“Boules de pétanques explosives” à Bastia: jusqu’à 2 ans de prison

Jusqu’à deux ans de prison ferme ont été prononcés par le tribunal judiciaire de Bastia contre quatre supporters de football interpellés en 2016 après la découverte de “boules de pétanques explosives” lors d’une manifestation à Bastia
/ © 2021 AFP

Jusqu’à deux ans de prison ferme ont été prononcés mardi par le tribunal judiciaire de Bastia contre quatre supporters de football interpellés en 2016 après la découverte de “boules de pétanques explosives” lors d’une manifestation à Bastia.

Ils manifestaient en soutien à Maxime Beux, ce supporter corse éborgné dans la Marne le 13 février 2016 lors d’échauffourées en marge du match de Ligue 1 entre le Stade de Reims et le SC Bastia.

M. Beux faisait partie des quatre prévenus devant le tribunal correctionnel de Bastia. Poursuivi pour refus de prélèvement d’ADN, il a été relaxé. Une peine de 600 euros d’amende dont 300 avec sursis avait été requise contre lui.

Lors de cette manifestation de soutien, le 20 février 2016 à Bastia, les forces de l’ordre avaient découvert des engins explosifs entreposés dans trois sacs à proximité de la préfecture de Haute-Corse. Dans ces sacs, dix boules de pétanque remplies de poudre de chasse et équipées de mèches de mise à feu, deux pains de 500 grammes de nitram 9, un explosif industriel, et des détonateurs.

Le tribunal a condamné à deux ans de prison ferme les deux supporters dont l’ADN avait été trouvé sur ces sacs ainsi que sur des vêtements et objets “pouvant servir lors de violences urbaines”, conformément aux réquisitions du procureur de la République de Bastia Arnaud Viornery. Ils ont été relaxés du refus de prélèvement d’ADN.

Contre le quatrième prévenu, poursuivi pour association de malfaiteurs et refus de prélèvement d’ADN, le tribunal a prononcé une peine de 10 mois de prison aménageable en détention à domicile avec bracelet électronique et une amende de 300 euros pour refus de prélèvement. Son ADN avait été trouvé sur un sac contenant des vêtements, à côté des sacs d’engins explosifs.

A l’audience, le 2 novembre, le procureur avait dénoncé “des faits qui auraient pu semer le chaos dans les rues de Bastia et tuer des gens”: “Même si le temps a passé, il faut prendre la mesure du risque létal inhérent à la fabrication de ce type d’engins”.

Mis en examen pour “violences volontaires avec usage ou menace d’une arme ayant entraîné une mutilation permanente”, le policier rémois accusé d’avoir éborgné Maxime Beux a été renvoyé devant la cour d’assises de la Marne et encourt 15 ans de réclusion criminelle lors d’un procès qui devrait avoir lieu en 2022.