C1: Llorente et Milner, hommes à tout faire de l’Atlético et de Liverpool

Le milieu offensif de l’Atletico Madrid Marcos Llorente face au Barça au Metropolitano lors du succès (2-0), le 2 octobre 2021
Par Frédéric HAPPE, Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Dans des équipes remplies de stars que sont l’Atlético Madrid et Liverpool, Marcos Llorente et James Milner passeraient presque pour des anonymes. Les deux joueurs sont pourtant des pièces incontournables des deux clubs qui s’affrontent mardi en Ligue des champions (21h00).

C’est d’ailleurs contre Liverpool que Llorente, véritable couteau suisse de l’effectif “colchonero”, s’est fait un nom sur la scène continentale.

Formé comme défenseur au Real, le Madrilène de 26 ans s’était transformé en double buteur providentiel un beau soir de mars 2020, à Anfield, terrassant Liverpool, alors tenant du titre, en 8e de finale retour de Ligue des champions.

Lancé sur l’aile droite à la 56e minute, à la place de l’avant-centre Diego Costa, il a fait basculer le match lors de la prolongation, alors que son équipe était virtuellement éliminée (1-0, 0-2) avec deux plats du pied droit depuis l’entrée de la surface (2-1, 97e, puis 2-2, 105+1) et une passe décisive lumineuse à Alvaro Morata, qui portera l’estocade (2-3, a.p.).

“A partir de cette nuit, tout a changé pour moi. Je crois que ça a été un point d’inflexion dans ma carrière. (…) Ça va être difficile de revivre les émotions de ce jour-là. Je les emporterai avec moi dans ma tombe”, a-t-il confié récemment à la radio espagnole Cadena Ser.

Le bon coup de Simeone

L’entraîneur Diego Simeone n’est pas peu fier de ce coup de poker réussi avec un joueur habituellement remplaçant.

“En le voyant s’entraîner, avec ses qualités techniques, physiques, et sa capacité à frapper, l’option (de le faire jouer plus haut) est apparue (…). On en a parlé avec lui et, maintenant, c’est une alternative importante sur l’aile droite”, s’était félicité le technicien argentin peu après le succès à Anfield.

Depuis, Llorente a pris du galon au sein des “Colchoneros” et de la sélection espagnole.

Une blessure à la cuisse droite face au Barça, début octobre, a freiné son excellent début de saison (10 titularisations en 10 matches) et sa présence n’est pas assurée contre Liverpool.

Mais que ce soit au coup d’envoi au en sortie de banc, il fera tout pour revenir tourmenter les Reds.

Il pourrait trouver en face de lui James Milner, véritable monument du football anglais par sa polyvalence et sa longévité.

Le natif de Leeds, qui aura 36 ans début janvier, incarne tout ce qu’aime Jürgen Klopp: le sérieux hors du terrain, la générosité et la discipline en match, et une gnaque que 20 saisons de Premier League n’ont pas émoussée.

“Son corps au service de l’équipe”

On pourrait pourtant penser qu’il a fait le tour de la question, lui qui a évolué quasiment à tous les postes sur le terrain, sauf gardien de but, avec une prédilection pour le milieu de terrain tout de même.

Latéral droit contre Crystal Palaceentraîné par Patrick Vieira qu’il a affronté comme joueurou Manchester City, milieu axial contre Norwich, il ne rechigne devant aucune tâche, aucune consigne.

“C’est quelqu’un qui est totalement dédié à son activité. Il met toujours son corps au service de l’équipe, il est toujours prêt à se sacrifier pour l’équipe”, avait dit Trent Alexander-Arnold au sujet du vice-capitaine des Reds en 2019.

Mais Milner n’est pas qu’un “besogneux”. Il détient le record du nombre de passes décisives sur une campagne de Ligue des champions avec 9 offrandes lors du parcours qui avait mené les Reds en finale en 2018. Samedi, encore, il a donné à Roberto Firmino le ballon du 2-0 contre Watford.

“Au final, on voit qu’à l’intérieur il a un côté plus doux. Il faut juste percer cette carapace solide”, a pourtant assuré Alexander-Arnold.

Double champion d’Angleterre avec Manchester City en 2011 et 2014, il avait “planté” les Citizens pour Liverpool à l’expiration de son contrat en 2015, snobant une offre généreuse de prolongation, parce qu’il ne se sentait pas assez apprécié.

Un pari là aussi gagnant: en 2019, il a soulevé avec Liverpool la C1 après laquelle City court toujours.