C1: ciel dégagé pour le PSG avant l’heure de vérité

Mission accomplie pour le PSG, large vainqueur des Turcs de Galatasaray au Parc des Princes, le 11 décembre 2019
Par Yassine KHIRI / © 2019 AFP

En rendant utile un match sans enjeu, Paris s’est offert de belles perspectives en Ligue des champions: le PSG a retrouvé des couleurs contre Galatasaray (5-0), à l’image de Neymar, qui revient à son meilleur niveau avant l’heure de vérité, celle de la phase finale.

Depuis le nul miraculeux arraché à Madrid (2-2) fin novembre, Paris n’a cessé de décevoir dans le jeu, entre un match insipide contre Nantes (2-0) et un succès arraché dans le dernier quart d’heure à Montpellier (3-1).

Une insuffisance chronique sauvée par les exploits individuels de ses cracks Neymar, Kylian Mbappé ou Angel Di Maria. De quoi s’interroger sur les capacités réelles du club parisien à enfin passer le cap des 8es de finale en 2020, malgré un 1er tour européen presque parfait.

Mais dans le sillage d’un “Ney” enfin tourné vers le collectif, les joueurs parisiens ont profité de l’ultime journée de C1 en 2019 pour montrer qu’ils étaient bien armés sur tous les plans pour affronter Tottenham, l’Atlético Madrid, Naples, Dortmund, Chelsea, ou l’Atalanta Bergame en février prochain.

. Neymar, le chemin de la rédemption

Si les motifs d’espérance d’un avenir radieux sont devenus d’un coup aussi fort, Paris le doit autant à la faiblesse de son adversaire turc qu’à la prestation de son N.10 brésilien, auteur de son meilleur match de la saison.

De nouveau irrésistible sur le terrain, Neymar a presque réussi à faire oublier quatre derniers mois pollués par ses envies de départ et les blessures, en étant à l’origine des cinq buts parisiens.

Davantage que sa maestria balle au pied, son plus beau geste de la soirée est intervenu en fin de match quand, grand seigneur, il a laissé le penalty provoqué par Mbappé être transformé par Edinson Cavani, l’idole cantonnée aux seconds rôles, sous les vivats d’un Parc des Princes conquis.

Un geste politique en forme de “happy end” pour le fameux “penaltygate”, source de tension entre les deux stars parisiennes depuis 2017, conclue par une accolade appuyée synonyme d’union sacrée autour du “Matador”.

“Inoubliable (de) voir et vivre ce qu’il s’est passé (mercredi) au Parc. Ce sera gravé en moi éternellement”, a écrit Cavani, visiblement très touché, jeudi sur son compte Twitter.

“La seule chose qui lui manquait, c’était de marquer. Comme ça il a pu marquer et tout le monde repart heureux”, a confié Neymar au micro de RMC Sport, après le match.

“C’est un beau geste de sa part, je suis très heureux car je l’ai toujours dit : c’est un gars au grand coeur”, a encore salué son entraîneur Thomas Tuchel. “Le défi, c’est qu’il le montre à tout le monde. J’espère que ce sera un symbole pour l’équipe et cette saison”.

. Nouvelle formule à venir ?

Privé de la moitié de son équipe titulaire, entre les forfaits de Presnel Kimpembe, Idrissa Gueye, Thomas Meunier et le soucis de laisser au repos les éléments les plus utilisés comme Di Maria, Marco Verratti ou Keylor Navas, Thomas Tuchel en a aussi profité pour tester un nouveau schéma tactique.

L’idée ? Mieux puiser dans son incroyable arsenal offensif avec quatre joueurs tournés vers l’attaque, contre trois dans le système privilégié cette saison, et donner du temps de jeu aux habituels remplaçants.

Un pari réussi, destiné à être reconduit à l’avenir ? “On peut continuer à jouer en 4-4-2 seulement si tout le monde est prêt à défendre ensemble et à fermer les espaces. Si on fait ça, nous sommes très dangereux ainsi. C’est donc la responsabilité des joueurs”, a-t-il prévenu.

Mieux, le tacticien allemand s’est découvert une nouvelle solution au milieu avec le jeune Tanguy Kouassi (17 ans), alors que le Napolitain Allan est annoncé comme un renfort possible lors du prochain mercato d’hiver.

“Je dois dire, honnêtement, que j’attendais une performance comme ça parce que je le vois à chaque entraînement et il est top”, s’est félicité Tuchel.

De quoi satisfaire Marquinhos, vice-capitaine prêt à dépanner en sentinelle même s’il préférerait évoluer en défense centrale, son poste de prédilection. Une nouvelle preuve qu’un cercle vertueux est enclenché à tous les niveaux ?