C1: Giroud et Lemar, destins croisés, objectifs communs

Le milieu français de l’Atletico Madrid Thomas Lemar lors du match contre l’Athletic Bilbao en championnat au Wanda Metropolitano, le 10 mars 2021
Par Frédéric HAPPE, Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Thomas Lemar a retrouvé du peps avec l’Atlético, quand Olivier Giroud doit encore et toujours prouver à Chelsea: les deux attaquants ont un rêve commun, l’Euro en Bleu cet été, mais aussi la Ligue des champions avec leurs clubs, opposés mercredi en 8es retour (20h00 GMT).

Mercredi, à Stamford Bridge, Giroud et Chelsea seront en ballotage favorable pour le huitième de finale retour de la Ligue des champions après leur succès à Bucarest (1-0) grâce à un formidable retourné acrobatique de l’avant-centre français.

Si le but a fait le tour des écrans européens, il n’a pas suffi à garantir du temps de jeu à l’ancien Montpelliérain (34 ans).

Titulaire contre Manchester United (0-0), il est ensuite resté sur le banc face à Liverpool, Everton et Leeds, Thomas Tuchel optant pour la cavalerie légère avec Timo Werner ou Kaï Havertz.

Les entraîneurs passent, mais l’histoire se répète pour “Oli”: répondre toujours présent mais ne jamais totalement convaincre.

Avec 11 buts en 1066 minutes de jeu, il est pourtant très nettement plus efficace que Timo Werner (10 en 2763 minutes) ou Tammy Abraham (12 en 1516 minutes).

Comme Frank Lampard avant lui, l’entraîneur allemand ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à son sujet, le comparant à un autre joueur qu’il connaît bien, Edinson Cavani.

Match sur mesure pour Giroud

“Il mériterait d’être titulaire tout le temps !”, avait même lâché le technicien sur le site internet du club fin février. “Il s’entraîne très bien, c’est un leader dans le groupe, il a une forte personnalité. Même quand il ne débute pas il mériterait de débuter”.

L’avant-centre (105 sélections, 44 buts) sait que ses matches sur le banc sont dus à la revue des troupes que Tuchel se devait d’effectuer à son arrivée, ainsi qu’au besoin de relancer Werner et Havertz, achetés à prix d’or cet été.

Mais le match retour face à l’Atlético, où les espaces serotn aussi rares que le combat physique sera intense, semble fait pour lui.

A lui de ne pas se rater, Tuchel ayant précisément demandé mardi en conférence de presse à ses attaquants d’être “plus précis”.

“On ne pointe personne du doigt. On ne reproche rien à personne mais on dit clairement ce qui est bon et ce qu’on peut améliorer. Dans la finition, on peut clairement s’améliorer”, a-t-il ajouté.

Son absence au coup d’envoi serait un mauvais signe pour les semaines à venir, malgré sa cote d’amour auprès de Didier Deschamps.

En face de lui, il retrouvera un Thomas Lemar transfiguré, passé de “flop” à fer de lance du leader de la Liga.

Les deux premières saisons du milieu international français (22 sélections), depuis son arrivée en 2018 de Monaco pour 72 M d’EUR (record pour l’Atlético à l’époque) avaient été plutôt ternes.

Les “Colchoneros” ont même tenté de se débarrasser du joueur de 25 ans lors des deux derniers mercatos. Cette frustration a aidé Lemar à trouver le déclic.

“J’ai mis beaucoup de temps à m’adapter au système et au style de jeu de l’Atlético”, avait-il reconnu dans France Football, fin janvier.

“L’ADN” de l’Atlético

“Maintenant (…) je sens que j’ai en moi cet ADN. J’ai en moi ce fait de devoir toujours être sur tous les ballons, d’être conquérant, d’avoir toujours envie de gagner, d’être tout le temps au pressing, d’être tout le temps dans les duels, de jouer vers l’avant.”

Le champion du monde 2018, replacé dans l’axe, est devenu “intouchable” depuis janvier pour Diego Simeone, selon Marca.

“Légende”, “idole”, “le phare de Simeone”… La presse espagnole rivalise de superlatifs pour évoquer sa résurrection dans l’entrejeu madrilène en 2021.

Auteur de 2 buts et 5 passes décisives en 30 matches toutes compétitions confondues, son absence en raison du Covid-19, mi-février, avait provoqué une sérieuse baisse de régime de l’Atlético…

De quoi lui rouvrir les portes de l’équipe de France pour l’Euro, un an et demi après sa dernière sélection ?

C’est en tout cas une motivation supplémentaire pour lui: “L’équipe de France est très importante pour moi. J’avais l’habitude d’y aller. Ça m’a touché de ne plus y être (…) Mais ça m’a aussi beaucoup boosté. J’ai très envie d’y retourner, de me surpasser pour retrouver ce maillot et d’atteindre mon objectif qui est l’Euro”, a-t-il lancé dans France Football.

Cela passe par une grande performance mercredi à Londres.