Bleues: Wendie Renard, forte tête

La défenseure des Bleues Wendie Renard auteur d’un doublé en match d’ouverture du Mondial face à la Corée du Sud au Parc des Princes le 7 juin 2019
Par La rubrique football / © 2019 AFP

“Ce sera un souvenir gravé dans nos mémoires à jamais” disait Wendie Renard à l’idée de jouer un Mondial à la maison. C’est encore plus vrai maintenant qu’elle a inscrit un doublé de la tête pour la France en match d’ouverture face à la Corée du Sud (4-0).

Dans le couloir avant d’entrer sur le terrain, on ne voyait qu’elle. C’est la plus grande joueuse du tournoi avec ses 1,87 m. Un atout qu’elle a su parfaitement exploiter (35e et 45e + 2). Deux buts de la tête sur corner.

A 28 ans, la Martiniquaise présente 110 sélections et 22 réalisations. La défenseure centrale a le sens du but: mi-avril elle a inscrit le centième de sa carrière avec Lyon lors du choc du championnat de France contre le PSG.

Avec l’OL, elle a remporté 13 championnats de France, 8 Coupes de France et 6 Ligues des champions. Quel palmarès !

Avant le début du tournoi, elle savourait vraiment l’engouement qui monte en France autour des Bleues, comme le prouvaient les 48.000 spectateurs d’un Parc des Princes à guichets fermés vendredi.

“On sent que ça monte, on reçoit beaucoup de lettres d’encouragements, confiait-elle à l’AFP. Il y a nos familles, les médias de plus en plus présents. En Allemagne en 2011, déjà la ferveur était extraordinaire, même si c’était pour moi une première participation. Là, à la maison, ce sera encore plus fort”.

En 2011, la France avait terminé demi-finaliste, son meilleur résultat. Mais cette fois l’objectif est tout autre. “A la maison, on se doit d’être à la hauteur, de faire le maximum pour aller le plus loin possible et la remporter (la Coupe du monde)”, admet-elle.

Et il y a une motivation supplémentaire. Les demi-finales et la finale de la Coupe du monde sont programmées à Lyon, la ville de son club.

“Des petites peuvent s’identifier”

“Nous avons toutes envie d’aller au Groupama Stadium (Stade de Lyon). Il y a une ossature lyonnaise dans l’équipe. On voit ce stade au quotidien quand on va à l’entraînement. Ce serait bien d’y retourner avec le maillot du pays”. Son doublé en match d’ouverture a sans doute mis un peu de baume au coeur de Wendie Renard, à qui la sélectionneuse Corinne Diacre a retiré le brassard au profit d’Amandine Henry. “Je ne parle plus de ça”, avait-elle juste répondu sur le sujet à l’AFP.

Elle préfère s’épancher sur le modèle pour de nombreuses petites filles qu’elle peut devenir avec ce Mondial. “On se revoit un peu quand on a débuté. Jamais je n’aurais rêvé voir une petite avec mon maillot dans son dos. C’est une fierté. Aujourd’hui des petites peuvent s’identifier”.

Les débuts? Bien avant les grands stades et les grandes affiches, c’est sur un terrain avec vue sur mer, au pied de la montagne Pelée dans le nord de la Martinique, que la future star avait tapé dans ses premiers ballons.

A la fin des années 90, parmi les garçons, balle au pied, il n’y avait qu’elle; petite fille longiligne au caractère bien affirmé.

“Son premier match c’était un tournoi U13 à Bellefontaine. Elle jouait avec les plus grands mais elle était déjà une pièce principale de notre équipe. On avait fini troisièmes et Wendie avait émerveillé par son talent”, se souvenait pour l’AFP Patrick Cavelan, à la fois son cousin, son voisin et celui qui était devenu son entraîneur à l’Essor Prêchotin. Si il était devant sa télé vendredi, il a dû se dire que rien n’avait changé depuis cette époque.