Baromètre des Bleus: le come-back de Kanté, la déception Griezmann

Le milieu de Chelsea N’Golo Kanté (g) buteur lors du match contre Liverpool, en Premier League, à Stamford Bridge, le 22 septembre 2019
/ © 2019 AFP

Buteur et omniprésent, N’Golo Kanté a fait un retour fracassant avec Chelsea malgré la défaite contre Liverpool (2-1), tandis qu’Antoine Griezmann a sombré avec le Barça face à Grenade (2-0), à l’issue d’une prestation poussive voire fantomatique par moments.

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N’Golo Kanté, retour (presque) gagnant ! Privé de terrain depuis un mois, en raison d’une blessure à une cheville, le milieu de poche a soigné comme il a pu les bobos d’une équipe de Chelsea fragile défensivement. Omniprésent au pressing, à la récupération, Kanté s’est aussi projeté vers l’avant pour apporter le surnombre dans le dos des latéraux de Liverpool. Et il a même inscrit un but magnifique. Servi dans l’axe à 25 mètres du but, il a effectué un demi-tour qui a laissé sur place Fabinho, attaqué la surface de réparation d’une accélération déterminée et, entouré de trois adversaires, placé dans le plus grand calme une frappe peu appuyée mais totalement imparable dans la lucarne gauche d’Adrian. “On finit par ne même plus être surpris par Kanté, ce qui n’est pas juste pour lui. Il nous avait fait le coup lors de la Super Coupe sans entraînement (déjà contre Liverpool), il l’a refait aujourd’hui avec un niveau d’entraînement sans doute pas suffisant pour jouer le match. Mais il est tellement important pour nous qu’on le met dans l’équipe et il a montré toutes ses qualités”, s’est enthousiasmé son entraîneur Frank Lampard.

Mattéo Guendouzi, coeur de Gunner. A vingt ans, le milieu relayeur d’Arsenal confirme match après match qu’il est en train de prendre une dimension incroyable à un si jeune âge. Déjà loué par la presse britannique unanime pour sa prestation contre Tottenham, début septembre, Guendouzi a remis ça dimanche. Il a porté son équipe à bout de bras pour renverser Aston Villa (3-2) alors qu’Arsenal a joué à dix près de 50 minutes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: 96 ballons touchés, 88% de passes réussies, 4 duels gagnés et un penalty obtenu.

Blaise Matuidi, l’intouchable. Maurizio Sarri n’est pas un grand fan du turn-over, mais même quand il s’y adonne, il ne touche pas à Matuidi. Samedi face au Hellas Vérone (2-1), l’entraîneur de la Juventus Turin a changé les deux tiers de son milieu de terrain. Les deux autres tiers. Pjanic a ainsi laissé sa place à Betancur et Khedira la sienne, à Ramsey. Matuidi, lui, était titulaire comme lors de chacun des cinq matches disputés cette saison par la Juve. Et il a joué 90 minutes, alors que Betancur et Ramsey sont eux sortis. Déjà très bon en milieu de semaine contre l’Atlético Madrid, l’ancien Parisien a encore réussi un bon match face à Vérone. Son abattage et sa science tactique en font un rouage pour l’instant indispensable aux yeux de Sarri. Au point que son concurrent au poste de relayeur gauche, Adrien Rabiot, n’a plus vu le terrain depuis la première journée de Serie A le 24 août, quand il avait joué 25 minutes. “Que doit penser Rabiot ? Que Matuidi est fort”, a résumé Sarri.

. FLOP

Antoine Griezmann, difficile intégration à Barcelone. En dépit d’une belle performance fin août contre le Betis (doublé et victoire 5-2), l’attaquant connaît une adaptation douloureuse au jeu de passes blaugrana. Samedi, avec “Grizi” titulaire, le Barça a sombré sur la pelouse du promu Grenade (2-0) au terme d’une performance très inquiétante. Le leader offensif de l’équipe de France n’est à Barcelone qu’une star parmi d’autres et son exil sur l’aile gauche, loin de la surface occupée par Luis Suarez, a mécaniquement réduit son influence. Et comme il n’est pas un joueur de vitesse, il ne parvient pas à y faire la différence: à Grenade, Griezmann a été fantomatique sur l’aile, puis maladroit lorsqu’il a été repositionné dans l’axe aux côtés de Suarez en fin de match. A son maigre crédit: un tir contré à la 75e minute. Le trio “GSM” (Griezmann-Suarez-Messi) devait être la meilleure attaque d’Europe ? Pour l’instant, Griezmann peine à justifier les 120 millions d’euros investis pour son recrutement…