C1: Icardi-Navas, modèles d’adaptation

L’attaquant argentin du PSG Mauro Icardi marque l’unique but du match contre Bruges en Ligue des champions, le 6 novembre 2019 au Parc des Princes
Par Antoine MAIGNAN / © 2019 AFP

Efficacité pour l’un, sobriété pour l’autre: l’attaquant Mauro Icardi et le gardien Keylor Navas, décisifs mercredi contre Bruges en Ligue des champions (1-0), ont donné raison au recrutement estival du Paris SG et confirmé leur adaptation bluffante au club parisien.

Ils sont arrivés à quelques heures d’intervalle au Camp des Loges, dans les derniers instants du mercato début septembre. Mercredi au Parc des Princes, seulement quelques secondes ont séparé l’ovation de l’un de celle de l’autre.

L’Argentin, unique buteur de la rencontre, a été acclamé à sa sortie du terrain par un public qui commence véritablement à l’adorer au fil des buts. Le Costaricien, en arrêtant un penalty dans la foulée, a fait chavirer les supporters en réalisant le premier coup de force de son bail parisien.

L’épisode de Dijon vendredi dernier ? Un accroc pour les deux hommes, sans nul doute. Car si Icardi n’a pas marqué pour la première fois en six matches consécutifs, et si Navas aurait pu mieux faire sur les buts dijonnais de la défaite (2-1), les deux joueurs latino-américains n’ont pas mis longtemps à repartir de l’avant.

Les statistiques du “Goleador” n’auront donc stagné qu’une dizaine de jours. Depuis le début du mois d’octobre: sept matches, huit buts, série en cours. En C1 cette saison ? Quatre matches, quatre buts, tout simplement. Et un chiffre encore plus parlant: depuis le début de sa carrière en Ligue des championsl’an dernier seulement

, l’Argentin en est à huit réalisations en dix rencontres…

Ce que seuls trois joueurs sont parvenus à faire dans l’histoire de la compétition, et pas des moindres (Simone Inzaghi, Sadio Mané, Harry Kane), selon le statisticien Opta.

Les performances de l’ex-portier du Real Madrid ? Plus qu’intéressantes, avec la bagatelle de dix “clean sheets” en douze rencontres! Et pour la peine, un premier penalty arrêté… dans toute sa carrière en Ligue des championsrappelons qu’il en a gagné trois de suite avec les Madrilènes.

Bizutages réussis

Pour l’ancien capitaine de l’Inter Milan (26 ans), comme pour l’homme d’expérience du Real (32 ans), c’est donc l’adaptation rêvée.

D’emblée, leurs partenaires ont pu découvrir des camarades de vestiaire plutôt facile d’accès et pleins d’humour, en témoignent les fous rires provoqués, vidéos à l’appui, lors des bizutages respectifs des deux hommes, très à l’aise dans l’autodérision et dans l’art de chanter faux.

Mais sur le terrain, le sérieux domine. Il n’est d’ailleurs quasiment plus question de l’habituel “Matador” Edinson Cavani, dont la blessure à une hanche fin août a offert à Icardi une opportunité inespérée, ni d’Alphonse Areola, prêté au Real mais de plus en plus loin de la place de titulaire à Paris qu’il espérait tant, lui le “titi”.

Rois des surfaces

Comme un symbole, ce sont justement eux, les rois des surfaces. Navas brille dans celle du PSGqui n’a pas pris un seul but en C1 cette saison

, Icardi dans celle située à l’autre bout du terrain, son véritable terrain de jeu.

Dans ce périmètre, c’est comme s’il happait le ballon, peu importe d’ailleurs qui le lui donne: cinq joueurs différents lui ont délivré une passe décisive depuis son arrivée (Verratti, Mbappé, Di Maria, Sarabia, et Dagba mercredi) !

“Dès mon arrivée, tous m’ont bien accueilli et particulièrement les joueurs qui parlent l’espagnol. Avec ceux qui ne parlent pas espagnol, on communique en anglais. Mais à vrai dire, tous m’aident quotidiennement”, raconte-t-il à Hypebeast, sans même évoquer sa connaissance de l’italien, la langue de Marco Verratti.

L’espagnol, il peut d’ailleurs le parler avec Navas, dont la sérénité a impressionné jusqu’aux joueurs français de l’effectif.

“Il est venu avec beaucoup d’humilité, il ne s’est pas mis en avant, il prend le temps de s’adapter et de tous nous connaître. Il parle anglais et espagnol, il va apprendre le français mais il vient vraiment en toute humilité, c’est très agréable”, réagissait Abdou Diallo en début de saison.

Finalement, c’est peut-être plutôt le langage du football que maîtrisent le mieux les deux hommes…