Thomas Meunier (G), quand il Ă©voluait au FC Bruges, en duel avec le milieu de terrain Omar El Kaddouri, dans un match de poule de Ligue Europa contre Naples le 26 novembre 2015.
Par Damien GAUDISSART / © 2019 AFP

Le chaĂ®non manquant entre le club belge de Virton et le PSG? Pour Thomas Meunier, c’est le FC Bruges, qui lui a servi de tremplin entre 2011 et 2016, pour un quinquennat riche en club comme en sĂ©lection nationale.

Quand son arrivĂ©e dans la Venise du Nord est annoncĂ©e en janvier 2011, la formation flamande qualifie le joueur, âgĂ© Ă  l’Ă©poque de 19 ans, de “renfort sur le long terme.”

“Le jeune buteur de Virton (dans le sud-est de la Belgique, ndlr) effectuera le grand saut vers la Division 1 au terme de la prĂ©sente saison”, prĂ©cise le communiquĂ© du Club de Bruges.

Buteur? Le mot fera tiquer les suiveurs du PSG, qui aligne l’international belge Ă  droite de sa dĂ©fense. Mais c’est bien en joueur offensif que Meunier dĂ©bute chez les Blauw en Zwart (bleu et noir), le 31 juillet 2011 lors de la première journĂ©e du championnat belge.

EntrĂ© en jeu Ă  la 70e minute, il inscrit son premier but dix minutes plus tard. “C’est le plus beau jour de ma vie”, s’extasie l’Ardennais au coup de sifflet final.

Pour Bruges aussi, vainqueur 5-0 contre Westerlo, le championnat commence sous les meilleures auspices. Le club court derrière un titre national depuis 2005, une période de disette inhabituellement longue pour ce grand de Belgique.

La progression de Meunier à Bruges ira donc de pair avec cette quête du Graal. Souvent aligné par Bruges en 2011-2012, Meunier réalise une première saison honorable, conclue à la 2e place de la Jupiler League.

Pour percer au plus haut niveau, il lui faudra pourtant reculer, en tout cas sur le terrain.

Sa reconversion se fera en deux temps. L’entraĂ®neur Georges Leekens en fait d’abord un ailier droit, avant que son successeur Juan Carlos Garrido ne le fasse encore rĂ©gresser d’un cran.

Le 6 dĂ©cembre 2012, lors d’un dĂ©placement de Bruges Ă  Funchal en Ligue Europa, Meunier fait donc ses grands dĂ©buts en tant que latĂ©ral droit.

“Super stars”

“Il m’a d’abord regardĂ© un peu bizarrement, l’air de dire: +moi, back droit?+”, racontait en avril 2018 au journal belge La DH Georges Leekens, le premier Ă  avoir songĂ© Ă  le repositionner.

“Je ne pense pas que mon avenir se situe Ă  ce poste”, juge alors Meunier. Mais c’est finalement au poste d’arrière droit qu’il se dĂ©marque par son talent et s’installe pour de bon dans le onze brugeois lors de la saison 2013-2014.

Ses prestations attirent l’Ĺ“il du sĂ©lectionneur belge Marc Wilmots, qui le convoque en novembre 2013 et lui offre quelques minutes de jeu lors d’un match amical perdu 2-0 contre la Colombie.

“Il apporte une prĂ©sence avec son gabarit”, salue l’entraĂ®neur des Diables Rouges, qui ne le retient toutefois pas pour le grand retour de la Belgique en Coupe du Monde, en 2014.

PrivĂ© de frissons internationaux en sĂ©lection, le latĂ©ral droit se console avec l’Ă©motion des soirĂ©es europĂ©ennes de son club.

En 2014-2015, il est un acteur de premier plan de l’Ă©popĂ©e en Ligue Europa de Bruges, qui ne concède que 6 buts (3e et 4e tour de qualification compris) avant de tomber en quarts de finale contre les Ukrainiens de Dniepopetrovsk.

Titulaire à part entière, taulier de la défense de Bruges, Thomas Meunier est prêt pour la consécration.

En 2016, il aide Bruges à enfin conquérir un nouveau titre de champion de Belgique.

Cette fois, Marc Wilmots est convaincu et le sĂ©lectionne pour l’Euro-2016, oĂą il jouera quatre des cinq matches des Diables Rouges, dont la piteuse Ă©limination en quarts de finale contre le Pays de Galles (3-1).

“Tout le monde Ă©tait super confiant, on est une Ă©quipe de super stars”, claironne avec aplomb le dĂ©fenseur Ă  l’issue du match.

Prémonitoire: deux jours plus tard, le PSG officialisait son arrivée dans la galaxie des Cavani, Di Maria et autre Marquinhos.