C1: Kean a chipé les clés de l’attaque parisienne

Le jeune attaquant parisien Moïise Kean buteur face à Bordeaux au Parc de Princes, le 28 novembre 200.
Par Adrien VICENTE / © 2020 AFP

A pas encore 21 ans, Moise Kean force les défenses et empile les buts sans complexe avec le Paris SG… jusqu’à déverrouiller la hiérarchie de l’attaque cinq étoiles du club ? Début de réponse mardi en Ligue des champions contre Istanbul Basaksehir (21h00).

Né le 28 février 2000 de parents ivoiriens, l’Italien a déjà eu le temps dans sa carrière de susciter l’espoir, la déception et l’admiration.

Pas étonnant pour celui qui a enfilé les records de précocité depuis ses débuts en pro sous le maillot de la Juventus Turin: plus jeune joueur de l’après-guerre à avoir porté le maillot de la Vieille Dame, premier né dans les années 2000 à jouer en Ligue des champions (à 16 ans et 267 jours), à marquer en Serie A (à 17 ans et 88 jours) et à enfiler le maillot de la Nazionale (à 18 ans et 265 jours)…

Systématiquement surclassé dans les catégories jeunes de l’équipe d’Italie, le natif de Vercelli, au pied des Alpes, est aussi devenu, à 19 ans et 23 jours contre la Finlande, le plus jeune joueur à marquer en compétition avec la sélection italienne.

Au PSG, Kean n’en finit pas d’impressionner. Mardi, il aspire à une place de titulaire pour le dernier match de poules en Ligue des champions aux côtés de Neymar et Mbappé.

Au match aller à Istanbul, c’est lui qui avait débloqué la situation, marquant les deux buts parisiens pour sa première titularisation en Ligue des champions. Devenant le plus jeune joueur du club à marquer un doublé en C1, un record de plus.

Crocheteur de défenses

Son arrivée à Paris, la veille de la clôture du marché des transferts en prêt d’un an sans option d’achat, avait pourtant suscité quelques doutes. Kean sortait d’une saison ratée à Everton, avec deux buts seulement. Et prétendait seulement à combler le vide laissé par Eric-Maxim Choupo-Moting, joker attitré du PSG en attaque… et souvent raillé pour sa maladresse devant le but.

Mais voilà: l’hécatombe de blessures subie par l’effectif parisien, avec un calendrier ultra-dense et pas de préparation d’avant-saison, lui a tout de suite donné du temps de jeu.

Avec un succès fulgurant. Dès son deuxième match en Rouge et Bleu, il marque les deux premiers buts parisiens contre Dijon (4-0).

On retrouve déjà ce qui va devenir sa marque de fabrique: celle d’un joueur qui met les buts décisifs, ceux qui donnent l’avantage au champion de France. Comme contre Rennes (3-0) où il ouvre le score, ou contre Bordeaux (2-2) où il marque le 2-1.

Samedi, c’est encore lui qui a fait craquer la défense de Montpellier, marquant le 2-1 à un quart d’heure de la fin, avant que Mbappé ne tue le match en inscrivant le 3-1 définitif.

“Fantastiques” dans le viseur

“Il a été fort et décisif dans les derniers matches”, l’a félicité l’entraîneur Thomas Tuchel avant ce match, pour justifier sa décision de le titulariser, lors du choc décisif contre Manchester United (3-1), à la place de l’expérimenté Angel Di Maria.

“Le plan était de chercher la profondeur et d’attaquer le dos (d’Alex) Telles et (Harry) Maguire, et ça c’est pour ça qu’on a choisi Moise Kean, pour sa force physique, ce qui n’est pas une caractéristique d’Angel”, a expliqué l’Allemand.

Car Kean, fort de ses 7 buts en 12 matches, rivalise désormais avec les “Quatre Fantastiques” de l’attaque parisienne, aidé par l’accumulation de pépins physiques qui touche l’un d’entre eux, Mauro Icardi.

“Mauro est blessé, mais pour moi, c’est un des plus grands attaquants au monde”, a humblement évacué l’Italien lundi. Avant de lâcher: “Quand il va revenir, ce sera une bonne concurrence”. L’Argentin est prévenu.