Bleus: Un milieu de terrain sans stabilité mais pas sans ressources

Le milieu de terrain suisse Granit Xhaka perd le ballon devant les milieux de terrain français N’Golo Kanté et Paul Pogba, le 28 juin 2021 à Bucarest, lors du 8e de finale de l’Euro 2020
Par Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

A l’exception de l’Euro, disputé par le tandem Pogba-Kanté, l’équipe de France n’a jamais pu stabiliser son milieu de terrain en 2021, une situation qui se reproduira samedi contre le Kazakhstan, sans que Didier Deschamps en soit démuni pour autant.

La doublette championne du monde n’a que rarement été alignée cette année en raison des absences répétées de N’Golo Kanté, le milieu défensif de Chelsea ayant été tantôt blessé, comme en mars (ischio-jambiers) et septembre (cheville), ou contaminé au Covid-19, comme en octobre.

Le sélectionneur pouvait enfin espérer réunir “NG” et son compère “Piochy”, mais c’est au tour du joueur de Manchester United de faire défaut, foudroyé par une blessure musculaire en fin d’entraînement lundi, au premier jour du rassemblement.

“Élément moteur, fondamental” de l’équipe, selon Deschamps, Kanté sera, sauf pépin physique, aligné au coup d’envoi samedi (20h45) au Parc des princes, où une victoire offrirait aux Bleus un billet direct pour la Coupe du monde 2022 au Qatar. Reste à savoir qui l’accompagnera.

Ce ne sera pas Tanguy Ndombélé, disparu des radars depuis sa dernière sélection fin mars à Nur-Sultan (victoire 2-0), ni Corentin Tolisso ou Thomas Lemar, non sélectionnés pour ce rassemblement.

“J’apprends, je progresse”

Parmi les candidats à une place de titulaire, Jordan Veretout et Mattéo Guendouzi semblent partir de plus loin, peu importe le schéma tactique utilisé contre la 125e nation au classement Fifa: un milieu à trois (utilisé au début de l’Euro, puis contre la Bosnie et l’Ukraine en septembre) ou, plus probable, à deux.

Cette dernière formule a donné satisfaction contre la Finlande (2-0) en septembre et, surtout, durant la Ligue des nations remportée par les Bleus en octobre avec des victoires renversantes et enthousiasmantes contre la Belgique (3-2) et l’Espagne (2-1).

Cadre de l’AS Rome à 28 ans, Veretout a été rappelé en renfort après le forfait de Pogba. En octobre, il s’était contenté d’un temps de jeu très maigre sous le maillot bleu, un mois après des débuts internationaux sans éclat ni erreur.

Quant à Guendouzi, très en vue avec l’Olympique de Marseille, il attend toujours d’honorer une première sélection après quatre précédents rassemblements durant lesquels il est resté cantonné au banc des remplaçants.

“C’est une immense fierté” d’être convoqué car “je suis à côté des meilleurs milieux de terrain du monde. J’apprends, je progresse”, a reconnu jeudi à Clairefontaine le milieu prêté par Arsenal. “J’espère m’inscrire dans la durée, faire le plus de sélections possibles, avoir du temps de jeu et gagner des trophées”.

En attendant, Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot entrent en concurrence frontale pour tenir l’entrejeu avec Kanté.

Tchouaméni “à l’écoute”

Le premier a disputé la finale de la Ligue des nations avec assurance et sérieux, alors que le second était contraint à l’isolement après un test positif au Covid-19.

“Il a des qualités à la fois techniques et physiques, un bon volume de jeu, il est à l’écoute. C’est un très bon milieu de terrain”, le décrit auprès de l’AFP Guy Stéphan. En plus, “c’est un joueur qui tient la route intellectuellement”, apprécie l’adjoint du sélectionneur.

A 21 ans, le joueur de l’AS Monaco (5 sélections) a pris “une autre dimension” et “est en train de confirmer tout le bien que tout le monde pense de lui”, retient Sylvain Ripoll, l’entraîneur qui l’a vu brièvement passer en Espoirs au printemps dernier.

Est-ce suffisant pour griller la politesse à Rabiot, 26 ans, un habitué de la Ligue des champions et de la sélection, chez qui il cumule 22 capes?

Depuis son rappel surprise en août 2020, le joueur de la Juventus Turin s’est installé solidement dans le paysage des Bleus, au point de devenir un des titulaires les plus réguliers, y compris à l’Euro où Deschamps l’a utilisé à différents postes.

L’ancien Parisien traverse cependant une période morose en Italie. “Adrien doit faire beaucoup plus. C’est simple !”, l’a même tancé son entraîneur Massimiliano Allegri début novembre.