C1: la fusée Gnabry trop rapide pour Lyon

Le milieu du Bayern Munich, Serge Gnabry, buteur lors de la demi-finale de la Ligue des champions face à Lyon, à Lisbonne, le 19 août 2020
/ © 2020 AFP

Deux buts et des accélérations dévastatrices: Serge Gnabry a envoyé le Bayern Munich en finale de la Ligue des champions, dimanche contre le PSG, avec une nouvelle prestation majeure contre Lyon mercredi (3-0), dans la foulée de son extraordinaire saison dans la compétition reine.

L’ailier supersonique international de 25 ans compte désormais neuf buts en C1, un par match!

Mais c’est surtout son quadruplé d’anthologie en octobre à Londres contre Tottenham en phase de poules qui lui a fait crever les écrans du monde entier.

En février, ce jeune homme posé et décontracté dans la vie (il a eu sa période vegan) s’est ensuite offert un doublé contre Chelsea en 8e de finale aller (3-0).

Au Bayern, il est le fer de lance de la génération des “25 ans et moins”, celle de Kimmich, Süle, Goretzka, Coman ou Tolisso. Mais lui a déjà pris la place des légendes Arjen Robben et Franck Ribéry dans le coeur des fans bavarois.

Du Néerlandais, il a hérité le sens du but (12 cette saison en Bundesliga). Du Français la capacité à débouler dans les petits espaces pour faire exploser les défenses, en marquant lui-même ou en passant (11 passes décisives en championnat).

Il est en revanche plus polyvalent que ses glorieux aînés et, s’il se sent mieux à gauche, il est parfaitement capable de jouer sur l’aile droite, comme il l’a fait contre Lyon.

Fan de James Harden

Son premier but mercredi est un modèle de ce qu’il fait le mieux: un ballon récupéré sur l’aile, un repiquage au centre à pleine vitesse pour s’infiltrer au milieu de six Lyonnais impuissants, et un boulet de canon en lucarne hors de portée d’Anthony Lopes.

Son deuxième est opportuniste. Après un cafouillage de Lewandowski quasiment sur la ligne de but, il a bien suivi et n’a eu qu’à pousser la balle au fond pour conclure.

Il a de nouveau célébré en faisant le geste de tourner une petite cuillère dans une tasse. Après avoir intrigué la Bundesliga avec ce rituel, il a révélé sa source d’inspiration: “Je suis un grand fan de la NBA, et particulièrement de James Harden”. Le meneur des Houston Rockets fête ses paniers décisifs dans le money time avec ce petit geste “stir the pot” qui signifie: “Ce qui est dans ma tasse est vraiment très chaud! Comme moi sur le terrain”.

Chaud, Gnabry l’est depuis son plus jeune âge: “A quatre ans je jouais au foot avec tout ce que je trouvais dans l’appartement”, a raconté un jour ce feu follet: “J’obligeais mes grands-parents à jouer au foot avec moi, rien d’autre ne m’intéressait. Mes parents m’ont inscrit au club local du TSV Weissach en me disant: +il faut que tu évacues ton énergie+ (…) A 14-15 ans, j’ai commencé à penser à devenir professionnel, lorsque les premières sollicitations de grands clubs sont arrivées”.

“L’aventure Arsenal”

Après avoir joué chez les jeunes à Stuttgart, Gnabry est parti à 16 ans pour Arsenal. “Je suis allé en Angleterre parce que tout le monde me disait de ne pas y aller, que je n’y arriverais pas. Je voulais ce défi. Arsenal était un beau club, avec l’entraîneur Arsène Wenger qui donnait sa chance aux jeunes. Ils jouaient un football que j’aime, offensif, avec beaucoup de possession”.

C’est toutefois pour retrouver du temps de jeu que l’attaquant est revenu en Allemagne, à Brême en 2016. Il a ensuite joué à Hoffenheim, avant de débuter au Bayern Munich en 2018.

En deux saisons, il est passé du statut de jeune espoir prometteur à celui de star internationale. Et peut-être, dimanche, à celui de vainqueur de la Ligue des champions.