Bleus: Anthony Martial en clair-obscur

Anthony Martial récupère le ballon après avoir battu le gardien de l’Ukraine au stade olympique de Kiev, le 4 septembre 2021
Par Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

Coupable d’un raté avant l’ouverture du score ukrainienne, Anthony Martial s’est rattrapé en ramenant l’équipe de France dans la partie, samedi à Kiev (1-1), une deuxième réalisation seulement en 29 sélections pour l’attaquant qui a chipé la place d’Olivier Giroud.

Pour son deuxième match de rentrée, le sélectionneur Didier Deschamps avait décidé de laisser Karim Benzema sur le banc au coup d’envoi, autant pour reposer l’avant-centre du Real Madrid que pour donner du temps de jeu à sa doublure Martial.

A Kiev, l’attaquant de Manchester United a longtemps peiné à exister, incapable de bousculer la défense bleue et jaune et, pire, coupable d’une occasion manquée aux lourdes conséquences devant le vétéran Andriy Piatov.

Juste avant la pause, Martial a hérité d’un ballon parfait de Paul Pogba et s’est présenté seul face au gardien de 37 ans qui a repoussé son tir. Gonflée par ce coup du sort, l’Ukraine est repartie dans la foulée à l’assaut du but de Hugo Lloris, battu sur une superbe frappe de Mykola Shaparenko (44e, 0-1).

“J’ai essayé de lui mettre entre les jambes mais malheureusement il l’a arrêté et juste après ils ont marqué. On était tous déçu mais on a su revenir au score”, a résumé l’avant-centre sur M6 après la partie.

A la mi-temps, cependant, le bilan de l’ancien Monégasque penchait clairement du côté obscur, d’autant qu’il avait commis aussi une perte de balle dangereuse dans le camp français (3e) avant de gâcher deux rares occasions tricolores (13e, 45e+1).

Cette mauvaise première période a forcément renvoyé Martial aux doutes qui l’escortent en club après un début de saison peu reluisant.

Confronté à la concurrence de Mason Greenwood, en attendant celle d’Edinson Cavani et de Cristiano Ronaldo, le Red Devil a dû se contenter d’une seule titularisation en trois matches de Premier League contre Southampton (1-1), sans briller.

“Je n’ai pas vu Anthony Martial (lors de ce match). Je ne pense pas qu’il sache ce qu’il fait ou ce qu’il doit apporter, il a l’air perdu”, avait estimé l’ancienne internationale anglaise Karen Carney sur BBC Radio 5 Live.

Cinq ans d’attente

A la pointe de l’attaque française, samedi, le N.9 a longtemps collé à cette description. Mais il a réussi à soigner sa copie en faisant trembler les filets adverses en tout début de seconde période, une performance qu’il attendait depuis son premier… et dernier but international, le 1er septembre 2016 en amical contre l’Italie à Bari.

L’attaquant venu de l’Essonne a profité d’un centre de Kinsgley Coman, prolongé par Adrien Rabiot dans les airs, pour tirer à bout portant devant Pyatov, qui n’a pu que freiner le ballon sans parvenir à l’arrêter (50e, 1-1).

Six ans pile après sa première sélection, le 4 septembre 2015 à Lisbonne, Martial améliore son tableau statistique mais n’a probablement pas marqué beaucoup de points auprès de Deschamps, qui l’a remplacé par Benzema peu après l’heure de jeu.

A 25 ans, s’il reste pour l’heure loin derrière “KB9” dans la hiérarchie des buteurs, il a cependant été choisi pour figurer dans la liste de rentrée du sélectionneur à la place de Giroud, un gage de confiance qu’il ne faudra pas trop tarder à concrétiser.

La carrière internationale de l’ancien Monégasque, recruté par Manchester en 2015 contre 80 millions d’euros, n’a pour l’instant jamais trop décollé.

Eloigné des Bleus entre mars 2018 et septembre 2020, titulaire à Lisbonne en novembre 2020 à Lisbonne lors du match référence des Français contre le Portugal (1-0) en Ligue des nations, Martial s’est blessé à un genou au Kazakhstan fin mars, ce qui l’a empêché de disputer l’Euro cet été.

Il lui reste quinze mois pour montrer beaucoup plus et valider son billet pour le Mondial-2022 où les Bleus, en difficulté dans leur groupe de qualification, espèrent défendre leur titre mondial.