Bleues: “J’ai passé un palier”, confie Gauvin

L’attaquante de l’équipe de France Valérie Gauvin, buteuse contre la Norvège en Coupe du monde, le 12 juin 2019 à Nice
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2019 AFP

Jouer à Chymkent, au sud du Kazakhstan avec les Bleues, ça n’a rien de glamour. Mais après avoir “passé un palier” pendant le Mondial, Valérie Gauvin a dû apprendre à gérer les effets d’une starification naissante et “surprenante”, qui tend à se poursuivre.

“Une sensation particulière”, “surprenante”: l’élan populaire engendré par la Coupe du monde en France l’été dernier a placé l’avant-centre des Bleues et de Montpellier sur le devant de la scène. Pour le meilleur, et très peu pour le pire.

“L’émotion a été très forte pour les supporters. Recevoir ça, c’est une sensation particulière. Ca fait bizarre, mais ça fait vraiment plaisir. On n’est pas allées aussi loin qu’on l’aurait voulu, mais cette partie-là, le coeur des Français, on l’a gagnée”, résume Valérie Gauvin (23 ans, 26 sélections), dans un entretien à l’AFP.

“Beaucoup plus de personnes nous suivent en club désormais. Déjà en pré-saison, quand on est allées jouer à Toulouse avec Montpellier, à la fin du match, les gens voulaient prendre des photos avec nous, avoir des dédicaces… Plus qu’avant. C’est surprenant, mais ça fait plaisir !”, poursuit-elle.

L’adhésion populaire n’a pas flanché après le Mondial. Selon Gauvin, “beaucoup de gens ont été agréablement surpris par le jeu qu’on a pratiqué, et même de l’équipe de France en-dehors du terrain. Ca leur a vraiment plu. Du coup, ils ont regardé toute la compétition, et ils continuent à regarder le championnat”, diffusé pour la première fois sur Canal Plus depuis la reprise.

. “Pas de mauvais côtés”

Forcément, avec cette popularité soudaine, Valérie Gauvin, qui continue de surfer sur une bonne Coupe du monde sur le plan personnel, a attiré l’attention des médias, des partenaires, des fans, et des clubs. Mais sans en subir les mauvais côtés. Du moins, pas encore.

“J’ai plus de demandes, cela fait partie du jeu”, concède la native de Sainte-Clotilde, à La Réunion, déjà égérie d’une marque de shampoing pendant le Mondial.

“Je ne dirais pas qu’il y a des mauvais côtés… Bon, c’est vrai que si on est avec des amis ou de la famille, qu’on nous interpelle… Quand une seule personne nous interpelle ça va, mais quand il y en a beaucoup, c’est particulier. Mais ça reste un plaisir de pouvoir échanger, de voir que les gens nous aiment et aiment ce qu’on a donné sur le terrain”.

Décisive au mondial, Valérie Gauvin a “gagné en assurance” et se dit désormais “beaucoup plus à l’aise dans (ses) déplacements” : “J’ai passé ce palier qui me manquait depuis un moment”, confie-t-elle.

Ses coups d’éclat ont attiré des convoitises. Gauvin “a eu des sollicitations” d’autres clubs que Montpellier cet été. “Mais il me reste deux ans de contrat à Montpellier, et je n’avais pas forcément dans l’idée de partir. Aujourd’hui, je suis à 100% avec mon club”, assure-t-elle.

Avec son club, et avec les Bleues, qui ouvrent leur parcours de qualifications pour l’Euro-2021 en Angleterre ce mardi soir (17h00 françaises, 21h00 locales) à Chimkent, au sud du Kazakhstan. Loin des paillettes du Mondial. “(Le changement de cadre), ça va faire bizarre, c’est sûr ! Mais ce n’est pas ça qui va faire qu’on va bien jouer ou pas” balaye l’avant-centre.

En amical contre l’Islande vendredi, la buteuse de l’Hérault n’a pas marqué. En équipe de France, elle n’a plus trouvé le chemin des filets depuis les 8es de finale de la Coupe du monde contre le Brésil (2-1), le 23 juin. Elle n’en reste pas moins une pièce fondamentale de l’équipe. “On a de nouveau objectifs, ça commence dès la semaine prochaine. Notre but, c’est de se lâcher, de jouer. Les buts, ça vient après”.