Le gardien de l’OL Anthony Lopez (c) parle aux supporters Ă  la fin du match de C1 contre Leipzig polluĂ© par des incidents, le 10 dĂ©cembre 2019 Ă  DĂ©cines-Charpieu
Par Francois-Jean TIXIER / © 2019 AFP

La miraculeuse qualification arrachée contre Leipzig (2-2) mardi en Ligue des Champions a été polluée par les incidents entre joueurs et supporteurs ultras, nouvel épisode traumatique pour un club traversé par les tensions et désormais exposé à des sanctions.

Rappel des faits: alors que l’Ă©quipe, poussĂ©e par l’entraĂ®neur Rudi Garcia, Ă©tait venue cĂ©lĂ©brer l’issue heureuse du match avec le kop Virage Nord, un individu a brandi un calicot sur lequel Ă©tait dessinĂ© un âne avec l’inscription “Marcelo dĂ©gage”.

Le capitaine Memphis Depay, furieux, s’est alors prĂ©cipitĂ© vers le supporteur pour dĂ©fendre le dĂ©fenseur brĂ©silien, pris en grippe par une frange du public depuis plusieurs semaines. Et le personnel de sĂ©curitĂ© a dĂ» intervenir.

Des sanctions Ă  venir

“Ce n’est pas une belle image mais aucun coup n’a Ă©tĂ© Ă©changĂ© et le capitaine a fait son travail”, a commentĂ© le stadium manager Xavier Pierrot, soulagĂ©.

Le prĂ©sident de l’OL Jean-Michel Aulas a tentĂ© d’appeler Ă  l’union sacrĂ©e. “Un club, ce sont les dirigeants, les joueurs, les supporters et il ne peut pas y avoir de distorsion. C’est moi qui dĂ©cide et non pas les supporters”, a-t-il rappelĂ©.

“Il y a eu distorsion sur une relation entre certains supporters et un ou deux joueurs. Memphis a Ă©tĂ© grand, il est le capitaine et il a pris ses responsabilitĂ©s”, a poursuivi JMA, affirmant que “le supporteur (qui tenait la banderole) serait sanctionnĂ©”.

“Je ne veux pas que les gens insultent les joueurs. Ce n’est pas excusable. J’avais proposĂ© aux groupes de supporters de les rencontrer car je veux rĂ©gler ce problème. C’est idiot d’avoir ces soucis après un match magnifique. Nous allons trouver des solutions”, a conclu le dirigeant de 70 ans.

L’attitude de Marcelo

Ces incidents d’après-match ternissent de nouveau l’image de l’Olympique lyonnais auprès de l’UEFA, mais ne sont pas de nature Ă  faire tomber la suspension de terrain d’un match avec sursis qui menace toujours le club.

Car l’OL a des antĂ©cĂ©dents : l’envahissement du terrain lors d’une rencontre de Ligue Europa contre Besiktas Istanbul (2017), des comportement racistes, toujours en C3, contre le CSKA Moscou (2018), des saluts nazis Ă  Manchester City (2018) et une amende, encore, après des incidents face au FC Barcelone (fĂ©vrier 2019).

“Nous n’Ă©chapperons pas Ă  une amende, c’est certain”, reconnaĂ®t Xavier Pierrot.

Les incidents de mardi ne concernent que l’OL et ont Ă©tĂ© constatĂ©s après le match, mĂŞme si au cours de celui-ci des jets de projectiles ont Ă©tĂ© Ă  dĂ©plorer lorsqu’un joueur allemand s’apprĂŞtait Ă  tirer un corner.

Et si les groupes ultras portent une responsabilitĂ© sur ces incidents, le club entend trouver aussi un juste milieu car Marcelo n’est pas exempt de tout reproche, avec ses doigts d’honneur adressĂ©s en direction de la tribune nord.

Dans ce contexte, l’avenir du BrĂ©silien s’inscrit forcĂ©ment en pointillĂ© en vue du mercato d’hiver, Ă  condition de pouvoir le remplacer.

Distance entre joueurs et supporteurs

Ce n’est pas la première fois que les kops lyonnais ont un joueur dans leur collimateur. Tony Vairelles ou Jean II Makoun peuvent en attester.

Plus rĂ©cemment, ils ont clairement influĂ© sur le dĂ©part de l’entraĂ®neur Bruno Genesio (janvier 2016-juin 2019) mais Rudi Garcia, aujourd’hui en poste, est Ă  son tour ciblĂ©.

Cette petite partie du public, estimant jouer un rĂ´le dans les rĂ©sultats de l’Ă©quipe, entend peser sur les orientations sportives et ne plus ĂŞtre considĂ©rĂ©e seulement comme simple clientèle.

Car depuis son installation dans le centre d’entraĂ®nement ultra-moderne de DĂ©cines-Charpieu, Ă  l’est de Lyon, l’Ă©quipe s’est un peu refermĂ©e sur elle-mĂŞme, avec des entraĂ®nements dĂ©sormais souvent Ă  huis clos. A mille lieues de la proximitĂ© qui Ă©tait en vigueur Ă  Gerland, dans le 7e arrondissement lyonnais.

Dimanche au moins, le stade devrait toutefois rĂ©sonner d’une seule voix, puisque le club rendra hommage Ă  Bernard Lacombe (67 ans), icĂ´ne de l’OL et conseiller de Aulas, qui part Ă  la retraite.