C1: à la Juventus, Dybala n’a pas encore fait oublier Ronaldo

Paulo Dybala, alias la “Joya”, grand artisan de la victoire de la Juventus sur le Genoa en Serie A, le 5 décembre 2021 à Turin
Par Anthony LUCAS / © 2021 AFP

Paulo Dybala tarde à répondre aux immenses attentes au sein d’une attaque de la Juventus Turin peu en verve, et orpheline de Cristiano Ronaldo et de ses plus de 30 buts annuels.

Au cœur de l’été, alors que CR7 était encore turinois (pour quelques semaines), l’entraîneur Massimiliano Allegri avait souligné combien l’Argentin serait central.

“J’attends beaucoup de lui. Cette année, il a la possibilité de se rattraper de la dernière saison” perturbée par plusieurs blessures, avait affirmé “Max”, revenu sur le banc deux ans après la fin d’un premier bail de cinq ans (et cinq scudetti).

“Il est à l’âge de la maturité. J’avais laissé un jeune, j’ai retrouvé un homme”, avait-il ajouté lors de sa présentation à la presse, faisant au passage de Dybala, 28 ans, le nouveau vice-capitaine de Giorgio Chiellini.

Le départ, fin août de Ronaldo pour Manchester United, seulement compensé par le retour de Moise Kean, n’a fait que confirmer l’importance toujours plus grande accordée à la “Joya” (le “bijou” en espagnol).

Le pari était de retrouver le Dybala de ses trois premières années turinoises, celles où il a été le plus efficace (22 buts par saison en moyenne, entre 2015 et 2018), déjà sous la direction d’Allegri.

Eclipsé par CR7

Car ensuite, avec “Max” comme avec ses successeurs Maurizio Sarri et Andrea Pirlo, Dybala a été un peu éclipsé par l’astre portugais.

L’Argentin a certes été l’un des grands hommes du titre de 2020, le dernier de la “Vieille dame”, mais a aussi marqué deux fois moins (11 buts annuels en moyenne lors des trois saisons avec CR7), en raison d’un positionnement plus bas et de plusieurs blessures.

Un peu plus de trois mois après le départ du Portugais, la “Juve de Dybala” reste encore un projet inachevé.

Le N.10 est clairement apparu regonflé par ses nouvelles responsabilités. Actif, il est souvent le plus constant dans l’animation offensive d’une Juve sur courant alternatif, distancée à la 5e place en championnat, facilement qualifiée en C1.

Plus libre, il retrouve aussi de belles statistiques, dont huit buts marqués, soit déjà trois de plus que toute sa saison dernière. En Ligue des champions, il en a réussi trois en trois apparitions, avant le dernier match de poules contre Malmö mercredi (18h45)qui aura pour enjeu la première place du groupe que la Juve dispute à distance aux Anglais de Chelsea.

Mais ce bilan ne fera jamais de Dybala un buteur du calibre de Ronaldo, avec ses plus de 30 buts de moyenne annuels (101 buts en trois saisons à Turin).

Et la Juve, seulement 12e attaque en Serie A, cherche encore comment compenser collectivement ce que CR7 lui apportait seul.

Buteurs en berne

Le match archi-dominé contre le Genoa (2-0), dimanche, a confirmé ce problème d’efficacité: malgré ses 27 tirs, la Juve n’a assuré son succès qu’en fin de match, grâce à Dybala, encore une fois le meilleur Bianconero.

“On rate trop souvent le choix de la dernière passe”, déplorait fin novembre Allegri.

“On a beaucoup de joueurs qui peuvent marquer. Jusqu’ici, on a moins marqué que ce qu’ils sont potentiellement capables de faire, mais on va les trouver, les buts”, rétorquait-il à ceux qui agitaient le souvenir de Ronaldo.

Il attend notamment davantage des décevants Morata (5 buts pour l’instant), Chiesa (3, actuellement blessé) ou Moise Kean (2) mais aussi de Rabiot ou McKennie, des milieux capables d’être plus efficaces devant le but, selon l’entraîneur.

En attendant un éventuel nouveau “serial buteur” (la Juve suit le Serbe de la Fiorentina Dusan Vlahovic), les Bianconeri dépendent donc encore beaucoup de Dybala, en fin de contrat en juin.

Tous les voyants sont au vert pour une prolongation jusqu’en 2026, selon la presse, même si l’international argentin ne s’est pas montré pressé ce week-end: “le club a d’autres choses à régler en ce moment, la prolongation peut attendre”, a-t-il dit sur DAZN, en référence à l’enquête judiciaire visant actuellement la Juve pour de possibles irrégularités comptables.