C1 dames: formation historique et recrutement XXL, les clés du modèle OL

Les joueuses de l’OL lors d’un stage à Tignes, le 6 juillet 2020
Par Jérémy TALBOT, avec François-Jean TIXIER à Lyon / © 2020 AFP

En France comme en Europe, la section féminine de l’Olympique lyonnais a bâti son hégémonie en professionnalisant de manière précoce des fondations historiques, tournées vers la formation et renforcées par le recrutement des meilleures joueuses françaises et étrangères.

Focus sur les points forts de l’OL, avant le quart de finale de Ligue des champions samedi contre le Bayern Munich.

. Un engagement historique

Avant l’OL féminin, il y avait le FC Lyon qui était une institution du football féminin quatre fois championne de France (1991, 1993, 1995, 1998). Ce club avait déjà constitué des sections sportives dans des collèges de l’est lyonnais, à Vaulx-en-Velin et dans le 8e arrondissement de Lyon (là où est situé le club qui existe toujours).

L’OL a récupéré les droits sportifs en 2004 sur l’instigation du politicien Thierry Braillard qui a incité le président lyonnais Jean-Michel Aulas à investir sur le foot féminin.

Au moment de la fusion, l’entraîneur du FC Lyon Farid Benstiti a été conservé. Cet ancien joueur professionnel de l’OL, champion de D2 en 1989, dirige actuellement l’équipe OL Reign, filiale de l’Olympique lyonnais évoluant dans le championnat américain.

. Des moyens élevés

Si feu Louis Nicollin a été un pionnier à Montpellier, Aulas a passé la vitesse nettement supérieure avec Lyon, se positionnant comme un précurseur du professionnalisme. Il s’est débrouillé pour permettre à ses joueuses de s’entraîner quotidiennement et ne penser qu’au foot, une rareté.

“Il y a une vraie stratégie de donner les conditions au football féminin de se développer et pas seulement financières mais aussi matérielles, infrastructures, staff, médical. Ce sont des conditions qui sont à la hauteur d’un petit club professionnel de Ligue 2 en France”, expose à l’AFP Olivier Blanc, responsable de la section féminine de l’OL.

Selon ce fidèle d’Aulas, “on donne les conditions aux joueuses pour évoluer comme des pros et ce depuis 2004. Il y a eu une évolution chaque année pour optimiser toutes les conditions et dans tous les domaines”.

Financièrement, l’OL fait figure de mastodonte avec son budget annuel de 7 à 8 millions d’euros, consolidé chaque année par la dotation de Ligue des champions dont il croque la plus grande part.

Cela permet d’attirer des joueuses comme la Norvégienne Ada Hegerberg qui perçoivent l’équivalent d’un salaire moyen de Ligue 1, soit 45.000 euros mensuels environ. La capitaine Wendie Renard et Amandine Henry, avec autour de 30.000 euros hors revenus publicitaires, comptent parmi les mieux payées du monde.

. Des jeunes bien formées et des stars

A Lyon, la formation a fait la réputation du club chez les garçons comme chez les filles, qui disposent des mêmes installations de haut niveau avec “l’Academy” à Meyzieu. De la même manière, pour les matches de gala, l’équipe féminine évolue dans le Grand stade où le club fait tout pour attirer les foules, avec une affluence ayant déjà dépassé les 25.000 spectateurs.

En plus de ses jeunes pépites, comme actuellement la latérale Selma Bacha (19 ans) ou l’attaquante Melvine Malard (20 ans), l’OL a toujours cherché à recruter les meilleures de l’Hexagone, ce qui lui a régulièrement donné des airs d’équipe de France bis. Cet été encore, l’équipe s’est renforcée avec la latérale gauche Sakina Karchaoui, internationale de 24 ans (33 sélections) arrivée de Montpellier.

Aulas s’est dans le même temps payé des recrues étrangères de luxe, comme en 2005 avec la fameuse gardienne Hope Solo venue avec d’autres internationales américaines, à commencer par Aly Wagner. Toujours du côté des Etats-Unis, il y a eu aussi le passage d’Alex Morgan (2017) et celui de Megan Rapinoe (2013/14), pas toujours titulaire.

L’effectif actuel comporte un panel de vedettes internationales comme l’Anglaise Lucy Bronze, qui a toutefois indiqué à la BBC qu’elle allait quitter le club, l’Allemande Dzsenifer Marozsan et la Norvégienne Ada Hegerberg, première Ballon d’Or féminine en 2018.