L’attaquant du PSG Mauro Icardi remercie les supporters après la victoire face Ă  l’OM, en L1 au Parc des Princes, le 27 octobre 2019
Par Olivier LEVRAULT / © 2019 AFP

Paris a trouvĂ© la bonne formule: c’est d’en avoir plusieurs. EnchaĂ®nant contre Marseille (4-0) une sixième victoire d’affilĂ©e, le PSG semble ne plus souffrir d’une quelconque dĂ©pendance Ă  un seul joueur et compter sur tout un groupe.

“Nous n’avons pas d’Ă©quipe type”. Thomas Tuchel est catĂ©gorique: dans un calendrier chargĂ© comme l’est celui du PSG, aligner les onze mĂŞmes joueurs Ă  chaque match, “ce n’est pas possible, on a besoin de tous les joueurs”. Tous les joueurs, dont la nouvelle “DIM” en attaque, Angel Di Maria, Mauro Icardi et Kylian MbappĂ©, Ă©tincelants cette semaine contre Bruges (5-0) et l’OM en l’absence de Neymar.

Un discours classique dans un club dĂ©sireux de se forger enfin un destin europĂ©en. Mais un discours suivi de faits sur le terrain, oĂą s’enchaĂ®nent les victoires et les buts, en Ligue 1 comme en Ligue des champions, peu importe qui est alignĂ©.

Car contre Marseille, Paris a signĂ© sa sixième victoire d’affilĂ©e toutes compĂ©titions confondues, sa meilleure sĂ©rie cette saison, avec Ă  chaque fois un onze de dĂ©part diffĂ©rent.

Après 15 matches, Paris est premier de L1 (huit points d’avance sur Nantes) et premier de son groupe de C1, relĂ©guant le Real Madrid Ă  cinq longueurs. Un bilan de 13 victoires et deux dĂ©faites (Rennes et Reims) lors duquel Tuchel a dĂ» expĂ©rimenter et composer avec les absences Ă  rĂ©pĂ©tition.

Entre Neymar, d’abord inutilisĂ© lors du feuilleton du retour avortĂ© Ă  Barcelone puis blessĂ©, Edinson Cavani, longtemps blessĂ© Ă  une hanche, et Kylian MbappĂ©, touchĂ© Ă  une cuisse, c’est toute la “MCN” qui a Ă©tĂ© Ă©clipsĂ©e ces dernières semaines.

. La DIM, ça paie

En septembre, le retour fracassant de Neymar, qui a offert à lui seul neuf points contre Strasbourg, Lyon et Bordeaux (1-0 à chaque fois), avait néanmoins fait ressurgir le génie du crack brésilien.

Mais sans lui, le PSG a montrĂ© qu’il peut imprimer un rythme infernal. Que ce soit en C1, comme contre le Real Madrid (3-0), ou bien en L1 depuis la rechute du BrĂ©silien contre le Nigeria, le 13 octobre.

Le mĂ©rite en revient beaucoup Ă  Di Maria, qui fait preuve de constance dans l’excellence, Ă  Icardi, dans le rĂ´le du buteur au sang froid, et Ă  MbappĂ©, qui vient d’inscrire cinq buts en 108 minutes contre Bruges (5-0) et Marseille pour son retour.

En deux matches, la “DIM” Ă©tait nĂ©e. Mais Tuchel le rappelle, “il manque encore quelques joueurs”. Car si “Edi” a jouĂ© vingt minutes contre Marseille, si Colin Dagba a fait son retour sur le terrain et Julian Draxler sur la feuille de match, il manque encore “Ney”, Idrissa Gueye, Thomas Meunier et Thilo Kehrer.

Une infirmerie garnie qui retarde un mal de crâne en prĂ©vision pour Thomas Tuchel, qui pourrait faire Ă©voluer sa DIM en toute autre combinaison lettrĂ©e, s’il retrouve un jour son groupe au complet.

. Silva-Kimpembe, solide paire

“On a une Ă©quipe solide cette saison, mĂŞme quand on fait des changements on arrive Ă  garder notre intensitĂ©”, soulève Marquinhos. “Normalement, dans les moments difficiles on prenait un but, deux buts. Aujourd’hui, on arrive Ă  bien dĂ©fendre, ne pas encaisser de but”.

Une soliditĂ© dĂ©fensive qui se confirme dans les statistiques: avec cinq petits buts encaissĂ©s en L1, Paris a pratiquement la meilleure dĂ©fense des principaux championnats europĂ©ens, seulement battue par… Reims (4 buts pris).

Et pour le coup, cette soliditĂ© tient Ă  une formule type: la paire Thiago SilvaPresnel Kimpembe devant le gardien Keylor Navas et derrière la sentinelle Marquinhos. Quand ces quatre-lĂ  sont sur le prĂ©, Paris n’encaisse rien: ça a Ă©tĂ© le cas contre le Real Madrid, Galatasaray (1-0), Bruges et Marseille.

FluiditĂ© en attaque et continuitĂ© en dĂ©fense: combinaison pour le moment triomphante. Mais comme Presnel Kimpembe le rappelle, “la saison est encore longue”, et l’important n’est pas d’avoir aujourd’hui la formule magique, mais de savoir si elle tiendra toujours au printemps, quand pour eux la saison commence rĂ©ellement.