Bleus: Karim Benzema, un raté et des promesses

L’attaquant français Karim Benzema rate son penalty lors du match amical contre le Pays de Galles, à Nice, le 2 juin 2021
Par Antoine MAIGNAN / © 2021 AFP

Un penalty raté, mais des sourires et des promesses: Karim Benzema a vécu des retrouvailles frustrantes avec les Bleus, mercredi contre le pays de Galles à Nice (3-0), mais son adaptation aux champions du monde a offert plusieurs satisfactions à deux semaines de l’Euro.

Tout était réuni pour faciliter le retour de l’ex-banni. Un stade à huis clos, sans sollicitations extérieures, une préparation d’une semaine à Clairefontaine en amont pour peaufiner les automatismes, et les efforts répétés du staff pour tenter de faire de ce retour un “non-événement” en interne.

Et sur la pelouse de l’Allianz Riviera, là même où il avait disputé son dernier match en Bleu le 8 octobre 2015, le buteur avait quelques repères: Hugo Lloris dans les buts, Raphaël Varane en défense, et Antoine Griezmann à ses côtés, tous trois étaient déjà présents dans le onze de départ de sa 81e sélection.

Mais qu’importe les précautions et les repères, on ne tire pas un trait sur 2.064 jours de mise à l’écart, consécutifs à l’affaire de la “sextape”, en un claquement de doigts. Même à 33 ans…

“Stressé aujourd’hui? Pas du tout”, plaisantait le joueur formé à l’OL dimanche devant la presse. Mais le doute n’a-t-il pas traversé l’esprit de l’attaquant au moment de se présenter au point de penalty face au gardien Danny Ward (27e) ?

Pas de 28e but

Benzema avait pourtant travaillé cet exercice lundi au centre d’entraînement des Bleus face à Mike Maignan… L’occasion était donc belle, sur penalty, de relancer son histoire en sélection de la plus belle des manières, avec un 28e but, mais le joueur du Real a choisi le mauvais côté et a vu sa frappe arrêtée.

“Le gardien fait un super arrêt sur le penalty de Karim”, a souligné Deschamps au micro de TF1 après la rencontre.

Le nouveau N.19 de l’équipe de France, titulaire, ne s’est pas démobilisé, et le sourire a vite retrouvé son visage, lorsque son compère de l’attaque française Kylian Mbappé a ouvert le score (34e), lorsqu’il a vu sa combinaison avec Griezmann et Mbappé terminer au-dessus, sur une frappe du Parisien (41e), ou dans le couloir à la mi-temps, en pleine rigolade avec “Grizou”.

Les observateurs s’interrogeront tout de même forcément sur le choix de laisser “KB9” tirer le penalty, mais l’explication est peut-être à trouver du côté de l’absence d’Olivier Giroud, qui avait pris l’habitude de les tirer depuis le gros passage à vide de Griezmann dans l’exercice entre 2019 et 2020 (trois échecs de suite).

Les plus pointilleux remarqueront peut-être que la plus belle inspiration du matchtalonnade de Mbappé, frappe enroulée sublime de Griezmann (48e)s’est déroulée sans lui. Mais ils oublieront toutes les occasions auxquelles le buteur a pris part.

Poteau et clin d’oeil

Car c’est bien le Madrilène qui fut à l’origine du penalty et du carton rouge infligé à Neco Williams, coupable d’une main sur une frappe qui filait au but (23e). C’est lui aussi qui ouvrit les hostilités d’une tête détournée par Ward sur un centre de Pogba (4e), lui qui vit sa frappe déviée (70e) et une autre tête arrêtée (83e).

Et lui, surtout, qui toucha le poteau d’un superbe enchaînement, offrant un but facile à Ousmane Dembélé (79e), félicité par l’ex-Lyonnais d’un clin d’oeil amical.

“Après cinq ans d’absence, on ne lui demandera pas au bout d’une semaine de faire la même chose en équipe de France (qu’au Real)”, avait insisté son capitaine Hugo Lloris, comme pour enlever de la pression au joueur merengue. Le gardien des Bleus avait préféré insister sur “l’aura naturelle” de l’attaquant et sa capacité à être “un joueur d’équipe”.

Benzema a d’ailleurs été un bon coéquipier, n’hésitant pas à décrocher très bas pour participer à l’animation, préférant souvent la passe à l’action individuelle, n’hésitant pas à donner de la voix et gardant sa bonne humeur malgré son manque de réussite.

“Il s’inscrit dans un collectif”, a salué le sélectionneur, satisfait.

De quoi offrir de belles promesses à l’équipe de France et son fameux “triangle d’or” Benzema-Mbappé-Griezmann, qui a tenté énormément de combinaisons tout au long de la rencontre. Ces trois-là semblent prêts à monter en puissance, il leur reste 13 jours avant l’Euro.