Olivier Giroud (g) et Antoine Griezmann lors de la victoire sur Reykjavik 1-0 Ă  Saint-Denis le 11 octobre 2019
Par Antoine MAIGNAN / © 2019 AFP

Soulagement: Antoine Griezmann et Olivier Giroud, en difficulté dans leurs clubs respectifs, ont retrouvé leurs bonnes habitudes en se montrant décisifs en Bleu à Reykjavik, vendredi (1-0).

Tous deux contraints par le choix de leurs entraĂ®neurs de club Ă  regarder leurs coĂ©quipiers de loin le week-end dernier, sur le banc barcelonais ou dans les tribunes de Chelsea, les deux compères de l’attaque championne du monde avaient dĂ» voir l’appel de la trĂŞve internationale sonner comme un espoir.

Ils en ont profitĂ© pour regagner confiance, au moins un petit peu. En marquant le penalty de la victoire pour Giroud, en le provoquant en ce qui concerne Griezmann (66e), le match des deux hommes est subitement passĂ© d’une succession de frustrants ratĂ©s Ă  une impression bien plus positive.

Un grand bol d’air après des semaines compliquĂ©es, le premier parce qu’il ne joue plus Ă  Chelsea, le second parce que son adaptation au jeu du Barça prend plus de temps que prĂ©vu.

MalgrĂ© le froid du Laugardalsvöllur, cette enceinte champĂŞtre de Reykjavik oĂą elle a longtemps peinĂ©, la paire Giroud-Grizou n’a jamais baissĂ© les bras, tentant de rĂ©activer les automatismes du Mondial.

Et c’est sur un automatisme qu’est venue la libĂ©ration: long ballon vers Giroud, dĂ©viation de la tĂŞte vers Griezmann, touchĂ© dans la surface. Penalty, discutable mais accordĂ©. Grizou en avait manquĂ© deux en septembre, il a laissĂ© son ami le frapper. La complicitĂ© a payĂ©.

“Capable de bien rĂ©agir”

Au meilleur moment pour retrouver le sourire car les deux éléments offensifs vivent jusque-là un début de saison un peu similaire. Et frustrant.

Giroud, qui pouvait espĂ©rer devenir enfin l’indiscutable N.9 des Blues depuis que Chelsea a Ă©copĂ© d’une interdiction de recrutement et que le prĂŞt l’Argentin Gonzalo Higuain a pris fin, cire le banc: Frank Lampard lui prĂ©fère le jeune Tammy Abraham, d’une efficacitĂ© redoutable depuis le dĂ©but de saison.

Griezmann, depuis son transfert de l’AtlĂ©tico Madrid au FC Barcelone, a certes marquĂ© trois fois mais a eu du mal Ă  s’habituer au jeu de position des Catalans, et sa relation avec Lionel Messi interroge.

La rĂ©ponse de Didier Deschamps ? Griezmann “est dans une Ă©quipe qui n’a pas trouvĂ© encore le plein rĂ©gime, ça ne se fait pas du jour au lendemain (…) je ne me fais pas de souci pour Antoine”. Pour Giroud, la situation l’inquiète un peu plus, elle “n’est pas la meilleure” mais “il a toujours Ă©tĂ© capable de bien rĂ©agir Ă  ces situations”.

RĂ©sultat: le sĂ©lectionneur des Bleus n’hĂ©site pas longtemps avant de se dĂ©cider Ă  leur rĂ©itĂ©rer sa confiance en Islande. Tant pis pour le manque de rythme du grand barbu, qui a bien “compensĂ©” en travaillant les accĂ©lĂ©rations Ă  rĂ©pĂ©tition Ă  l’entraĂ®nement.

Et bien lui en a pris: son buteur fĂ©tiche a inscrit un 37e but, le voilĂ  Ă  quatre unitĂ©s de Michel Platini, deuxième meilleur buteur de l’histoire de Bleus. Et son meneur de jeu s’est rassurĂ© en Ă©tant une nouvelle fois le leader technique de l’animation française, mĂŞme si le but lui a Ă©chappĂ© comme en septembre malgrĂ© plusieurs tentatives (40e, 58e, 68e).

Finalement, et c’est un signe montrant que tout ne va pas si mal dans l’esprit du joueur du Barça, Griezmann n’a pas tout fait pour tirer ce penalty, quand bien mĂŞme Deschamps lui avait maintenu sa confiance dans l’exercice. Tout comme ses coĂ©quipiers, d’ailleurs. RaphaĂ«l Varane l’a confiĂ© jeudi: “Il a notre confiance et j’espère que s’il a un penalty il aura l’occasion de le transformer.” Pour la Turquie lundi, peut-ĂŞtre, histoire de retrouver complètement le sourire.