C1 dames: Barça-Chelsea, finale inédite pour un sacre historique

Les joueuses de Barcelone fêtent leur victoire en demi-finale retour de la Ligue des champions contre le Paris-SG, à Sant Joan Despi, le 2 mai 2021
Par Jeremy TALBOT / © 2021 AFP

La finale de la Ligue des champions féminine dimanche (21h00) à Göteborg va sacrer pour la première fois l’armada galactique de Chelsea ou le séduisant FC Barcelone, deux clubs antagonistes attirés par le trône abandonné des Lyonnaises, quintuples championnes déchues.

En Suède, les Barcelonaises pourraient hisser l’Espagne sur le toit de l’Europe pour la première fois de l’histoire chez les filles, deux ans après leur finale perdue contre l’OL. Les Anglaises, jamais parvenues à ce niveau, essaieront d’imiter leurs voisines d’Arsenal, lauréates en 2007 à l’époque où la C1 s’appelait Coupe féminine de l’UEFA.

Dans tous les cas, le vainqueur sera inédit et il deviendra le premier club à avoir remporté la Ligue des champions masculine et féminine.

“C’est un trophée qu’on n’a pas encore gagné, donc on croise les doigts pour écrire une page d’histoire ce week-end”, déclare à l’AFP Bethany England, attaquante d’un club qui vise un doublé historique, les messieurs affrontant Manchester City deux semaines plus tard en finale de C1.

Pas qualifiées la saison dernière, les Londoniennes réalisent une saison de feu sur le Vieux Continent, où elles ont éliminé Wolfsburg et le Bayern Munich, comme sur le plan domestique.

En Championnat, elles ont en effet conservé leur titre dimanche, avec une seule défaite au compteur, en ayant à la fois la meilleure défense (10 buts) et la meilleure attaque (69 buts), avec la meilleure marqueuse (Sam Kerr, 21 buts) et la co-meilleure passeuse décisive (Fran Kirby, 11 passes).

Recrues XXL vs. stabilité

Encore amateur à son arrivée en 2012, Chelsea s’est transformé ces dernières années sous l’impulsion de la coach Emma Hayes, sacrée cinq ans plus tôt en C1 en tant que membre du staff d’Arsenal, dernière équipe non française ou allemande à avoir été championne d’Europe.

Pour arriver jusqu’au stade Gamla Ullevi de Göteborg, le club a investi massivement dans sa section féminine avec le recrutement clinquant de l’Austalienne Sam Kerr puis de Pernille Harder, arrivée en début de saison de Wolfsburg.

A Londres, l’attaquante danoise élue deux fois meilleure joueuse UEFA (2018 et 2020) a rejoint sa compagne Magdalena Eriksson, capitaine suédoise de Chelsea, et une flottée d’autres internationales comme l’Allemande Melanie Leupolz, la Canadienne Jessie Fleming et la Sud-Coréenne Ji So-yun.

Pour Bethany England, cette stratégie offensive a payé car Emma Hayes “est très douée pour apporter le genre de personnalités dont l’équipe a besoin. Nous sommes un groupe très équilibré d’individualités qui, collectivement, forment une grande équipe”, dit-elle à l’AFP.

Face à Chelsea, le Barça du jeune entraîneur Lluis Cortes présente un visage bien différent, patiemment construit en s’appuyant sur une majorité de joueuses espagnoles, agrémentée d’une pincée d’internationales étrangères.

Barça en pleine confiance

“On n’a pas acheté de joueuses cet été, c’est peut-être aussi ce qui nous différencie des autres. Ce qui pouvait nous porter préjudice nous avantage finalement. Il y a une synergie entre le staff et les joueuses, on est dans un engrenage très positif”, saluait le technicien catalan de 34 ans après la qualification en finale obtenue contre le Paris SG.

A titre d’exemple, la gardienne Sandra Paños et la milieu Patri Guijarro évoluent depuis 2015 au Barça, la capitaine Vicky Losada est revenue en 2016 dans son club formateur, aux côtés des historiques Alexia Putellas (2012) et Marta Torrejón (2013), et l’actuelle co-meilleure buteuse de C1 Jenni Hermoso (6 buts) a fait son retour il y a deux ans.

Quant à la milieu Aitana Bonmati, au club depuis 2012, cette ancienne “joueuse de l’équipe réserve est désormais titulaire en Ligue des champions”, fait remarquer Cortes.

L’entraîneur aux deux finales en trois ans peut néanmoins toujours compter sur la Néerlandaise Lieke Martens, la Française Kheira Hamraoui ou encore la Norvégienne Caroline Graham Hansen, dernière pointure recrutée à l’été 2019.

Cet attelage réussi arrive à Göteborg en pleine confiance, une semaine pile après avoir scellé son sacre en Espagne à huit matches de la fin du championnat, avec des statistiques incroyables: 26 victoires en 26 journées de Liga, 128 buts marqués et seulement 5 encaissés.