Bleus: Antoine Griezmann, le spectacle mais pas l’impact

Antoine Griezmann (c) félicité par ses coéquipiers pour son but lors du match de qualification pour le Mondial 2022 contre l’Ukraine, au Stade de France, le 24 mars 2021
Par Antoine MAIGNAN / © 2021 AFP

Antoine Griezmann multiplie les réalisations spectaculaires chez les Bleus, avec un nouveau but somptueux contre l’Ukraine mercredi (1-1), mais l’apport offensif du Barcelonais dans la construction du jeu reste encore limité, malgré une confiance totale du sélectionneur Didier Deschamps.

Trois jours après avoir fêté son 30e anniversaire par un but avec Barcelone lors de la raclée infligée à la Real Sociedad (6-1), le Français a récidivé sous sa tunique favorite, sans que cela soit suffisant pour donner la victoire aux Tricolores.

Froid et lucide tireur de penalty au Mondial-2018 (4 buts dont 3 dans cet exercice en Russie), Antoine Griezmann a depuis lors bien relevé le curseur dans la catégorie “spectacle” avec les Bleus.

Mercredi soir au Stade de France pour entamer la campagne qualificative au Mondial-2022, sa frappe enroulée du pied gauche dans la lucarne opposée (19e) d’une Ukraine abasourdie n’avait en effet rien d’un but facile, au contraire.

Millimétré bien que consécutif à une position de hors-jeu non sifflée, le tir a fait frissonner les quelques centaines de personnes rassemblées dans les tribunes vides de l’enceinte de Saint-Denis. Enceinte qui aurait sans doute totalement chaviré à une époque de travées remplies…

Ce n’est pas la première fois que le jeune trentenaire donne la chair de poule à ses observateurs. Le 14 octobre dernier, à Zagreb, c’est déjà par un tir surpuissant, sous la barre, que le natif de Mâcon avait donné l’avantage aux siens contre la Croatie (2-1), un but essentiel pour la qualification future pour les demi-finales de Ligue des nations.

Il égale Trézéguet

Au rang des jolies réalisations du meneur de jeu depuis le Mondial, les spécialistes n’oublieront pas non plus sa superbe reprise de volée contre la Moldavie en mars 2019 (4-1), ou sa belle inspiration du pied droit en Albanie huit mois plus tard (2-0).

Problème, spectacle et buts ne signifient pas forcément toujours impact. Et la prestation de Griezmann, toujours solide pour remonter le ballon ou organiser les offensives, a tout de même manqué des prises de risques osées et magiques qui avaient fait de lui un candidat au Ballon d’Or en 2018.

En manque de confiance depuis son arrivée au Barça, bien qu’en net regain de forme ces dernières semaines, Griezmann a en effet eu du mal à combiner avec un Kylian Mbappé peu en vue et un Olivier Giroud maladroit.

Ses trois échecs de suite en sélection sur penalty, entre 2019 et 2020, figurent eux aussi parmi les points négatifs de ses deux dernières années avec les Tricolores.

Mais Didier Deschamps maintient le cap, sans l’ombre d’un doute, en organisant son système de jeu en 4-2-3-1 autour de lui. Seul joueur de l’effectif à pouvoir jouer de manière naturelle à un poste de N.10 ou d’attaquant reculé, Griezmann reste intouchable et a d’ailleurs disputé les 90 minutes de la rencontre sans être remplacé.

Il faut dire que les statistiques parlent pour lui. Le Barcelonais a enchaîné mercredi son 44e match de suite avec les Bleus sans en rater un seul, ce que seul Patrick Vieira est parvenu à faire dans l’histoire de la sélection. Signe supplémentaire d’une régularité hors normes, le Français a joué 87 des 91 dernières rencontres de l’équipe de France.

Et signe, s’il en faut, d’une importance toujours énorme dans l’effectif, il vient d’inscrire son 34e but en Bleu, égalant le pur attaquant David Trézéguet à la 4e place du classement des meilleurs buteurs de l’histoire de la sélection tricolore. Mais il manque encore des choses pour s’enflammer totalement.