C1: Benjamin Mendy ne veut plus être intermittent

Le latéral gauche Benjamin Mendy inscrit un but contre Burnley, le 28 novembre 2020 à domicile
Par Frédéric HAPPE / © 2020 AFP

Après trois saisons pourries par les blessures, Benjamin Mendy semble avoir une chance de remettre sur les rails une carrière en pointillés avant d’affronter Marseille mercredi (21h00) en Ligue des champions. Peut-être sa dernière opportunité à Manchester City, malgré le soutien de Pep Guardiola.

S’il est titulaire contre l’OM, club où il s’était révélé entre 2013 et 2016, Mendy ne débutera que son 10e match de C1 sur les 35 disputés par les Anglais en trois saisons et demi.

Ce serait également son 62e match, toutes compétitions confondues, sous le maillot bleu ciel, alors que son équipe s’apprête à jouer sa 185e rencontre depuis son arrivée en 2017.

Un retour sur investissement calamiteux pour City qui avait déboursé 52 millions de livres (près de 60 M EUR) pour l’arracher après une saison seulement à Monaco, faisant à l’époque du latéral gauche le défenseur le plus cher de l’histoire.

Depuis sa rupture des ligaments croisés en 2017, Mendy a passé plus de temps à soigner ses genoux et des ennuis musculaires qu’à taper dans un ballon.

“C’est mon heure”

Mais à 26 ans, un âge où sa carrière arrive à un tournant, le joueur espère laisser derrière lui ces années de souffrance et montrer un autre visage.

Emboîtant le pas de nombreux footballeurs qui n’hésitent plus à s’engager pour des causes importantes, il s’est ainsi impliqué dernièrement dans une campagne contre la pollution des océans aux côtés du navigateur Yvan Bourgnon et de son ONG Sea Cleaners (les nettoyeurs de la mer).

Sur le terrain aussi, il s’était engagé fin juin sur le site du club a se montrer digne de “la façon dont Manchester City, le staff, les joueurs m’ont soutenu, m’ont aidé, m’ont poussé” en leur rendant “le vrai Mendy”,

Lors de la reprise du championnat en fin de saison dernière, il avait pu prendre part à huit matches sur les 15 disputés par son équipe après avoir travaillé dur pendant le confinement.

“C’est mon heure”, avait-il clamé, espérant entamer sa “meilleure période avec Manchester City”.

Il a intérêt à tenir parole car, en dépit des deux ans et demi de contrat qu’il lui reste, la patience des Cityzens risque de s’épuiser.

Suite à une nouvelle blessure musculaire en début de saison, qui lui a fait rater sept matches, le Portugais João Canceloplutôt arrière droit de métiera assuré un intérim bien plus convaincant que Fabian Delph, Danilo, Oleksandr Zinchenko ou Angelino ces dernières années.

Le recrutement de Nathan Ake, défenseur international néerlandais principalement axial, mais capable de jouer à gauche, montre aussi que City attend avant de croire réellement à sa renaissance.

Des opportunités à saisir

Quand il est en forme, il bénéficie encore de la confiance totale de Guardiola, qui apprécie son dynamisme vers l’avant et le danger que créent ses centres puissants.

Dès qu’il l’a pu, il l’a titularisé en Grèce contre l’Olympiakos (1-0), puis à nouveau face à Burnley (5-0) et contre Fulham (2-0) en championnat, avec une petite pause sur le banc à Porto.

Mendy en a même profité pour marquer son premier but depuis mars 2017, d’une jolie volée croisée, sur un caviar de Kevin De Bruyne, pour la troisième réalisation des siens contre Burnley.

“C’est important pour nous qu’il soit en bonne santé mais la dernière chose que j’attends de lui, c’est qu’il marque des buts”, l’avait gentiment ramené sur terre Guardiola après le match.

“Je veux qu’il défende bien et soit en forme et concentré. C’est ce que tout le monde attend de +Benji+”, avait poursuivi “Pep”.

Avec la blessure de Lucas Digne, qui avait effectué une excellente entame de saison avec Everton, mais qui sera absent pour deux ou trois mois, une opportunité vient aussi peut-être de s’ouvrir pour revendiquer un des 23 tickets pour l’Euro avec les Bleus.

Autant d’opportunités à saisir par Mendy, mais “tout dépend de lui”, a glissé Guardiola.