C1: Barça-Bayern, mêmes espoirs sans les gros sous

Les joueurs du Barça à l’entraînement à Sant Joan Despi le 13 septembre 2021
Par Christophe BEAUDUFE, Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Un an après le terrible 8-2 encaissé par Barcelone, le Barça et le Bayern Munich se retrouvent mardi (21h00) en Ligue des champions après un été sage mais des ambitions inchangées, pour un choc qui comptera un grand absent: Lionel Messi.

Messi est parti, Antoine Griezmann aussi, et le club catalan, lourdement endetté, n’a pu lutter avec les plus gros portefeuilles européens lors du mercato estival… mais les Barcelonais visent toujours le sommet continental.

Plus d’un an après l’historique 8-2 subi à l’été 2020 en quart de finale de C1 à Lisbonne, qui avait poussé Messi à demander une première fois à quitter le club, le Barça s’est métamorphosé.

Exit les Luis Suarez, Messi, Griezmann, Arturo Vidal et consorts. Le club blaugrana a dû dégraisser son effectif pour libérer de la masse salariale et commencer à éponger sa dette s’élevant à 1,35 milliard d’euros.

Projet basé sur les jeunes

Et désormais, le projet blaugrana est basé sur ses jeunes: Frenkie De Jong, Ousmane Dembélé, Ansu Fati, Pedri, Sergiño Dest, Eric Garcia, Ronald Araujo… Tous ces titulaires ont moins de 25 ans et s’affirment comme le fil rouge du projet de Koeman.

“Ce n’est pas seulement Pedri. Il y a quatre ou cinq autres joueurs de 18 ou 19 ans qui seront des joueurs fantastiques pour ce club dans les trois ou quatre prochaines années”, a confié Ronald Koeman à la chaîne de télévision néerlandaise NOS, dimanche.

“On n’est pas favoris en Ligue des champions”, a reconnu la recrue Sergio Agüero sur la radio catalane RAC1, vendredi. “Mais les adversaires nous respectent. Même quand je jouais contre un Barça affaibli, on disait toujours +Le Barça, c’est le Barça…+. Personne ne nous attend en Ligue des champions, mais attention…”

Certes, le Barça a enregistré les arrivées non négligeables d’Agüero (pour l’heure absent sur blessure), Eric Garcia, Luuk de Jong et surtout Memphis Depay, qui a déjà conquis le Camp Nou en trois journées de Liga… mais difficile de faire oublier le départ de la superstar argentine Lionel Messi au Paris SG.

Pour la première fois depuis près de 17 ans, le FC Barcelone va ainsi commencer une campagne européenne sans son légendaire N.10. Un petit saut dans l’inconnu pour lui. Mais une manière, peut-être, de tourner plus facilement la page du 8-2 subi face au Bayern.

“On ne peut rien faire”

Côté bavarois, l’inflation des indemnités de transferts cet été en Europe a fait grincer quelques dents.

“La situation n’est pas facile, quand on voit ce que certains clubs sont capables d’investir”, avait admis en juillet Hasan Salihamidzic, le directeur sportif chargé de remuscler l’effectif après les départs notamment de David Alaba et Jérôme Boateng.

“Contre certaines puissances financières, on ne peut rien faire en ce moment”, ajoutait-il, désabusé, pointant notamment le Paris SG, Manchester United ou Chelsea, alors que le Bayern prévoit une perte de chiffre d’affaires de 150 M EUR à cause du Covid-19.

Reste qu’avec les arrivées des joueurs de Leipzig Marcel Sabitzer (15 M EUR), Dayot Upamecano (42,5 M EUR) et l’éclosion de Jamal Musiala au plus haut niveau, le “Rekordmeister” n’a pas forcément perdu en qualité.

Vingt-cinq autres millions d’euros ont été dépensés pour faire venir l’entraîneur Julian Nagelsmann, de Leipzig également.

Fidèles à la philosophie qui les guide depuis des décennies, les Bavarois misent plus sur la continuité et l’esprit “maison” que sur des “coups” médiatiques dans le recrutement.

L’attaque, avec Robert Lewandowski, Thomas Müller, Serge Gnabry, Kinsgley Coman et Leroy Sané, reste non seulement l’une des meilleures d’Europe, mais aussi l’une des plus rodées, avec plusieurs saisons de vécu commun. Et la charnière du milieu Joshua KimmichLeon Goretzka est aussi de classe mondiale.

“Bien sûr que nous pouvons remporter la Ligue des champions avec cet effectif”, assure le patron du club Oliver Kahn.

A condition toutefois, aurait-il pu nuancer, que les blessures épargnent les stars. Car si l’équipe-type est en effet compétitive au plus haut niveau, la profondeur de banc peut souffrir de la comparaison en fin de saison face aux cadors parisien ou anglais aux finances illimitées.