparer les dégâts qu’il a lui-même causés.

Quatre défaites de rang en championnat, une élimination en coupe, et la claque du match aller contre Manchester City: qu’il paraît loin, ce mois de janvier où les “Poulains” croyaient dur comme fer à leurs chances de se qualifier pour la deuxième fois consécutive pour la Ligue des champions, après une brillante victoire 4-2 en championnat contre Dortmund.

Sous les ordres de Klopp

Depuis, l’équipe a glissé en dixième position au classement, à dix points de la quatrième place, qui donne accès à la compétition reine. Et il lui faudrait un renversement de tendance spectaculaire pour même espérer accrocher une place en Ligue Europa.

Lors du premier revers de cette série, le coach de 44 ans avait admis que la nouvelle de son départ avait eu un effet néfaste: “Tout ce qui s’est passé cette semaine a perturbé les joueurs, c’est à cause de moi et j’en prends la responsabilité”, avait-il dit. Sauf que quatre semaines plus tard, le brillant technicien admiré de tous est en passe de laisser derrière lui un champ de ruines.

Ce qu’il a réussi à M’Gladbach restera pourtant dans l’histoire du club. Recruté au RB Salzbourg, où il avait décroché deux titres consécutifs de champion d’Autriche (2018-2019), il a été le premier entraîneur à qualifier les “Poulains” pour la Ligue des champions moderne. Les derniers exploits du club en C1 remontaient aux années 1970.

Et il a tenu sa promesse de ramener sur les bords du Rhin “un football de combinaisons, dynamique et rapide”. Joueur, il avait évolué à Mayence pendant sept ans sous les ordres d’un certain… Jürgen Klopp.

“Pas de miracle” contre City

Cette saison avait encore bien démarré, avec des victoires à domicile sur le Bayern Munich, Leipzig et Dortmund en Bundesliga, et une brillante qualification en phase de poule de Ligue des champions, derrière le Real Madrid mais devant l’Inter Milan.

Mais depuis quelques jours, la presse se demande

et lui demande

s’il va même finir la saison sur le banc de Mönchengladbach.

Lui assure qu’il ne songe pas un instant à démissionner. “Il est normal que les questions arrivent, reconnaît-il cependant, parce que depuis l’annonce de mon transfert, nous n’avons plus de résultats”.

Avant d’affronter le monstre Manchester City, de toute façon autrement armé que Mönchengladbach pour la Ligue des champions, Rose se veut réaliste: “Ce ne sera pas facile, admet-il, parce qu’en ce moment nous avons d’autres soucis en tête. Il ne faut pas attendre de miracle, mais nous y allons tout de même pour faire un bon match”.

Pour cette partie délocalisée à Budapest pour cause de Covid-19, Mönchengladbach sera officiellement “à l’extérieur” et City “à domicile”.