C1: Leipzig, boxeur sonné avant d’accueillir Paris

Marcus Rashford célèbre le but du 5-0 de Manchester United face à Leipzig, le 28 octobre 2020 à Old Trafford
Par Christophe BEAUDUFE / © 2020 AFP

Une raclée en Ligue des champions puis la perte de la première place en Bundesliga en l’espace d’une semaine: le RB Leipzig est comme un boxeur sonné avant de recevoir Paris mercredi (21h00). Son entraîneur Julian Nagelsmann reconnaît que l’équipe sera “sous pression”.

“Nous devons gagner ce match, tout simplement pour ne pas nous retrouver avec cette méga-pression lors du match retour à Paris, et pour plutôt mettre la pression sur leurs épaules”, analyse froidement le jeune coach allemand, qui refuse de dramatiser les deux défaites consécutives: 5-0 mercredi à Manchester contre United, et 1-0 samedi en championnat à Mönchengladbach.

Mais qu’est-il arrivé au RB, parti en trombe en championnat et vainqueur de Basaksehir 2-0 pour son entrée en Ligue des champions?

Rien de particulier, juge Nagelsmann, qui a vu deux matches entre équipes de niveau comparable, même s’il a vertement reproché à ses joueurs d’avoir “arrêté de défendre” à Manchester après avoir encaissé le deuxième but.

Jamais pourtant, depuis sa fondation en 2009, le RB n’avait perdu par cinq buts d’écart, toutes divisions et toutes compétitions confondues. Nagelsmann est entré dans l’histoire du club par le mauvais côté, et l’a mal digéré.

“Question de respect”

Mené 1-0 jusqu’à la 74e minute, le RB s’est effondré d’un coup dans le dernier quart d’heure: “Tu as le droit de perdre un match comme ça, mais tu ne dois pas encaisser les trois derniers buts sans réagir, c’est aussi une question de respect”, a fulminé le technicien après le K.-O.: “Perdre 2-0 ou 5-0, psychologiquement ça fait une grosse différence”.

Samedi contre M’Gladbach, le match s’est décidé sur un seul but. Nagelsmann a de nouveau relativisé: “Il y a beaucoup de matches, nous avons beaucoup de blessés. Il arrive un truc après l’autre, et nous ne jouons plus assez vite. Mais tu as le droit de perdre à M’Gladbach, ce n’est pas non plus la fin du monde”, a-t-il répété.

Cette fois, son équipe n’a mis qu’un genou à terre, mais a abandonné au Bayern sa place de leader.

Contre Paris, il s’agira donc de retrouver des forces physiques et surtout mentales pour ne pas aligner un troisième revers d’affilée, et oublier la défaite 3-0 en demi-finale en août à Lisbonne.

Certes, le coach de Leipzig a moins de pression que son homologue Thomas Tuchel. Ses dirigeants considèrent que le club est encore en phase d’apprentissage, et n’ont fixé aucun objectif précis en Ligue des champions.

Se stabiliser au plus haut niveau “va prendre un peu de temps, admet le directeur sportif Markus Krösche, c’est un processus et un développement que nous devons et voulons mener à bien (…) Le développement, ça prend du temps”.

Nkunku, Angeliño: nouvelles stars

Le RB, à la progression météoritique depuis dix ans, est de toute façon en avance sur son tableau de marche: lors de son accession en première division en 2016, personne n’aurait parié qu’il terminerait vice-champion la même saison et serait demi-finaliste de la Ligue des champions quatre ans plus tard.

Cette montée en puissance est, en outre, économiquement contrôlée. La demi-finale de Lisbonne n’a pas tourné la tête aux responsables. Timo Werner, le buteur maison, est parti comme prévu à Chelsea pour 53 millions d’euros et, comme prévu, n’a pas été remplacé par un joueur de même valeur.

“Je ne vois pas (son départ) de façon si extrême ou problématique”, relativise d’ailleurs le directeur sportif. “Nous avons toujours dit que nous voulions compenser collectivement la perte de Timo Werner, en développant des qualités différentes dans l’équipe, et c’est ce que nous avons fait.”

De fait, des garçons comme le jeune latéral Espagnol Angeliño (auteur d’un doublé contre Basaksehir), ou l’ancien milieu offensif parisien Christopher Nkunku ont déjà pris une place nouvelle et prépondérante dans le dispositif offensif du RB.