Bleus: Anthony Martial, mieux qu’un second choix

L’attaquant français Anthony Martial (g) au duel avec l’attaquant portugais Joao Felix lors du match de Ligue des Nations à Lisbonne, le 14 novembre 2020
Par Antoine MAIGNAN / © 2020 AFP

Comment éclipser l’inamovible Olivier Giroud dans l’attaque des Bleus? Anthony Martial, au passé inconstant chez les Bleus, a trouvé un début de réponse samedi au Portugal (1-0), s’affirmant comme un vrai candidat en vue de l’Euro malgré un manque de réalisme à gommer.

Le voir titularisé pour le choc de Ligue des nations à Lisbonne relevait sans doute du choix le plus fort du sélectionneur Didier Deschamps, qui apprécie habituellement s’appuyer sur l’attaquant de Chelsea dans les grands matches.

Mais en l’absence de Kylian Mbappé, blessé, le coup de poker s’est avéré payant: Martial a éclaboussé le stade de la Luz de son talent, se créant les plus belles occasions d’une équipe de France enfin probante dans l’animation offensive.

Il ne lui aura manqué qu’un but pour que la copie soit excellente. Pour que le compteur de l’attaquant de Manchester United décolle aussi enfin dans son histoire en sélection, lui qui reste encore bloqué à un seul petit but en 25 capes, à presque 25 ans.

A défaut de buts, le Mancunien aura marqué des points lors de cette soirée. A sept mois de l’Euro-2020, décalé d’un an, il a sans doute fait un grand pas vers la liste des 23, et un autre, plus petit, vers un rang de titulaire crédible pour cette compétition.

“Il a changé”

Pour Martial, c’est l’automne presque parfait avec le maillot bleu. Il n’y a certes pas eu ce 2e but après celui marqué contre l’Italie en amical en 2016. Mais il y a eu une nette montée en puissance au fil des rassemblements. Cette impression, aussi, que Deschamps lui fait confiance, après l’avoir laissé de côté pour le Mondial-2018.

“Il n’est pas métamorphosé mais il a changé, en dehors du terrain aussi. Il arrive à un âge où il prend conscience de ce qu’il est capable de faire. Tant mieux”, reconnaissait le technicien basque en septembre au sujet de son international débarqué “très tôt” en Bleu (en septembre 2015 contre… le Portugal !).

A la rentrée, Deschamps a en effet offert à l’ancien Monégasque ses premières sélections depuis mars 2018, contre la Suède (1-0) puis la Croatie (4-2), un soir où le jeune homme qui a grandi aux Ulis, en Essonne, s’était déjà montré décisif sur deux buts tricolores.

Mais sa prestation la plus aboutie de l’automne fut celle de samedi soir à Lisbonne.

Réalisme à parfaire

Devant un Giroud circonspect resté sur le banc jusqu’à la 78e minute, l’attaquant recruté 80 millions d’euros en 2015 par Manchester a multiplié les occasions.

Déjà à l’origine de l’action puis très bien lancé en profondeur par Antoine Griezmann, il a d’abord manqué son face à face avec Rui Patricio (12e). Puis il a raté de peu le cadre sur une frappe puissante (27e), avant de voir sa tête toucher la barre sur un bijou de combinaison après un coup franc de Griezmann (30e).

Et dix minutes plus tard, il a encore buté sur un Patricio sensationnel, à bout portant…

“Ces occasions, c’est mieux s’il les met, mais il se les ai créées tout seul donc je n’ai pas besoin de le rassurer”, a néanmoins évacué Deschamps, satisfait sur TF1 à la mi-temps.

L’ironie voudra que sur la seule erreur du portier portugais, après une frappe d’Adrien Rabiot mal détournée, le renard de la surface s’appela N’Golo Kanté et non Martial pour le seul but de la soirée (53e).

Deuxième ironie (anomalie ?): Kanté compte désormais… deux fois plus de buts en sélection que Martial. Le Mancunien, auteur pourtant de 23 buts en club la saison dernière, sait donc très bien ce qu’il lui faut travailler pour s’imposer enfin comme un indiscutable des Bleus.