C1 dames: Kheira Hamraoui, objectif “finale” pour l’exception française

La milieu française de Barcelone, Kheira Hamraoui (g), lors du quart de finale de la Ligue des champions contre Manchester City, à Monza, le 24 mars 2021
Par Jérémy TALBOT, avec Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA à Madrid / © 2021 AFP

Dernière Française en lice, Kheira Hamraoui touche enfin du doigt une finale de Ligue des champions, après quatre déceptions passées. A 31 ans, le “caméléon” du FC Barcelone espère enlever cette “épine plantée dans le pied” et, surtout, gagner, dimanche contre Chelsea, à Göteborg.

La N.10 blaugrana compte briser la malédiction des finales européennes, qu’elle a tutoyées à plusieurs reprises sans en disputer aucune: suspendue en 2015 avec le Paris SG, puis en 2019 avec le Barça, elle n’est pas entrée en jeu lors des sacres de 2017 et 2018 avec Lyon.

“Elle a cette épine plantée dans le pied”, d’autant qu’elle “aime se sentir protagoniste”, relève pour l’AFP David Menayo, spécialiste du foot féminin chez Marca. Pour le journaliste, l’entraîneur Lluis Cortes devrait cette fois “parier sur elle au milieu du terrain, sur son expérience et son physique”.

Blessée fin mars, tour à tour titulaire et remplaçante, Hamraoui joue davantage les premiers rôles en cette fin de saison, du fait des rotations et des absences. Celle d’Andrea Pereira, suspendue en finale, pourrait lui permettre d’être alignée dimanche dans une compétition où son profil apporte un vrai plus.

Objectif “trop ambitieux”

Au Barça, équipe rapide et technique, Hamraoui a réussi à glisser sa taille (1,79 m) dans le paysage sans briser l’harmonie générale.

“On pourrait penser qu’avec ce physique, elle est un peu maladroite, mais c’est tout le contraire, elle sait très bien jouer avec ses soutiens, elle lit très bien les matches, elle est une aide précieuse pour la défense et en plus elle aide à la création… C’est un peu un caméléon, elle s’adapte en fonction du match”, analyse David Menayo.

Pour sa coéquipière Alexia Putellas, interrogée cette semaine, la native de Croix (Nord) pourrait s’avérer précieuse en finale. “Elle apporte l’expérience que ces rencontres exigent, c’est une joueuse qui a été dans de grandes équipes, a remporté la Ligue des champions, a de la qualité et évidemment son rôle dans l’équipe est important”.

La Française, passée par Saint-Etienne (2009/12), le PSG (2012/16) et l’OL (2016/18), est arrivée il y a trois ans en Catalogne avec l’idée de remporter la Coupe d’Europe, à une époque où le Barça ne semblait pas tout à fait armé pour.

“Le jour de la signature, devant le journaliste du club qui venait recueillir ses premières impressions, elle voulait dire que son objectif était d’atteindre la finale de la Ligue des champions, et surtout la gagner avec le FC Barcelone. Il lui avait dit de ne surtout pas dire ça, parce que c’était trop ambitieux!”, s’amuse son agent Sonia Souid.

Décisive

Depuis, Hamraoui s’est montrée décisive avec le but vainqueur inscrit en demi-finale aller de l’édition 2019 contre le Bayern Munich (avant d’être exclue au retour) puis en quart de l’exercice suivant contre l’Atlético Madrid (1-0 encore).

“Récemment, elle m’a dit: +deux finales en trois ans avec le FC Barcelone, c’est beau. Mais cette fois-ci il faut qu’on la gagne+”, rapporte sa conseillère, persuadée qu’être la dernière Française en finale reste “anecdotique” aux yeux de Hamraoui.

Remporter la Coupe d’Europe sur le terrain pourrait tout de même permettre à l’internationale tricolore (36 sélections), plus convoquée depuis avril 2019, d’apaiser la douleur liée à sa mise à l’écart des Bleues, ajoute-t-elle.

“Porter le maillot de l’équipe nationale, c’est l’objectif de tout athlète, une grande fierté, donc forcément ça lui pèse. Maintenant, elle essaye de ne pas y penser tous les jours sinon elle en deviendrait vraiment malade”, relaye Souid. “Elle se concentre à 100% au FC Barcelone et ça lui tient encore plus à cœur de gagner cette Ligue des champions”.