Le milieu américain de Chelsea Christian Pulisic buteur contre Watford en Premier League, le 2 novembre 2019 à Watford
Par Frédéric HAPPE / © 2019 AFP

Après avoir portĂ© comme un boulet les 64 millions d’euros de son transfert, l’AmĂ©ricain Christian Pulisic rentabilise enfin son temps de jeu au sein de l’attaque hyper-concurrentielle de Chelsea, opposĂ© mardi Ă  l’Ajax en Ligue des champions (21h00 heure française).

“Christian Pulisic, c’est l’Ă©tiquette avec son prix dessus”, avait rĂ©sumĂ© dĂ©but octobre Frank Lampard, harcelĂ© de questions sur le faible temps de jeu de la nouvelle petite merveille des Blues.

Avec ses quatre buts sur les deux derniers matches de championnat et une passe dĂ©cisive qui a offert un succès capital Ă  Chelsea Ă  l’aller contre l’Ajax, Pulisic semble enfin donner sa pleine mesure.

Le jeune AmĂ©ricain (21 ans) Ă©tait très attendu Ă  Stamford Bridge: il a Ă©tĂ© recrutĂ© en janvier en prĂ©vision d’un dĂ©part d’Eden Hazard (transfĂ©rĂ© au Real Madrid), juste avant l’entrĂ©e en vigueur de l’interdiction de recruter qui frappe le club londonien jusqu’en fĂ©vrier 2020, puis laissĂ© Ă  Dortmund jusqu’au terme de la saison.

Parti Ă  16 ans des États-Unis pour le centre de formation du club allemand, Pulisic a nĂ©anmoins toujours Ă©tĂ© attirĂ© par l’Angleterre: Ă  l’âge de 7 ans, il y avait passĂ© une annĂ©e et dĂ©couvert la culture foot Ă  l’europĂ©enne.

Coup de mou en septembre-

Si le Manchester United de JosĂ© Mourinho s’Ă©tait un temps intĂ©ressĂ© Ă  Pulisic, le milieu offensif a fini par sauter le pas en rejoignant Chelsea.

“Mark (son père) n’aimait pas (Mourinho)”, a racontĂ© Robin Walker, entraĂ®neur des moins de 8 ans de Brackley Town oĂą a jouĂ© Pulisic enfant. “Il n’aimait pas son style de jeu, la façon dont il faisait les choses et voilĂ . C’est probablement la raison pour laquelle il (Christian Pulisic) n’est pas allĂ© Ă  United”, a-t-il dit au quotidien The Times.

Avec Lampard, le courant est vite passĂ©, en vertu d’un projet basĂ© sur le pressing, un jeu de passe Ă  la fois Ă©laborĂ© et vertical, mais aussi beaucoup de jeu sur les ailes.

Peut-ĂŞtre pour impressionner le nouvel entraĂ®neur, Pulisic ne s’est accordĂ© qu’une semaine de vacances après la Gold Cup disputĂ©e avec les États-Unis, pour partir en tournĂ©e au Japon avec son nouveau club.

Un choix qui explique peut-ĂŞtre son coup de mou physique de septembre oĂą il n’a jouĂ© qu’un match, de Coupe de la Ligue, contre une D4, Grimsby Town.

“Captain America”

“Il a montrĂ© de très belles choses en prĂ©-saison, de bonnes choses au dĂ©but de la saison, mais ce qu’il doit faire, comme tous les joueurs, c’est atteindre un certain niveau quotidiennement Ă  l’entraĂ®nement, ce qui conditionne mes choix”, a prĂ©venu Lampard.

Capable de jouer des deux pieds et d’Ă©voluer sur tout le front de l’attaque, Pulisic affiche une polyvalence apprĂ©ciable mais qui l’expose Ă  la concurrence de nombreux joueurs comme Willian, Callum Hudson-Odoi, Pedro ou Mason Mount, l’enfant du club qui a explosĂ© en tout dĂ©but de saison.

Mais si Pulisic est surnommĂ© “Captain America” par ses coĂ©quipiers, c’est davantage pour sa tĂ©nacitĂ© que pour son physique: 1,73 m pour 70 kilos.

“Le facteur le plus important pour moi, c’est que quand il prenait un coup, il se relevait. Ă€ cet âge, les enfants roulent par terre et pleurent, mais lui se relevait. Il Ă©tait très rĂ©silient”, a racontĂ© Robin Walker, qui l’a entraĂ®nĂ© enfant.

“Travaille plus dur que tes coĂ©quipiers tous les jours”, prĂ´nait une citation de LeBron James que Pulisic avait affichĂ©e sur la porte de son appartement Ă  Dortmund.

L’AmĂ©ricain a suivi ce mantra. Et avec encore 14 matches au programme des Blues d’ici au 1er janvier, en commençant par le match contre l’Ajax mardi en Ligue des champions, Christian Pulisic a l’occasion de justifier l’investissement consenti par Chelsea.