C1: Guardiola-Tuchel, consécration attendue

Montage photos des deux entraîneurs de Manchester City et Chelsea, l’Espagnol Pep Guardiola et l’Allemand Thomas Tuchel, qui se retrouveront en finale de la Ligue des Champions, le 29 mai à Porto
Par Frédéric HAPPE / © 2021 AFP

L’un voit le trophée lui échapper depuis 10 ans, l’autre rêve d’un premier sacre. Samedi (21h00), lors de la finale de Ligue des champions entre Manchester City et Chelsea, la carrière de Pep Guardiola ou de Thomas Tuchel prendra une nouvelle dimension.

Une victoire à Porto ferait du Catalan le quatrième entraîneur seulement à avoir soulevé trois fois la “Coupe aux grandes oreilles”, avec Bob Paisley, Carlo Ancelotti et Zinédine Zidane.

Vainqueur en 2009 et 2011 avec Barcelone, club où il a passé presque toute sa carrière de joueur et débuté sur le banc (2008-2012), il n’a su renouveler l’exploit ni avec le Bayern Munich, ni avec City.

Ses succès domestiques6 titres de champions, trois coupes nationales, quatre Coupes de la Ligue anglaisestranchent avec un bilan européen décevant qui laisse ouverte la question de sa place dans la hiérarchie des plus grands entraîneurs de l’histoire.

Après trois échecs successifs en quart de finale avec City, dans lesquels ses choix tactiques ont été très discutés, l’occasion est belle de faire taire les derniers sceptiques.

“Certains clubs ont besoin de plusieurs finales pour en gagner une, d’autres n’ont de besoin que d’une chance. Espérons que ce sera le cas pour nous”, avait-il glissé il y a quelques jours, conscient que Manchester City et ses propriétaires attendent eux aussi désespérément une consécration continentale.

“Si quelqu’un m’avait dit ça à Noël…”-

Mais en face se trouvera Thomas Tuchel, déjà finaliste l’an dernier avec le Paris SG, avant de rendre les armes (1-0) face au Bayern Munich.

Limogé par le club de la capitale à Noël, il a rebondi un mois plus tard chez des Blues à la traîne en championnat, pour au moins assurer une qualification européenne.

Il a fait mieux que ça, assurant sa participation à la prochaine Ligue des Champions, disputant la finale de la Coupe d’Angleterre et terrassant le futur champion espagnol, l’Atlético Madrid, puis le Real, avec une maîtrise impressionnante sur le chemin de Porto.

“Si quelqu’un m’avait dit ça à Noël, je ne sais pas si je l’aurais cru ou si je me serais moqué de lui”, avait-il admis sur le site de l’UEFA il y a peu.

Mais son parcours est pour l’instant aussi marqué par quelques demi-échecs qui ternissent l’impression globalement positive.

Chelsea a raté le podium de Premier League à la dernière journée avec une défaite à Aston Villa (2-1) qui ne jouait plus rien et perdu la finale de FA Cup (1-0) contre Leicester contre le cours du jeu.

Autant dire que dans un club peu réputé pour sa patience avec les coaches, remporter rapidement un premier trophée serait une garantie de sérénité.

Tous deux fous de tactique et perfectionnistes à l’extrême, Tuchel et Guardiola se sont déjà croisés sur le terrain et en dehors quand l’Allemand entraînait Mayence et Dortmund.

“On a parlé football”

“Je travaillais au Bayern, et il avait organisé un dîner à Munich (…) On avait parlé football, football, football et football”, avait raconté Guardiola récemment.

“J’ai beaucoup appris. Bonne nourriture, du bon vin, c’est toujours un bon moment pour partager. C’est un bon souvenir. Depuis, on a bien grandi. On a une bonne relation”, avait-il ajouté.

Tuchel, lui, avait confié avoir beaucoup regardé les matches du Barça de Pep, “pour apprendre de lui et de ses équipes, comment défendre et comment attaquer”.

“Ils sont très similaires”, avait estimé Ilkay Gündogan, le milieu de City, qui a joué sous les ordres des deux coaches.

“Ce sont deux grands managers, à un niveau tactique très élevé. Ils sont tous les deux capables de gérer les difficultés qu’ils peuvent rencontrer durant un match”, avait-il détaillé.

S’il a décrit Manchester City comme “une référence” pour son équipe, Tuchel reste sur deux succès, en Coupe (1-0) et en championnat (2-1) contre Guardiola.

“Est-ce que cela nous donnera un grand avantage ? Non, absolument pas, et on est très conscient qu’en finale, on repart de zéro”, a-t-il assuré.

Mais “dans le football, il est possible de combler les écarts pendant 90 minutes et c’est ce que nous tâcherons de faire lors de cette finale”, a-t-il conclu.