Bleues: Marie-Antoinette Katoto, la pépite ressortie du placard

L’attaquante des bleuettes Marie-Antoinette Katoto (c) à la lutte avec la défenseure néo-zélandaise Claudia Bunge lors du Mondial-2018 des -20 ans, le 8 août 2018 à Vannes
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2019 AFP

Un retour sans “pression”, vraiment? Ecartée avant le Mondial, Marie-Antoinette Katoto reprend le fil de son histoire courte et contrariée avec l’équipe de France, une seconde chance qui place de nouveau dans la lumière la discrète attaquante, décrite comme une pépite à “cajoler”.

Elle n’a que 20 ans et 4 sélections au compteur, mais la N.9 du Paris SG concentre l’attention des médias à chaque annonce de liste, qu’elle soit dedans ou pas. Son absence lors de la Coupe du monde en France l’été dernier, un “choix fort” mais “mûrement réfléchi” selon Corinne Diacre, avait fait couler beaucoup d’encre.

Pour se justifier, la sélectionneuse avait pointé des prestations décevantes “dans les grands rendez-vous”, en Ligue des champions et lors du Mondial U20 à l’été 2018 notamment. En sélection, Katoto avait en outre eu droit à un recadrage en règle de Diacre au mois de janvier.

“Il faut qu’elle en fasse plus. Ce n’est pas seulement en termes de concentration, je vous parle en termes de performance sportive. Il faut que j’aie une discussion avec elle”, avait déclaré publiquement la technicienne, pointant un manque d’implication à l’entraînement.

“Il faut la cajoler”

Ce faux-départ en équipe de France fait bondir une de ses anciennes coéquipières au FC Colombes (qui a ensuite fusionné avec le Racing), d’où est originaire la meilleure buteuse du dernier Championnat de France: “Il faut y aller en douceur avec elle. La piquer comme le fait Corinne Diacre par ses déclarations, ce n’est pas la bonne méthode”, tranche Fatma Zeraïbi qui a évolué trois saisons à ses côtés.

“Elle a énormément de talent, tout le monde le sait. Mais pour qu’elle l’exploite, il faut la cajoler, la protéger”, ajoute auprès de l’AFP la jeune femme de 24 ans.

Évoquant une “magicienne” sur le terrain, “discrète” en dehors, son ex-partenaire ajoute: “Elle faisait zéro bêtise. Cela nous arrivait de temps en temps de manger des cochonneries avant les matches… Mais elle, jamais. Elle refusait toujours. C’est pour ça qu’aujourd’hui, quand j’entends qu’elle ne s’investit pas assez en équipe de France, je ne comprends pas”.

Snobée au Mondial, la serial buteuse a fait le dos rond pendant la compétition. Et la voilà revenue en sélection pour les deux matches d’octobre, un amical vendredi à Nîmes puis une rencontre qualificative à l’Euro-2021, mardi au Kazakhstan.

Patience et bienveillance

Depuis ses retrouvailles avec Diacre, “on a parlé de plein de choses, ça reste entre nous. J’ai compris ce qu’elle me demandait”, a sobrement commenté Katoto, jeudi dans les colonnes du Parisien. “Tout ce qui a pu se dire autour ou avant, c’est du passé”.

Main tendue, échanges d’amabilité et regards tournés vers l’avenir: la native de Colombes (Hauts-de-Seine) et la sélectionneuse ont fait la paix, en tout cas publiquement.

En club, “elle travaille beaucoup, elle fait preuve de beaucoup d’abnégation, d’altruisme”, à charge désormais pour elle “de me montrer sur le terrain l’étendue de tout ce qu’elle sait faire”, a assuré Diacre lundi devant la presse.

“Il n’y aura pas de traitement particulier pour Marie-Antoinette”, a encore insisté l’ancienne internationale de 45 ans. “Elle n’aura pas de pression. Moi, je ne lui en mettrai pas en tout cas”.

De la patience et de la bienveillance, c’est aussi le cocktail de bienvenue que lui offre Gaëtane Thiney, l’expérimentée milieu offensive des Bleues.

“Elle est toujours très observée, mais il faut lui laisser du temps”, temporise la joueuse du Paris FC, dans un entretien accordé à l’AFP. “Entre avoir du potentiel et l’exprimer, c’est pas toujours simple et j’espère qu’elle trouvera tous les ingrédients ici pour pouvoir le faire.”