Bleues: France-Brésil, souvenirs de Mondial mais tout autre décor

Retrouvailles attendues entre les Bleues de Wendie Renard (d) et le Brésil après leur dernière confrontation au Mondial, le 23 juin 2019, au stade Océane au Havre
Par Antoine MAIGNAN / © 2022 AFP

L’équipe de France féminine s’offre des retrouvailles de gala samedi (21h10) à Caen contre le Brésil, réédition du huitième de finale du Mondial-2019 déjà disputé en Normandie, dont le doux souvenir se heurte à un contexte totalement différent, entre effectif renouvelé et public démobilisé.

Plus de deux ans et demi après la victoire folle décrochée par les Bleues après prolongation (2-1) lors de la Coupe du monde, au Havre, l’adversaire est identique et le stade est voisin d’une centaine de kilomètres… Mais la comparaison s’arrête là.

Les Françaises sont en effet loin d’évoluer sous la pression d’un Mondial à domicile en ce mois de mars dédié au Tournoi de France, une épreuve amicale de préparation à l’Euro, prévu cet été (6-31 juillet) en Angleterre.

“On ne se trompe pas d’objectif”, a assuré Corinne Diacre vendredi, prolongée par sa milieu Grace Geyoro: “C’est vrai que l’affiche est très belle, mais la Coupe du monde est passée. Là, on se projette sur l’Euro”.

En tête du tournoi après la large victoire contre la Finlande au Havre (5-0) mercredi et avant le choc contre les Pays-Bas championnes d’Europe en titre, mardi, l’équipe de Corinne Diacre mène sa barque assez discrètement, bien loin de la ferveur de l’été 2019, des stades à guichets fermés et des millions de téléspectateurs devant leurs écrans.

Affluence en berne

La triste ambiance du stade Océane mercredi, avec seulement 3.631 spectateurs venus garnir une enceinte de 25.000 places malgré la fin des jauges, rappelle aux partenaires de Wendie Renard qu’il leur manque encore un titre référence pour attirer les foules au quotidien.

La Fédération française a néanmoins déjà écoulé plus de 11.000 places pour la réception du Brésil et espère un stade d’Ornano plus bruyant samedi soir, même si la tempête Eunice et ses fortes bourrasques, qui traversaient la Normandie vendredi, risquent de refroidir certains indécis…

L’affiche, alléchante, permet aussi de croire à des audiences TV regonflées, après un France-Finlande regardé par 740.000 téléspectateurs, un chiffre en retrait par rapport aux trois dernières sorties des Bleues en prime-time, contre d’autres adversaires de second rang (pays de Galles, Estonie, Kazakhstan).

“Est-ce que c’est parce que ce sont les vacances ? Parce qu’il y avait d’autres programmes à la télévision ? Moi, tous mes proches ont regardé notre match”, a plaisanté Corinne Diacre, assurant que “les gens vont revenir, il faut leur laisser le temps”.

Sur la pelouse aussi, les retrouvailles s’annoncent bien différentes du choc de 2019. La “reine” brésilienne Marta est certes toujours là à 35 anselle a même marqué après son entrée en jeu face aux Pays-Bas mercredi (1-1)mais, côté français, le visage de la sélection a changé.

L’ex-capitaine Amandine Henry, qui avait délivré les Bleues en 8e de finale au Mondial, est devenue indésirable aux yeux de la sélectionneuse et le brassard est revenu depuis septembre à Renard.

Amel Majri, passeuse décisive ce soir-là, est en convalescence et attend un enfant, tandis que Valérie Gauvin, l’autre buteuse de 2019, est écartée pour ce rassemblement comme Eugénie Le Sommer, meilleure réalisatrice de l’histoire des Bleues.

Hamraoui vise le onze

Henry et Le Sommer étaient d’ailleurs toujours là en mars 2020, lors du dernier affrontement face aux Brésiliennes, remporté 1-0 pour la première édition du Tournoi de France par les Bleues (la compétition a été annulée en 2021).

Samedi, l’atout-maître s’appellera plutôt Marie-Antoinette Katoto, tandis que plusieurs retours majeurs sont attendus: ceux de Kenza Dali, Kadidiatou Diani, Delphine Cascarino et de la gardienne N.1 Pauline Peyraud-Magnin, préservées mercredi. Eve Perisset et Aïssatou Tounkara peuvent aussi espérer du temps de jeu.

Trois mois après son agression qui a fait des remous dans le vestiaire parisien, Kheira Hamraoui vise de son côté une première titularisation sous le mandat de Diacre, après avoir fêté sa première sélection depuis près de trois ans face aux Finlandaises.

Pour les joueuses de rotation non utilisées mercredi (Selma Bacha, Julie Thibaud, Hawa Cissoko…), il s’agit aussi de l’une des ultimes chances de se montrer. Mais ce France-Brésil étoilé apparaît plutôt comme une belle occasion de solidifier l’équipe-type, sur la route de l’Euro.