C1: Jules Koundé, l’Europe et les Bleus lui sourient

Jules Koundé avec le Séville FC contre l’Inter Milan en finale de la Ligue Europa à Cologne, le 21 août 2020
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Il est le défenseur central à la mode en Espagne: à 22 ans, le Français Jules Koundé vit une grande saison à Séville, opposé à Dortmund en huitième de finale retour de Ligue des champions mardi (21h00, 20h00 GMT), et peut s’imaginer un avenir en Bleu.

Il y a eu ce récital défensif face à Romelu Lukaku et l’Inter Milan en finale de Ligue Europa, en août (3-2). Cette roulette et ce but face au Celta Vigo en Liga, en octobre. Ce boulet de canon expédié dans les filets de Rennes, en C1, en décembre. Puis cette chevauchée fantastique sous les yeux de Lionel Messi et du Barça, en Coupe d’Espagne en février, et conclue par un nouveau but.

“Quand Koundé se déguise en Maradona”, s’est écriée la presse espagnole après cette action qui a vu le défenseur central s’emparer du ballon près du rond central, effacer trois défenseurs puis finir par tromper Marc-André ter Stegen après un déboulé sur l’aile droite.

Depuis plus d’un an, le FC Barcelone, le Real Madrid et les mastodontes européens font les yeux doux à l’ancien défenseur des Girondins.

Arrivé à l’été 2019 à Séville, cet enfant de Landiras, au sud de Bordeaux, avait pourtant interloqué les supporters lorsque le club andalou a déboursé 25 M EUR pour l’attirer, ce qui a fait de lui la recrue la plus chère de l’histoire du Séville FC (avec Rony Lopes, le même été).

Pari gagnant

“Cher ? On en reparle dans deux ans”, avait alors parié le directeur sportif Monchi, grand dénicheur de pépites.

Pari gagnant. Relativement petit pour son poste mais très costaud (1,78 kg, 70 kg), ce défenseur n’a pas mis longtemps à rassurer l’Andalousie.

Lors de sa première saison, entrecoupée par la pandémie, l’ex-Girondin forme une paire complémentaire aux côtés de l’ancien Nantais Diego Carlos et boucle l’exercice avec 40 matches au compteur (dont 36 comme titulaire), une 4e place en Liga, un sacre en Ligue Europa, et même cinq sélections et un but avec l’équipe de France Espoirs.

Sous la direction de Julen Lopetegui (ex-entraîneur de la sélection espagnole et du Real Madrid), Koundé change de dimension. “Il m’a dit qu’il me voulait, qu’il m’aiderait à grandir”, explique-t-il. Et depuis l’automne, Koundé confirme.

Deschamps “suit” sa progression

La presse espagnole se prête de bon coeur au jeu des comparaisons. D’abord avec Daniel Alves, le latéral découvert à Séville qui avait pour habitude de finir les actions dans la surface adverse. Ou même Sergio Ramos, pour sa projection vers l’avant.

Le “central le plus à la mode” selon Marca a suscité l’intérêt des plus grands. Selon la presse, Séville a refusé une offre à 55 M EUR de la part de Manchester City l’été dernier. Le Real Madrid et le FC Barcelone ont aussi approché l’équipe andalouse. Mais sans succès: la clause libératoire de Koundé est fixée à 80 M EUR, et le Français est sous contrat jusqu’en 2024.

Et quid de l’intérêt du sélectionneur français Didier Deschamps ? “C’est un joueur que l’on suit, qui a une progression constante. Il y en a d’autres qui sont passés par les Espoirs et qui sont rapidement venus avec moi. Dans la charnière, les postes sont chers. Il y a ceux qui sont là avec une expérience, ceux qui arrivent, et il y en a d’autres comme Koundé qui pourraient être amenés à intégrer le groupe France”, avait glissé le sélectionneur des Bleus en conférence de presse en octobre.

Comme l’a résumé Marca en février : “Koundé n’est plus une promesse. C’est une réalité”. Des éloges dont le Français devra se montrer digne mardi en tentant de museler une autre des valeurs montantes du continent: l’attaquant norvégien Erling Haaland.