C1 dames: le Real et le Bayern veulent devenir des géants au féminin

Les joueuses du Bayern Munich opposées au Racing Louisville FC lors d’un tournoi amical de pré-saison, le 21 août 2021, dans le Kentucky
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA, Christophe BEAUDUFE / © 2021 AFP

Les Lyonnaises à Munich et les Parisiennes à Madrid: l’OL et le PSG se déplacent mercredi et jeudi en Ligue des champions féminine chez deux géants du football européen, le Bayern et le Real, bien décidés à rattraper leur retard chez les dames.

Le Real à la poursuite de Barcelone

A l’aller à Paris, le Real n’a pas résisté à la furia des Parisiennes (4-0). Mais les Espagnoles sont loin d’avoir le vécu et l’expérience de leurs homologues masculins, treize fois sacrés en C1 masculine (un record).

Le Real Madrid a même été l’un des derniers grands clubs d’Europe à se doter d’une équipe féminine. Une lacune corrigée depuis le 1er juillet 2020: le CD Tacon, une équipe de la capitale espagnole qui venait de monter en D1 l’année précédente, a été officiellement absorbée à cette date par le Real Madrid, dont elle a pris le nom, la couleur blanche et les maillots.

Objectif affiché: combler le retard sur le FC Barcelone. L’éternel rival catalan investit depuis plusieurs années dans sa section féminine, qui vient d’ouvrir son prestigieux centre de formation de la Masia aux filles pour la première fois cet été, et qui en récolte déjà les fruits: le Barça écrase la concurrence en Espagne, où il a raflé la saison dernière le championnat, la Coupe et la Supercoupe, et a même été sacré en Ligue des champions dames pour la première fois de son histoire au printemps dernier.

Le Real, lui, a attiré de grandes joueuses, à l’instar des Suédoises Kosovare Asllani et Sofia Jakobsson, nommées au Ballon d’Or et médaillées d’argent aux Jeux Olympiques avec leur sélection cet été au Japon.

“Le football féminin est un phénomène inarrêtable, et le Real Madrid doit en faire partie”, avait lancé le président merengue Florentino Pérez en 2019, lors du vote de l’absorption du Tacon.

En juin dernier, le Real a terminé 2e du championnat d’Espagne chez les dames (comme chez les hommes), s’assurant une première participation en Ligue des champions cette saison. Pour leur premier match continental, les Madrilènes ont battu le WFC Kharkiv en Ukraine 1-0. Elles ont ensuite corrigé le club islandais de Breidablik 5-0.

En Liga, le Real a néanmoins raté son début de saison, avec seulement 3 victoires en 9 matches, et pointe à une décevante 11e place au classement, à 17 points du leader, le Barça.

Munich sur les traces de Wolfsburg

En Allemagne, le géant du foot féminin est le VfL Wolfsburg, avec ses cinq finales de Ligue des champions (deux titres, 2013 et 2014) et ses six titres en Bundesliga.

Mais le Bayernqui s’est incliné 2-1 à Lyon à l’allerfut un pionnier, avec la création d’une section féminine dès 1970, juste au moment où la Fédération allemande (DFB) levait l’interdiction de jouer au football pour les femmes, formellement édictée en 1955.

Ce Bayern première version connu de grands succès, avant de retomber dans un relatif anonymat.

La renaissance date de la décennie 2010, avec trois titres de champion (2015, 2016, et la dernière édition en 2021) et deux demi-finales de Ligue des champions en 2019 et 2021. L’équipe est actuellement troisième de la Bundesliga, à un point du leader Wolfsburg.

“Partout où le FC Bayern arrive, nous voulons être les N.1. Notre but et notre ambition, c’est d’être aussi une référence en football féminin, et nous sommes sur la bonne voie”, affirmait en avril dernier le patron du club Karl-Heinz Rummenigge, juste avant de passer la main à Oliver Kahn.

“Wolfsburg a mieux réussi que nous ces dernières années, mais nous avons de grands objectifs, et nous nous appuyons sur une tradition qu’aucun autre club de première division ne peut revendiquer”, ajoutait Rummenigge.