C1: Gündogan, un artiste “altruiste” à City

Ilkay Gundogan inscrit le 3e but de Manchester City lors de la réception de Tottenham en championnat, le 13 février 2021
/ © 2021 AFP

Au foot, il y a ceux qui captent la lumière, ceux qui “permettent aux autres de briller”… Et Ilkay Gündogan, milieu “altruiste” de Manchester City qui a un pied dans chaque monde avant le huitième de finale retour de C1 contre Mönchengladbach, mardi (21h00).

Souvent dans l’ombre de joueurs plus offensifs, l’Allemand atteint à 30 ans une plénitude et une reconnaissance symbolisée par ses titres de “joueur du mois” de janvier et février en Premier League, devenant tout simplement le premier joueur de City à être distingué deux mois consécutifs.

Non pas que les distinctions individuelles l’intéressent plus que ça.

“Quelqu’un m’a dit un jour que peut-être je ne brillais pas, mais que je permettais aux autres de briller, et c’est comme ça que je me vois”, avait-il confié il y a quelques semaines au site internet du club.

C’était Mikel Arteta, quand il était adjoint de Pep Guardiola, qui a trouvé en Gündoganpremière recrue à rejoindre City après sa prise de fonction, en 2016un relais idéal.

“C’est l’un des joueurs les plus altruistes que j’ai jamais eus dans ma carrière et vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis reconnaissant et heureux, et l’importance qu’il a pour moi”, avait même lâché le Catalan en janvier.

“Tellement malin”

“Il est tellement intelligent, tellement malin, il comprend le jeu à merveille, il sait dans chaque action ce qu’il a à faire, toujours à penser à ce qui est le mieux pour l’équipe”, avait poursuivi Guardiola dans son éloge.

Touché fin septembre par le Covid-19, dont les séquelles l’obligeaient à faire la sieste après chaque entraînement lors des première semaines après sa guérison, il est revenu en grande forme, participant à 19 des 21 victoires consécutives des Citizens, un record pour l’Angleterre.

Entre fin janvier et début février, il a totalement fait oublier l’absence de Kevin de Bruyne sur blessure, lors de cinq journées de championnat où il a inscrit 6 buts et donné 2 passes décisives, dans un rôle plus offensif que par le passé.

Au total, avec 14 buts toutes compétitions confondues, il connaît déjà sa saison la plus prolifique, et de loin, sous le maillot bleu ciel.

“Peut-être qu’avec ces chiffres les gens se disent que je suis meilleur maintenant, mais pour être honnête, les chiffres n’ont jamais trop compté pour moi dans le football. Si je quitte le terrain en ayant le sentiment que j’ai joué aussi bien que je pouvais (…) c’est ce qui me fait me sentir bien, pas de marquer un but, deux buts, ou autre”, avait-il assuré.

Positionné plus haut quand le Belge était absent, il avait presque repris le rôle d’un David Silva, joueur fétiche de Guardiola, mais qui a quitté le club en fin de contrat cet été. Il partage avec l’Espagnol la maîtrise parfaite du timing dans les passes et les déplacements dans la surface.

Toujours plus haut ?

Cantonné l’an dernier et en tout début de saison dans un double pivot aux côtés de Rodri ou Fernandinho, il a profité du passage à un seul milieu défensif pour obtenir davantage de latitudes dans ses projections vers l’avant.

Ce poste de sentinelle, Gündogan l’avait pourtant aussi occupé avec brio lors de la fin de saison haletante en 2018/2019.

“L’année du second titre, quand on a gagné 14 matches de suite, il a joué en milieu défensif et il avait été incroyable. J’ai le sentiment que sans sa qualité, son intelligence, sa vision du jeu, rempoter le titre n’aurait pas été possible”, s’est souvenu Guardiola, mi-janvier.

Mais quand il est plus près des cages adverses, “il a le sens du but et ce n’est pas facile de trouver un joueur capable de jouer milieu défensif mais aussi en tant que 10, en termes de passes décisives et de déplacements pour marquer”, avait souligné le Catalan, qui imagine déjà d’autres utilisations possibles du joueur.

“Un jour, quand il devra jouer en faux-neuf, il sera capable de jouer à ce poste, j’en suis assez certain”, avait assuré “Pep”.