C1: Juventus, la qualification pour s’éloigner de la crise

L’entraîneur de la Juventus Turin Massimiliano Allegri à l’entraînement le 1er novembre 2021, à la veille du match de Ligue des champions face au Zenit Saint-Pétersbourg
Par Anthony LUCAS / © 2021 AFP

Un point contre le Zénit Saint-Pétersbourg suffit à la Juventus pour assurer dès mardi (21h00) sa place dans le Top 16 de Ligue des champions: indispensable pour ramener un peu de sérénité chez des Bianconeri loin du compte en championnat.

“On doit atteindre le premier objectif, la qualification en huitièmes, parce que là, ça ne va pas”. Nouveau centre de gravité de l’équipe depuis le départ de Cristiano Ronaldo, l’attaquant argentin Paulo Dybala a appelé à la mobilisation samedi après la quatrième défaite en onze journées de Serie A, contre l’Hellas Vérone (1-2).

Après un début de saison catastrophique, on pensait la Juve guérie dans la foulée d’une série de succès sans brio mais reposant sur une solidité retrouvée, notamment contre Chelsea (1-0) en C1.

Las! Le nul heureux contre l’Inter Milan (1-1) puis les deux revers en championnat contre Sassuolo (1-2) et Vérone ont rappelé le manque de consistance de cette Juve reprise en main par Massimiliano Allegri. La voilà repoussée à 16 points des co-leaders Naples et Milan, lâchée dans la course au Scudetto.

“On est tous énervés et déçus. En cinq jours, on a jeté par dessus bord tout ce qu’on avait construit depuis un mois et demi. Cette rechute fait réfléchir, on doit travailler et réagir”, a lancé Allegri lundi en conférence de presse.

Signe que l’heure est grave, une mise au vert collective a été décrétée, ce qui n’était pas arrivé depuis la saison 2015/16, déjà avec Allegri sur le banc: l’effet avait alors été immédiat, puisque les Bianconeri avaient ensuite enchaîné quinze succès consécutifs et avaient conservé leur titre en fin de saison.

“Changer d’attitude”

“On fait beaucoup de bruit, mais c’est simplement pour se retrouver, parler de foot et de ce qu’on veut faire ensemble”, a dédramatisé lundi le défenseur brésilien Danilo au sujet de cette décision rarissime.

“La Juventus sait (un peu) défendre, mais n’a pas d’idées sur la façon d’attaquer, sinon de donner le ballon à Dybala et d’espérer”, a cinglé la Gazetta dello Sport le week-end dernier en taclant plusieurs joueurs décevants (Morata, Bentancur, Rabiot, Kean…) et l’entraîneur lui-même: “Aujourd’hui, le coach est indéfendable. Il donne l’impression de ne pas avoir étudié le football depuis deux ans.”

“Se remettre à gagner, ce n’est pas facile, il faut du temps. On y travaille. En ce moment, il faut mettre une brique l’une après l’autre”, a répliqué Allegri qui, samedi, avait lui-même encouragé ses joueurs à “changer d’attitude” dans les duels.

Dans ce contexte, le match le plus important de la semaine sera sans doute celui contre la Fiorentina (trois points devant les Bianconeri), samedi en championnat.

Mais assurer la qualification en C1 dès mardi permettrait d’alléger l’atmosphère.

Grâce à son sans-faute en C1, avec trois victoires et aucun but encaissé, la Juve n’a plus besoin que d’un nul contre le Zénit (3e avec 6 points) pour assurer son billet pour les huitièmes, pour la huitième saison de rang. Même si elle voudra à coup sûr gagner pour préserver ses trois points d’avance sur Chelsea (2e, 6 pts) avant de jouer la première place chez les Londoniens le 23 novembre.

Cette qualification permettrait à la Juventus de demeurer le fleuron du football italien sur la scène continentale, où les trois autres représentants azzurri peinent (aucun dans les deux premiers de leur groupe à mi-parcours). Un statut qu’elle a perdu en Italie.