C1: entre exploit et désarroi, Lyon sur un fil face à Manchester City

L’attaquant néerlandais de Lyon Memphis Depay à l’entraînement à la veille du quart de finale de C1 contre Manchester City, le 14 août 2020 à Lisbonne
Par Alexis HONTANG / © 2020 AFP

Parfois impressionnant, souvent décevant, Lyon joue sa saison à quitte ou double contre Manchester City samedi à Lisbonne (21h00): avec un exploit, l’OL jouera une demi-finale de la Ligue des champions, mais une défaite scellerait la pire année du club en plus de vingt ans.

Leur hôtel de luxe, situé dans la station balnéaire de Cascais, offre une magnifique vue sur l’océan. Mais c’est plutôt un gouffre auquel les Lyonnais font face, à l’heure d’aborder le “Final 8” de la C1.

Les hommes de Rudi Garcia vivent un exercice 2019/20 insatisfaisant au vu de leurs ambitions: septième de Ligue 1, et défait en finale de la Coupe de la Ligue par le Paris SG, l’OL risque de connaître à la rentrée sa première saison sans Coupe d’Europe depuis 1996/97.

Seul un sacre au Portugal lui éviterait ce cataclysme sportif et économique, alors que ces dirigeants prévoient un manque à gagner de 100 millions d’euros rien qu’en raison de la pandémie de coronavirus.

Battre l’une des meilleures équipes du continent, puis affronter en demies le rouleau-compresseur Bayern, qui vient d’atomiser Barcelone 8-2, avant une éventuelle finale contre le PSG ou Leipzig: la route s’annonce extrême, mais Lyon n’est jamais aussi fort que lorsqu’il est au pied du mur.

C’est l’histoire de l’OL cette saison, une bande de joueurs revanchards, dirigée par un entraîneur moqué sur les réseaux sociaux, qui savent briller quand la marée des critiques est au plus haut.

“Tout est possible”

Les Rhodaniens ont déjà survécu à une phase de poules compliquée, avec une qualification arrachée lors du dernier match contre Leipzig (2-2) en décembre. Début août, ils ont subi la foudre de Cristiano Ronaldo en 8e de finale retour (défaite 2-1 à Turin), mais en parvenant à conserver l’avantage de l’aller (1-0, le 26 février).

Cet exploit, car c’est la première fois qu’une équipe française éliminait la Juventus, a nourri la légende du roseau lyonnais, qui plie mais ne rompt pas.

“Avoir éliminé la Juventus nous a donné plus de confiance. L’appétit vient en mangeant. On a envie de rester longtemps à Lisbonne”, assure Garcia.

Depuis son arrivée en octobre, l’ancien coach de Dijon a gagné des certitudes sur sa formation, notamment sur la solidité de son 3-5-2 à vocation défensive, et l’éclosion au milieu de Bruno Guimaraes et Maxence Caqueret.

Mais contre City, l’un des favoris pour le titre, Lyon devra s’élever encore plus haut, car, même s’il a livré des performances convaincantes cet été, il a à chaque fois perdu. Avec le format du “Final 8”, un revers, même encourageant, lui sera fatal.

City libéré

Lyon avait bien brillé lors de ses dernières confrontations contre City, en phase de poules en 2018, avec un succès de prestige en Angleterre (2-1) et un nul chez lui (2-2).

“Ces confrontations nous aident mentalement. On se dit qu’on l’a déjà fait. Mais aujourd’hui, tout est différent”, remarque le milieu Houssem Aouar.

En effet, Manchester City paraît encore plus fort, revigoré par sa qualification contre le Real Madrid de Zinédine Zidane au tour précédent. L’équipe de l’entraîneur Pep Guardiola, qui n’a jamais franchi les quarts de la C1 depuis son arrivée en 2016, a atteint un pic de forme avant d’aller au Portugal.

L’interruption de trois mois provoquée par la pandémie n’a pas bouleversé sa dynamique: les “Citizens” ont même terminé en tête du classement post-“restart”, en même temps que leur maître à jouer Kevin de Bruyne bouclait sa meilleure saison sur le plan statistique (13 buts, 20 passes décisives).

La décision du Tribunal arbitral du sport (TAS), en juillet, de lever sa suspension de deux ans de toutes compétitions européennes, en raison de manquements aux règles du fair-play financier, a aussi libéré le club d’une chape de plomb.

“C’est important d’avoir battu le roi de la compétition (le Real, en 8es). Mais sur un match, tout peut arriver. Nous ne sommes pas les favoris (du tournoi)”, affirme le technicien catalan.

Manchester City semble très fort. Mais Lyon aime ce genre de situations.