C1: avant Rennes, Séville attend toujours le meilleur Rakitic

Le milieu croate de Séville, Ivan Rakitic (d), au duel avec le milieu italien de Séville, Jorginho, lors du match de groupes de la Ligue des champions à Londres, le 20 octobre 2020
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2020 AFP

Après le Barça, le contrecoup? Son bail à Barcelone s’étant terminé en queue de poisson, Ivan Rakitic est revenu avec soulagement à Séville, mais le vice-champion du monde croate tarde à retrouver son meilleur niveau avant d’affronter Rennes mercredi en Ligue des champions (21h00).

De retour dans son club de coeur presque gratuitement (pour 5 ans et 1,5 M EUR + 9 en bonus) pour pallier le départ d’Ever Banega vers Al-Shabab en Arabie Saoudite, Rakitic (32 ans) a été accueilli comme le Messie par les supporters début septembre… mais le meneur de jeu tarde à convaincre sur la pelouse.

L’histoire, pourtant, était belle: adoré par tout un club, Rakitic est lui aussi amoureux de Séville, là où il a rencontré sa femme Raquel Mauri et où il a commencé à se forger un palmarès international pendant trois saisons (2011-2014), remportant la Ligue Europa 2014.

Même en Catalogne, Rakitic n’a cessé de multiplier les preuves d’amour envers le club andalou. Le dernier en date: interviewé à la télévision espagnole le soir d’un nouveau sacre de Séville en C3 le 21 août dernier, peu avant minuit, Rakitic, sur sa terrasse, n’a pas hésité à plonger tout habillé dans sa piscine en direct pour célébrer la victoire sévillane.

Idylle émoussée

Mais après sept matches depuis le début de saison, l’idylle est un peu émoussée. Rakitic “a fait naître des doutes en raison de son rendement sur le terrain”, a souligné le quotidien sportif andalou Estadio Deportivo.

“Le N.10 de Séville a manqué de rythme et d’adaptation pour se fondre immédiatement dans l’équipe. Avec Barcelone, il jouait à une autre vitesse, et cela constitue peut-être son talon d’Achille”, a résumé le média sportif andalou El Desmarque.

Rakitic, qui a annoncé le 21 septembre prendre sa retraite internationale à 32 ans (106 sélections, 15 buts avec la Croatie), a certes provoqué un penalty (13e) contre le Bayern Munich en Supercoupe d’Europe (2-1 a.p.), pour son premier match depuis son transfert à Séville.

Dans la foulée, il a également marqué le troisième but d’une victoire déjà scellée chez le promu Cadix (3-1), lors du premier match de la saison 2020-2021 des Sévillans en Liga, le 27 septembre.

Mais hormis de fugaces aperçus de son talent, il n’a pas montré son meilleur visage. Et la critique s’est accentuée.

“Les évaluations personnelles de mes joueurs, je ne les fais pas en public”, a balayé l’entraîneur de Séville Julen Lopetegui en conférence de presse avant le match à Chelsea, la semaine dernière (0-0) pour la première journée de Ligue des champions.

“Nous sommes très heureux qu’Ivan soit parmi nous. Il est en train d’apprendre à nous connaître, et nous de même. Il va nous aider durant la saison, je n’ai aucun doute là-dessus”, a assuré le technicien basque.

Adaptation difficile

A Londres, d’ailleurs, Ivan Rakitic a signé son meilleur match depuis son retour. Il a offert un pressing haut et a montré de l’engagement dans les tâches défensives.

Mais la transition n’est pas simple: le milieu de terrain passe du jeu tout en contrôle du Barça à la débauche d’énergie et aux débordements latéraux permanents exigés par Lopetegui à Séville.

Après avoir débuté 48 matches comme titulaire lors de la saison 2018-2019 au Barça, Rakitic est retombé à 22, moins de la moitié, la saison dernière. Depuis qu’il a retrouvé les couleurs rouge et blanc du Séville FC, le Croate a été titulaire à tous les matches.

Même si Rakitic retrouve suffisamment de coffre pour tenir une saison à ce rythme, les fans doivent se faire à l’idée: leur chouchou ne marquera peut-être plus les 12 buts inscrits en Liga lors de l’année la plus prolifique de sa carrière en 2013-2014 sous les ordres d’Unai Emery.

Reste que le Croate polyglotte, né en Suisse et passé par l’Allemagne, est l’un des rares membres de l’équipe andalouse à compter une C1 à son palmarès, conquise en 2015 avec Barcelone. Une expérience précieuse mercredi face aux néophytes rennais…