Bleues: la France vers l’Estonie et au-delà

Les joueuses de l’équipe de France, lors d’un match amical contre l’Angleterre à Caen, le 9 avril 2021
Par Jeremy TALBOT / © 2021 AFP

Amoindrie par de multiples absences, l’équipe de France reçoit la peu cotée Estonie vendredi (21h10) à Créteil en qualifications pour la Coupe du monde 2023, l’occasion pour Corinne Diacre de “préparer” l’Euro-2022 en poursuivant sa revue d’effectif.

Les Bleues n’auront pas à forcer contre la 105e équipe au classement Fifa, rangée entre les îles Cook et la Lituanie, incapable d’inscrire le moindre but en huit rencontres officielles disputées en 2020 et 2021, et à qui elles ont infligé la pire défaite de son histoire (12-0) il y a douze ans au Havre.

“Ce qui va compter pour nous c’est de bien démarrer le match, être efficace et aller chercher ces trois points pour continuer notre route”, a lancé jeudi la sélectionneuse Corinne Diacre, soucieuse de “ne sous-estimer aucun adversaire”.

Le message a bien été entendu dans le vestiaire, notamment du côté d’Aïssatou Tounkara. “Chaque équipe a des atouts”, développe la défenseure auprès de l’AFP. “C’est à nous de rendre le match facile et, peu importe le niveau de l’adversaire, mettre en place ce qu’on a travaillé dans la semaine à Clairefontaine.”

Au stade Dominique-Duvauchelle, où 4.000 spectateurs sont attendus, la joueuse de l’Atlético Madrid devrait honorer sa 26e sélection et, à 26 ans, faire office de cadre dans une équipe tricolore encore orpheline de plusieurs figures marquantes, blessées ou non convoquées.

Cadres absentes

La sélectionneuse s’est de nouveau passée des expérimentées Amandine Henry et Eugénie Le Sommer, par choix, et doit composer avec le forfait sur blessure des autres Lyonnaises Griedge Mbock, Amel Majri et Wendie Renard, à qui elle a redonné le brassard de capitaine le mois dernier.

“On est dans l’adaptation en permanence”, constate Diacre. “Il faut trouver d’autres choses, d’autres automatismes, d’autres combinaisons, d’autres formules, pour ne pas être en difficulté” quand des titulaires habituelles manquent à l’appel.

La milieu du Paris SG Kheira Hamraoui (31 ans, 36 sélections), rappelée après deux ans et demi d’absence, a également été contrainte de jeter l’éponge au premier jour du rassemblement, touchée à un mollet.

Dans ce contexte, Diacre pourra profiter de la réception de l’Estonie, puis du déplacement lointain au Kazakhstan mardi, pour observer des internationales pas ou peu capées.

“Aujourd’hui certaines joueuses manquent d’expérience, mais si on ne leur donne pas de temps de jeu elles n’en acquerront jamais. C’est peut-être aussi le bon moment pour lancer quelques jeunes, j’y suis favorable”, a-t-elle déclaré au moment de dévoiler sa liste.

“Rien n’est figé”

Hawa Cissoko (24 ans, 2 sél.), la défenseure de West Ham convoquée en avril 2019 pour la dernière fois, est ainsi dans les starting-blocks, comme les Rémoises Naomie Feller (19 ans, première convocation) et Kessya Bussy (20 ans, 2 sél.), deuxième meilleure buteuse du Championnat de France derrière la Parisienne Marie-Antoinette Katoto.

“Il y a quand même une certaine hiérarchie mais, tout comme le principe de sélection, rien n’est figé, tout peut arriver”, a assuré Diacre, questionnée sur la possibilité offerte aux nouvelles de gagner une place de titulaire.

“L’idée c’est que chaque joueuse qui arrive ou revient s’approprie le projet de jeu très rapidement pour mettre son talent et son expérience au service de l’équipe de France”, résume la technicienne, rappelant le “double” objectif des Bleues: “à la fois se qualifier pour la Coupe du monde et se préparer pour le Championnat d’Europe au mois de juillet prochain”.

Après ses succès initiaux en Grèce (10-0) et en Slovénie (3-2), l’équipe de France occupe la première place de son groupe à égalité de points avec le pays de Galles. L’Estonie et le Kazakhstan ferment la marche après deux défaites.