Le défenseur du Borussia Dortmund Mats Hummels lors du match de Bundesliga face au SC Freiburg le 5 octobre 2019 à Fribourg.
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Evincé de l’équipe nationale, partiellement relégué sur le banc au Bayern, Mats Hummels semblait en fin de parcours la saison dernière. Son transfert à Dortmund l’a relancé, au point que certains réclament désormais son retour en sélection.

Après une prestation XXL contre Barcelone en septembre (0-0), la double confrontation contre l’Inter Milan en Ligue des champions (mercredi 21h00 et 5 novembre) peut lui permettre de confirmer qu’il a retrouvé le niveau qui avait fait de lui un champion du monde avec l’Allemagne, en 2014.

Défenseur central au physique de jeune premier, Hummels a très mal vécu sa disgrâce du printemps, et notamment la décision brutale du sélectionneur Joachim Löw de mettre un terme à sa carrière internationale, à 30 ans seulement: “Cette démarche est à mes yeux injuste”, avait-il regretté à chaud. Avant d’avouer quelques semaines plus tard: “J’avais pris un coup sur la tête et je ne savais plus trop ce qui se passait”.

D’autant qu’il était menacé également au Bayern, par les arrivées de Lucas Hernandez et Benjamin Pavard.

“J’essaie d’incarner le calme”

Le pari de revenir à Dortmund, où il avait débuté sa carrière (2009-2016), semble pour l’instant gagnant. Le Borussia est quatrième du championnat à un point du leader Mönchengladbach. Et en Ligue des champions, les Jaune et Noir occupent la tête du groupe, avec quatre points comme Barcelone mais une meilleure différence de buts.

Hummels, lui, est tout naturellement devenu un taulier de l’équipe. Dans le rôle de “l’ancien”, il cherche à apporter une sérénité qui manque parfois à ses jeunes coéquipiers dans les fins de matches tendues: “L’art du football consiste à garder son calme dans les phases difficiles”, explique-t-il, “j’essaie d’incarner ce calme sur le terrain. Lorsque l’adversaire presse, je m’efforce de faire baisser la pression. J’ai intégré ça très tôt dans ma mentalité de joueur”.

Depuis quelques jours, et surtout depuis la grave blessure samedi du Munichois Niklas Süle (ligaments croisés du genou), pilier de la défense centrale de la Mannschaft, des voix s’élèvent pour demander à Löw de le rappeler.

“Löw avait jusqu’ici exclu un retour de Hummels, en arguant de la nécessité de laisser de la place à Süle”, écrivait lundi le magazine du football Kicker: “La blessure de ce joueur d’avenir va l’obliger à revoir sa stratégie”.

Plébiscité par les fans

Mardi, c’est l’ancien international Steffen Freund qui a mis les pieds dans le plat: “Avec Rüdiger et Ginter en défense centrale, nous ne pouvons pas gagner l’Euro-2020, a-t-il asséné, si Jogi Löw ne (rappelle pas Hummels) maintenant, je serais terriblement déçu”.

Les supporters aussi sont derrière lui: dans un sondage en ligne du magazine Kicker, réalisé avant la blessure de Süle, 77,43% des quelques 96.000 répondants se sont prononcés en faveur de son retour sous le maillot aux quatre étoiles.

Et pour l’entraîneur de Dortmund Lucien Favre, ce serait absolument logique: “C’est clair, vu la façon dont il joue actuellement. Sans discussion”, dit le technicien suisse.

Le capitaine du Borussia Marco Reus, toujours international, n’hésite pas non plus à se mouiller: “Sur la base de ses performances, il est toujours le bienvenu et il renforcerait n’importe quelle équipe”.

Hummels, lui, a fait savoir qu’il se tenait à la disposition de la Fédération: “Si j’avais l’occasion de porter encore une fois le maillot de l’équipe nationale, je ne refuserais pas”, avait-il avoué en août.

En attendant un très hypothétique coup de fil de Löw, l’avenir de Hummels passe par l’Inter Milan. Dans un groupe où Barcelone fait encore figure d’ogre, un bon résultat en Italie mettrait Dortmund en orbite pour une qualification en huitièmes.