C1: Dias, Silva… City et sa filière portugaise à l’assaut du Sporting

Les Portugais Joao Cancelo Ruben Dias et Bernardo Silva sacrés champions d’Angleterre avec de Manchester City, le 23 mai 2021
Par Frédéric HAPPE / © 2022 AFP

Vice-champion d’Europe, Manchester City a pris depuis quelques saisons l’accent portugais avec Ruben Dias, Joaõ Cancelo et Bernardo Silva, trois cadres qui reviennent à Lisbonne en favoris mardi (21h00) face au Sporting Portugal en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions.

Au-delà de la quête effrénée d’un trophée européen qui se refuse toujours à l’équipe de Pep Guardiola, la motivation ne sera pas difficile à trouver pour les trois joueurs estampillés Benfica, le rival local du Sporting.

Formés chez les Aigles, Cancelo et Silva n’y ont guère joué en pro avant de partir en 2014 à Valence pour l’un, Monaco pour l’autre, mais Dias avait porté 137 fois le maillot rouge quand Manchester City a déboursé près de 70 millions d’euros pour l’acheter en 2020.

Des trois, Dias est le joueur qui a eu le plus gros impact immédiat sur Manchester City en lui redonnant une solidité défensive sur laquelle il a construit son titre de champion d’Angleterre la saison passée et son avance confortable de 9 points après 25 journées.

Excellent dans la lecture du jeu et les duels, il est aussi très sûr dans la relance et dégage un calme qui rejaillit sur ses partenaires dans l’axe central, que ce soit John Stone ou Aymeric Laporte.

Il a parfois à ses côtés Cancelo, arrivé de la Juventus en 2019 pour 65 millions d’euros, un montant record pour un latéral, capable de jouer des deux côtés et même plus haut sur le terrain.

Bernardo Silva, l’invité-surprise

Après des débuts timides, il s’est progressivement imposé à gauche, éclipsant totalement Benjamin Mendyavant même les problèmes judiciaires du Françaiset Oleksander Zinchenko.

Capable de déborder, mais aussi de venir au coeur du jeu en phase de possession, la précision de ses passes des deux pieds, ainsi que sa frappe de balle, sont des armes offensives redoutables.

“Avec la façon dont on veut jouer, il avait besoin de temps (pour s’adapter) mais il a une immense qualité, c’est qu’il adore jouer au football. Quand on trouve un joueur comme ça, on a un diamant entre les mains”, a expliqué Guardiola.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si City l’a prolongé au début du mois jusqu’en 2027, alors qu’il en avait encore trois ans de contrat.

A 27 ans, après avoir erré entre Valence, l’Inter Milan et la Juventus, il atteint sa pleine maturité.

“Il n’y a pas de meilleur endroit pour jouer au football et c’est un plaisir de travailler ici”, a-t-il déclaré lors de la prolongation de son contrat et malgré l’agression dont il a été victime peu avant, lors d’un cambriolage à son domicile.

La troisième pique du trident portugais de City, l’ancien Monégasque Bernardo Silva, est un peu l’invité-surprise dans le onze mancunien, après avoir été tout près de partir cet été.

De mauvais souvenirs à effacer

A la recherche d’un vrai neuf, les Sky Blues lui avaient donné un bon de sortie qui ne s’est jamais concrétisé pour leur plus grand bonheur, tant Silva a rayonné sur le début de saison.

“Dans les petits espaces, il est incroyable”, s’est enthousiasmé dernièrement Kevin de Bruyne à son sujet. “Il me rappelle un peu David Silva (l’international espagnol devenu joueur emblématique des années 2010 avec City, NDLR)”.

Premier de sa poule devant le Paris SG, mais avec deux défaites en six matches, City comptera beaucoup sur ces trois joueurs pour vaincre le signe indien en C1.

Le déplacement au Estadio Jose Alvalade sera d’ailleurs l’occasion d’effacer le souvenir douloureux de la défaite subie en août 2020 dans la même enceinte en quart de finale de la compétition, face à Lyon (3-1), dans une édition bouleversée par la pandémie du Covid-19.

Il s’agit aussi de lancer un message au continent, près d’un an après la finale perdue contre Chelsea (1-0). C’était également au Portugal, à Porto, et Manchester City espère que sa filière lusitanienne lui permettra d’éviter de nouvelles déconvenues.