C1: de Manchester à Montevideo, comment le City Football Group veut dominer le foot mondial

Déjà sacré champion d’Angleterre et qualifié pour la finale de la C1, Manchester City est en passe de réaliser son objectif majeur, mais les ambitions du City Football Group (CFG) s’étendent bien au-delà de l’Angleterre.
/ © 2021 AFP

En atteignant la finale de la Ligue des champions, samedi à Porto contre Chelsea, Manchester City réalise un objectif majeur assigné par son richissime propriétaire émirati. Mais les ambitions du City Football Group (CFG) s’étendent bien au-delà du nord-ouest de l’Angleterre.

Récemment couronnés en Premier League, les Citizens sont le soleil de la galaxie CFG, qui regroupe dix astres sur cinq continents, de l’Océanie à l’Amérique du sud.

Avec pour but avoué d’établir “la première organisation footballistique réellement mondiale”, son président Ferran Soriano applique des recettes de franchisation parfois qualifiées de “Disneyfication” du football.

Les succès en Premier League, le plus gros marché national au monde, avec 5 titres de champion sur les 10 dernières années et peut-être un premier sacre européen imminent, ne sont que la partie immergée de l’iceberg.

Un peu partout, les investissements et le savoir-faire de CFG commencent à porter leurs fruits, sur et en dehors du terrain.

Créé il y a tout juste sept ans, Mumbai City FC est devenu champion en Inde pour la première fois de sa courte histoire cette saison, alors que le Melbourne City FCCFG aime que ses filiales aient les mêmes initiales, MCFC, que son vaisseau-amiral

, a fini en tête de la saison régulière en A-League australienne.

Des objectifs sur-mesure

En Europe, la dernière acquisition, Troyes, va remonter en Ligue 1 alors que Gérone disputera les play-offs pour la montée en Liga espagnole.

CFG ne s’attend toutefois pas à ce que toutes ses équipes obtiennent les mêmes résultats.

“Chaque club détenu par le City Football Group a des objectifs individuels, car chaque équipe est différente”, a expliqué à l’AFP Javi Noblega, directeur commercial de Montevideo City Torque, le club uruguayen de CFG.

Montevideo City Torque et le Club Bolivar, basé à La Paz, avec lequel CFG n’a conclu qu’un “partenariat”, servent d’antennes et d’aimant pour les recruteurs du groupe.

“L’idée de cette infrastructure est d’attirer les meilleurs talents en Uruguay et dans la région élargie”, a détaillé Noblega.

Ces jeunes talents peuvent être revendus soit à l’intérieur du groupe, soit en dehors.

Même si jouer un jour à l’Etihad Stadium ne paraît qu’une chimère pour l’écrasante majorité d’entre eux, l’opération peut s’avérer rapidement très lucrative.

La seule vente du milieu de terrain de Melbourne City, Aaron Mooy au club anglais d’Huddersfield en 2017, pour 11,5 millions d’euros avait rapporté plus à CFG que leur investissement de départ dans le club australien.

En associant une marque mondiale aux spécificités des marchés locaux, CFG vise à développer suffisamment les revenus commerciaux pour ne plus dépendre des subsides d’Abou Dhabi pour concurrencer les autres géants comme Manchester United, le Real Madrid ou Barcelone.

“Organisation horizontale”

CFG sait être très souple dans son approche. Au Japon, sa prise de participation minoritaire dans les Yokohama Marinos (20%), contrôlés par le géant automobile Nissan, a débouché sur un contrat de sponsoring pour toutes les équipes du groupe.

“La communication au sein du City Football Group est quotidienne et ne concerne pas que l’économique, mais aussi le marketing, la communication, le sponsoring ou d’autres secteurs”, a souligné Noblega.

“L’organisation y est très horizontale. Nous sommes en contact avec les personnes les plus importantes dans chacun de ces domaines au sein de CFG. On se sent vraiment valorisé en apprenant des meilleurs”, a-t-il assuré.

La croissance économique du groupe a rapidement fait gonfler sa valorisation.

En 2015, China Media Capital avait acquis 13% pour 400 millions de dollars (330 M EUR) et quatre ans plus tard, le fonds d’investissement Silver Lake Partners avait dû débourser 25% de plus pour seulement 10% du capital, valorisant l’ensemble à près de 4 milliards d’euros.

En 2008, le cheikh Mansour bin Zayed al Nayan n’avait déboursé “que” 210 millions de livres (245 millions d’euros) pour racheter Manchester City à l’ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, quand le club vivotait à l’ombre du géant rouge, United.

Samedi, s’ils remportent la finale, leur triomphe continental sera pour la première fois célébré partout dans un monde qu’ils ont largement quadrillé grâce à leurs franchises.