C1: Camavinga, grandir dans l’ombre de Modric au Real

Le jeune milieu du Real Eduardo Camavinga progresse avec le ballon sous les yeux de l’expérimenté Luka Modric lors d’un match de Liga contre le Celta Vigo à Santiago Bernabeu, le 12 septembre 2021
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Après des débuts tonitruants au Real Madrid, Eduardo Camavinga prend peu à peu ses marques dans l’ombre de Toni Kroos et de Luka Modric au sein du club merengue, qui affronte le Sheriff Tiraspol mercredi (21h00) pour sceller sa qualification pour les huitièmes de finale de Ligue des champions.

Feu d’artifice ou pétard mouillé? Auteur d’un but et d’une lumineuse passe décisive dès ses deux premiers matches au Real mi-septembre, la pépite française de 17 ans n’a plus été décisive depuis lors… mais continue son apprentissage, dans l’ombre du Ballon d’Or 2018, Luka Modric.

Camavinga est resté sur le banc lors des derniers grands rendez-vous des Madrilènes, que ce soit lors du clasico remporté 2-1 au Camp Nou face au Barça fin octobre, ou lors du match primordial à domicile contre le Shakhtar Donetsk en C1, début novembre (2-1), alors que les Merengues étaient sous pression après la défaite à l’aller face au Sheriff.

Mercredi à Tiraspol, le Real, demi-finaliste de l’édition précédente (défait 1-1, 2-0 par le futur vainqueur, Chelsea), pourrait sceller sa qualification pour les huitièmes de finale en cas de victoire. Et Camavinga risque encore de débuter comme remplaçant.

Trop d’engagement

C’est le prix à payer pour un joueur transféré de Rennes vers la capitale espagnole dans les dernières heures du dernier mercato estival en échange d’environ 31 M EUR, et qui doit peaufiner son jeu dans l’ombre d’icônes du club comme Toni Kroos ou Luka Modric.

“J’ai été surpris, ce sont des joueurs humbles. Ils m’ont mis directement à l’aise. Ils ont même commencé à me faire des blagues. Même si je ne parle pas trop espagnol, c’était fun. Luka (Modric) et Karim (Benzema), ils m’appellent avec un autre prénom. C’est un secret, je ne vais pas le dire, mais ça veut dire que je suis déjà bien intégré”, a-t-il confié à l’AFP début octobre à Brest, avec l’équipe de France espoirs.

Mais fin octobre, les premières critiques sont arrivées dans la presse espagnole. Le jeune Tricolore s’est vu reprocher de mettre souvent trop d’engagement dans ses interventions défensives.

Il totalise déjà quatre cartons jaunes en moins de 400 minutes de jeu en Liga, le dernier datant du 27 octobre contre Osasuna. Résultat: au prochain avertissement, il sera suspendu en championnat.

“Solution” du futur

Heureusement, la camaraderie adoucit les critiques et son temps de jeu réduit. Et les commentaires de son entraîneur Carlo Ancelotti aussi.

“Il n’y a pas grand chose à dire. (Kroos et Modric) jouent à un niveau très élevé, ils restent les meilleurs milieux de terrain du monde pour moi. La dynamique de ces trois-là (avec Casemiro) me surprend toujours, ils font des choses que je ne leur ai pas demandées mais qui leur viennent de manière naturelle”, a encensé Ancelotti dimanche après la victoire écrasante du Real 4-1 à Grenade, qui a permis aux Merengues de reprendre la tête du championnat d’Espagne.

“Ils étaient le passé de ce club, ils en sont le présent, et dans dix ans, on verra… On doit commencer à réfléchir à des solutions… Même si on en a déjà au sein du club, avec Camavinga, (Fede) Valverde et (Antonio) Blanco”, a glissé +Carletto+.

Bien que Kroos et Modric, à respectivement 31 et 36 ans, restent les options N.1 du Real au milieu, Camavinga, 19 ans seulement, a toujours sa carte à jouer. Et les mots de son entraîneur italien laissent présager un avenir radieux pour le diamant formé à Rennes, dans la lignée des trajectoires de l’Allemand et du Croate, devenus des légendes du club.