C1: Celades ou l’improbable gestion à la valencienne

L’entraîneur de Valence Albert Celades au stade Mestalla le 2 octobre 2019, avant le match de Ligue des champions face à l’Ajax Amsterdam.
/ © 2019 AFP

Propulsé entraîneur de Valence après le retentissant limogeage de Marcelino, Albert Celades a hérité d’un vestiaire défiant et d’une tâche ardue: stabiliser un club à la gestion souvent erratique tout en brillant en Ligue des champions, avec un déplacement mercredi à Lille (21h00/19h00 GMT).

Très apprécié des supporteurs, son prédécesseur Marcelino Garcia Toral avait pour lui d’avoir gagné en mai dernier la Coupe du Roi face au grand Barcelone (2-1) et d’avoir qualifié le club “che” pour la C1 avec une quatrième place en Liga.

Mais à la surprise générale, l’entraîneur asturien a été débarqué début septembre en raison d’un conflit avec sa direction, en particulier Peter Lim, le très interventionniste propriétaire du club.

Selon la version donnée par Marcelino, Lim lui aurait enjoint en cours de saison de faire l’impasse sur la Coupe du Roi, “compétition mineure” à ses yeux, pour viser en priorité la lucrative qualification pour la Ligue des champions. L’entraîneur ayant refusé, avec raison d’ailleurs, le magnat singapourien a fini par le destituer pour le remplacer par Celades, jeune technicien dont c’est la première expérience d’entraîneur principal en club.

Instabilité chronique

“Je vais essayer de mériter le respect de tout le monde en travaillant de la meilleure des manières”, a promis en conférence de presse le Catalan (44 ans), recruté jusqu’en 2021.

Certes, le nouvel entraîneur valencien a pour lui d’avoir dirigé l’équipe d’Espagne Espoirs entre 2014 et 2018, puis brièvement épaulé l’ex-sélectionneur Julen Lopetegui comme adjoint au Real Madrid (2018). Il a aussi dans son bagage une riche carrière de joueur, passé par le Barça, le Real et prêté une saison à Bordeaux en 2003-2004.

Mais Celades est un nouvel exemple de l’instabilité chronique qui agite Valence: sept entraîneurs différents en cinq ans depuis le rachat du club par Lim en 2014…

Dès son arrivée, Celades a dû gérer un psychodrame, avec des joueurs opposés au départ de Marcelino. Ces derniers ont ostensiblement refusé d’assister à la traditionnelle conférence de presse de veille de match, pourtant obligatoire, avant d’affronter Chelsea mi-septembre en C1.

“Un changement d’entraîneur n’est jamais facile, d’autant plus quand c’est de cette façon”, a reconnu Celades.

La victoire le lendemain à Stamford Bridge (1-0) a permis de calmer un peu les esprits et le capitaine Dani Parejo a assuré que l’effectif était désormais avec Celades “jusqu’à la mort”.

Menaces de mort

Mais ce n’est pas la meilleure manière de débuter un mandat, d’autant qu’une déroute 3-0 à domicile contre l’Ajax Amsterdam a suivi lors de la deuxième journée de C1.

Symbole de la tension qui entoure le club, le président Anil Murthy a été filmé début octobre en tribune d’honneur au stade Mestalla un doigt sur la bouche, comme pour demander aux bouillants supporteurs de se tairelors de la réception d’Alavés (2-1). Le club a ensuite fait état de menaces de mort adressées à Murthy, homme de confiance de Lim, sur son téléphone mobile.

Ce n’est pas le contexte idéal pour préparer des échéances cruciales comme le match à Lille mercredi. Mais l’équipe semble faire corps autour de Celades, comme l’a montré le bon nul arraché in extremis contre l’Atlético Madrid samedi en Liga (1-1).

“C’est compliqué, il y a eu des choses qui se sont passées dans le club”, a résumé samedi l’attaquant français Kevin Gameiro.

“A nous de travailler avec le coach, tous ensemble, pour trouver un équilibre et confirmer ce qu’on a fait la saison dernière. Cela fait peu de temps que le nouveau staff est arrivé, ils sont en train de mettre leurs idées en place tout doucement”, a-t-il plaidé, réclamant du temps pour permettre à Albert Celades et à Valence d’arriver à leurs fins.