Bleues: dernière liste de l’année, avec l’affaire Hamraoui en toile de fond

La sélectionneuse de l’équipe de France, Corinne Diacre, annonce lors d’une conférence de presse, le 9 février 2021 à Paris, la liste des joueuses retenues pour les matchs amicaux contre l’Islande, le 17 février, et la Suisse, le 20 février
Par Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

Corinne Diacre, sélectionneuse de l’équipe de France féminine, livre jeudi sa dernière liste de l’année civile, deux semaines après l’agression de la milieu internationale Kheira Hamraoui qui, une nouvelle fois, devra patienter avant d’espérer revêtir à nouveau la tunique tricolore.

La patronne des Bleues est attendue à 11h00 devant la presse réunie dans l’auditorium de la Fédération française de football (FFF) pour égrener le nom des joueuses retenues pour la réception du Kazakhstan et du pays de Galles, l’adversaire le plus relevé des qualifications au Mondial-2023, les 26 et 30 novembre en Bretagne.

Une fois n’est pas coutume, les questions devraient moins porter sur ses choix, parfois clivants, que sur l’affaire extra-sportive qui a secoué le football féminin ces derniers jours, et sur laquelle elle ne s’est pas encore exprimée.

Diacre aura probablement à coeur d’évacuer ce fait divers hautement médiatisé le plus rapidement possible, mais la balle risque de revenir aussi vite. Car si l’histoire a secoué le Paris SG, que Hamraoui a rejoint cet été, elle a concerné directement ou non plusieurs internationales françaises évoluant dans la capitale.

“Epreuve difficile”

L’ancienne joueuse du FC Barcelone, d’abord, est sortie blessée et choquée du violent guet-apens qui lui a été tendu le 4 novembre, au retour d’un dîner d’équipe, et lors duquel deux agresseurs masqués l’ont attaquée à la barre de fer au niveau des jambes.

La milieu de 31 ans a “subi un préjudice physique et psychologique important”, a clamé son avocat, Me Saïd Harir, en réclamant que “sa vie privée soit respectée, tout comme son choix de garder le silence dans cette épreuve difficile”.

L’épisode a également pesé lourdement sur Aminata Diallo, sa coéquipière en club et en sélection, un temps soupçonnée par les enquêteurs d’être impliquée dans l’agression, dont elle a été témoin.

Interpellée puis gardée à vue pendant 36 heures, la joueuse de 26 ans a vu son visage s’afficher dans les gazettes du monde entier avant d’être finalement relâchée, sans aucune charge contre elle. La milieu née à Grenoble reste “très affectée psychologiquement par ce déferlement médiatique”, a affirmé mardi son avocat, Me Mourad Battikh, sur BFMTV.

Hamraoui et Diallo n’ont plus réapparu depuis dans le groupe du PSG, lequel dispute un match de Ligue des champions jeudi à Madrid sans elles contre le Real. Diacre ne convoquera donc pas la première, qu’elle avait rappelée après deux ans et demi d’absence en octobre mais qui avait renoncé sur blessure, ni la seconde, convoquée le mois dernier après ce forfait.

Renard encore trop juste

Les championnes de France devraient cependant envoyer d’autres représentantes à Clairefontaine lundi, au premier jour du rassemblement, de Sakina Karchaoui à Marie-Antoinette Katoto, en passant par Grace Geyoro ou encore Kadidiatou Diani.

Du côté de l’Olympique lyonnais, qui a ultra-dominé 6-1 le PSG dimanche dans le choc au sommet du championnat, la défenseure centrale Griedge Mbock pourra enfin effectuer son grand retour dans les Yvelines, après plus d’un an et demi d’indisponibilité (blessure à un tendon d’Achille).

A l’inverse, sa coéquipière et capitaine Wendie Renard ne sera pas du voyage à Vannes et Guingamp, où les Bleues disputent leurs deux derniers matches de l’année civile. La Martiniquaise n’a pas rejoué depuis sa blessure musculaire à une cuisse contractée le 21 septembre lors d’un entraînement avec l’équipe de France.

Les Lyonnaises Perle Morroni, Delphine Cascarino et Melvine Malard devraient en revanche répondre présentes. A 21 ans, leur coéquipière Selma Bacha tape aussi à la porte des Bleues, portée par un début de saison canon et par la longue blessure d’Amel Majri, qu’elle supplée dans le couloir gauche de l’OL.

Enfin, comme à chaque liste, le sort réservé à la milieu Amandine Henry et à l’attaquante Eugénie Le Sommer, récemment éliminée avec OL Reign en demi-finale du championnat américain, malgré un nouveau but marqué, sera forcément guetté. Les deux joueuses devraient de nouveau être laissées de côté.