C1 dames: Kheira Hamraoui, “battante” au parcours contrarié

La milieu française Kheira Hamraoui (N.10) exulte après avoir offert la victoire au FC Barcelone contre l’Atletico Madrid à San Mames, le 21 août 2020
Par Jérémy TALBOT, avec Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA à Madrid / © 2020 AFP

“Battante” malgré les coups durs, la Française Kheira Hamraoui s’épanouit au FC Barcelone après des expériences contrastées à Paris et Lyon. En cas de qualification mardi contre Wolfsburg en demi-finales de Ligue des champions, la milieu retrouvera l’une de ses deux ex-équipes dimanche en finale.

Une glissade sur les genoux, les bras écartés et un large sourire sur le visage: l’image de la Française triomphant après son but libérateur, vendredi en quart de finale contre l’Atlético Madrid (1-0), est à ranger dans le livre d’or d’une carrière riche en expériences, mais aussi en déceptions.

Suspendue pour la finale européenne du Barça l’an passée, la joueuse de 30 ans “avait gardé cette épine plantée dans le pied” mais avec ce but, “sa blessure a commencé à cicatriser”, a résumé Marca, journal le plus vendu d’Espagne.

L’intéressée a préféré retenir “la victoire du Barça” et livré une sentence en forme de maxime personnelle: “Ç’a été un match très difficile, mais c’est la preuve qu’il faut lutter jusqu’à la fin pour s’en sortir”.

Lutter, Hamraoui sait faire. La milieu défensive de 30 ans née à Croix, dans le Nord, a transformé chacune de ses déceptions en motivations pour l’avenir.

L’année 2019 lui a ainsi fourni son lot de contrariétés, entre la finale de C1 manquée sur suspension (après trois finales pas disputées avec le PSG en 2015 puis Lyon en 2017 et 2018 sur choix de l’entraîneur) et sa non-sélection lors du Mondial disputé en France.

Impressionnante

“Pour beaucoup d’athlètes, ça peut laisser des traces. Pour Kheira, évidemment ça fait mal mais elle va de l’avant et travaille toujours plus dur pour atteindre ses objectifs”, confie à l’AFP son agent Sonia Souid. “Même dans la difficulté, elle ne lâche rien, c’est une battante”.

Numéro 10 de Messi sur le dos, la Française s’est relancée au Barça en 2018 malgré la concurrence de Patri Guijarro et une Primera División pas forcée taillée pour elle.

“C’est une joueuse très impressionnante physiquement et les joueuses espagnoles n’ont pas forcément ce profil-là. Sur un coup d’épaule, elles tombaient et Kheira prenait un carton. Ça l’a frustrée parce qu’elle avait l’impression de ne pas pouvoir se lâcher”, raconte Souid.

L’internationale aux 36 sélections a depuis dosé son engagement et davantage mis en avant son habileté technique. Un choix gagnant.

“Elle parvient chaque année à mieux assimiler le jeu et le style si marqué qui imprègne notre club”, a relevé vendredi son entraîneur Lluis Cortes, jugeant qu’elle avait été “omniprésente” en attaque et, en défense, “rapide et vigilante sur les contre-attaques” adverses.

“Kheira apporte beaucoup”

“Au Barça, tu ne brilles pas individuellement, tu brilles avec le collectif. En ce sens, Kheira apporte beaucoup, dans le vestiaire comme sur le terrain”, complète auprès de l’AFP David Menayo, spécialiste du foot féminin pour Marca.

Pour le journaliste, l’ancienne Lyonnaise apporte “des choses que personne d’autre n’apporte dans l’effectif” et elle propose toujours une solution “quelle que soit la partie du terrain où se trouve le ballon, elle avale beaucoup de kilomètres”.

“Elle n’a pas le profil ADN du Barça, mais elle a trouvé sa place, et c’est pourquoi elle a signé une année de plus” cet été, ajoute Marc Andrés i Sanz, journaliste pour le média FutFem.cat notamment.

Pas toujours titulaire dans les grands matches, Hamraoui est en revanche souvent utilisée par Lluis Cortes dans les joutes continentales en raison de son impact physique et son expérience.

“Dans cette compétition européenne, Hamraoui a montré et continue à montrer que c’est une joueuse nécessaire au Barça, qui surgit dans les moments importants et qui, avec son apport physique, peut lutter contre des équipes plus solides comme le Bayern Munich ou Lyon”, ajoute Marc Andrés i Sanz.

David Menayo pense aussi “qu’on risque de revoir Kheira dans ce Final 8. Si elle est bien physiquement, je crois qu’elle peut avoir un rôle très important, aussi bien en demi-finale contre Wolfsburg qu’en finale, si le Barça y accède”.

Ce serait alors contre Lyon ou Paris, pour de drôles de retrouvailles.