Bleues: “Il y a des tensions tout autour de nous”, dit Amel Majri à l’AFP

La joueuse de l’équipe de France de football Amel Majri, durant une séance photo à Clairefontaine le 25 février 2019
Par Jeremy TALBOT / © 2020 AFP

“On ne va pas se mentir”: en équipe de France, “il y a des tensions tout autour de nous” depuis la non-convocation d’Amandine Henry par Corinne Diacre, mais le groupe “vit avec” et reste “concentré”, affirme la Lyonnaise Amel Majri dans un entretien à l’AFP.

L’équipe de France a un double rendez-vous dans la course à l’Euro-2022: contre la Macédoine du Nord vendredi, et en Autriche le 27 octobre.

Question: Votre capitaine en sélection et coéquipière à l’OL Amandine Henry n’a pas été retenue en octobre pour raisons “sportives” par Corinne Diacre. Les joueuses en parlent-elles à Clairefontaine ?

Réponse: “C’est sûr que c’est évoqué, on en parle et c’est normal puisque ce sont des choses qui touchent. Mais on sait sur quoi être concentrées, vers quels objectifs on se tourne. On ne peut pas dire qu’autour de nous il n’y a rien, ce n’est pas vrai, mais au niveau de l’atmosphère et de l’ambiance, ça se passe super bien.”

Q: Il n’est pas difficile de se concentrer sur les enjeux sportifs, vraiment?

R: “Non, pas du tout. On sait pourquoi on est là.”

Q: Vous avez affirmé sur Canal Plus que la non-convocation de Henry n’était “pas compréhensible”. Est-ce une erreur diplomatique de ne pas avoir mesuré l’impact de cette décision sur le groupe?

R: “(Long silence) La sélectionneure sélectionne, voilà. Moi, je me suis déjà exprimée sur ce sujet.”

Q: Justement, c’est rare d’entendre des joueuses évoquer publiquement un malaise en équipe de France. Vous avez été plus touchée qu’auparavant?

R: “C’est comme je l’ai dit devant Canal, ça reste la capitaine de l’équipe de France. Après elle (Diacre) a fait ses choix et on avance.”

Q: Comment retrouver de la “sérénité” et de “l’énergie positive”, comme l’a exhortée Wendie Renard? Une discussion est-elle nécessaire entre Diacre et les joueuses?

R: “Ça passe déjà par le terrain, avec un groupe qui s’entend bien et vit bien, et c’est le cas. On sait ce qu’il y a autour de nous et le plus important, c’est que notre groupe vive bien.”

Q: Il y a des tensions persistantes avec la sélectionneuse et certaines joueuses, notamment lyonnaises, et on a l’impression qu’il n’y a pas de dialogue entre vous…

R: “C’est sûr qu’on sait qu’il y a des tensions tout autour de nous. Vous le voyez, et la preuve c’est pour cela qu’aujourd’hui vous m’interviewez… On ne va pas se mentir. C’est autour de nous, on vit avec et on va aller faire ces deux matches avec.”

Q: Diacre a froissé Renard en lui retirant le capitanat en 2017 et Le Sommer avec des critiques après le Mondial-2019. Elle a heurté Henry avec cette non-convocation et Bouhaddi s’est retirée de la sélection. Est-il possible de recoller les morceaux entre la sélectionneuse et le vestiaire lyonnais?

R: “C’est le terrain qui fera la différence. Aujourd’hui, c’est le terrain qui parle. Chacune a des opinions, chacune a des avis, chacune a sa liberté de parler. Il n’y a pas de pour, il n’y a pas de contre.”

Q: Il n’y a donc aucune division entre les pro et les anti-Diacre?

R: “Pas du tout. Ce sont les journalistes qui essaient de nous diviser et là je parle de l’ambiance au sein du groupe. Je vois des articles: +Est-ce que vous soutenez les Lyonnaises?+ Non, chacune a un avis, une position, son expérience en équipe de France. Il y en a qui viennent d’arriver, c’est leur première sélection (Melvine Malard en septembre, ndlr). Chacune a son +histoire France+.”

Q: Le président de la FFF Noël Le Graët était attendu mercredi à Clairefontaine. Avez-vous prévu de lui dire quelque chose?

R: “Non, rien de prévu. Il va venir nous voir comme habituellement à chaque stage pour nous souhaiter de bons matches et nous soutenir avant ces deux matches importants (contre la Macédoine du Nord et en Autriche les 23 et 27 octobre, ndlr) pour la qualification à l’Euro.”

Propos recueillis au téléphone par Jérémy TALBOT.